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Émeute dans un centre de détention clandestin à Kiev

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Lundi 2 novembre, des manifestants se sont rassemblés à Petropavlivska Borshchahivka dans la banlieue ouest de Kiev, devant un bâtiment servant de centre de détention pour des soldats absents sans permission et les nouvelles recrues. Face aux forces de l’armée et de la police, ainsi qu’à des agresseurs en civil, les manifestants ont réussi à faire sortir les hommes retenus dans le bâtiment.

Bon nombre des hommes qui en sont sortis présentaient des traces de violences physiques. Quatre hommes – dont il a été confirmé qu’il s’agissait de soldats absents sans permission – ont été hospitalisés, tandis que des vidéos et des témoignages sur place montrent que d’autres ont été battus, couverts de contusions.

Ce centre de détention est associé au Corps Azov de la Garde nationale ukrainienne. Cette formation a expliqué qu’elle utilise ces locaux comme lieu de “déploiement temporaire” pour les soldats mobilisés et les hommes détenus après s’être absentés sans permission.

Les formations Azov ukrainiennes sont depuis longtemps associées à l’idéologie fasciste. Leurs partisans figuraient parmi les assaillants en civilprésents lundi, comme le suggèrent les slogans nationalistes scandés sur le lieu de la manifestation.

“L’un des faits marquants de la nuit dernière autour de la prison illégale d’Azov pour déserteurs et réfractaires, qui sert aussi à soutirer des rançons et a provoqué une émeute massive dans la banlieue de Kiev, est le recours aux paramilitaires d’Azov pour réprimer les manifestants”,

a écrit le sociologue ukrainien Volodymyr Ishchenko, ajoutant que des chercheurs, dont Oleksiy Kuzmenko, ont prédit ce type de scénario.

“Ceci donne un nouvel éclairage, typiquement fasciste, aux événements.

”Par ailleurs, ils reflètent la même dynamique d’escalade que lors de la désintégration post-soviétique de l’État et de la société ukrainiens, largement favorisée par les échecs de la révolution de Maïdan que la guerre n’a pas résolue, mais seulement aggravée”, a ajouté Ishchenko.

Après la découverte du centre de détention, les autorités ukrainiennes ont affirmé que les manifestations seraient orchestrées depuis l’étranger — prétendument par la Russie — et ont pris des mesures répressives contre les participants.

Au moins une personne, un secouriste apparaissant dans une vidéo tournée sur les lieux, aurait été placée en détention. Les responsables de la sécurité nationale ont annoncé qu’une centaine de personnes ont été identifiées et que des sanctions sont à l’étude.

Les autorités ukrainiennes ont nié que ce bâtiment serve à commettre des violences physiques. Cependant, les déclarations des responsables ont confirmé que le site a servi à détenir des soldats, “y compris ceux qui sont revenus après avoir quitté leurs unités militaires sans autorisation”.

Selon Euronews, les enquêteurs de l’État ont également lancé des investigations sur “un éventuel abus de pouvoir de la part de responsables militaires”, et “les conditions dans lesquelles les soldats sont hébergés”.

La nuit de la manifestation, Kyrylo Budanov, chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, a déclaré qu’il existe “bien d’autres” bâtiments de ce type à travers le pays.

Les événements survenus à Petropavlivska Borshchahivka s’inscrivent dans une vague d’opposition civile au kidnapping de citoyens ukrainiens dans les rues en Ukraine, connue sous le nom de “busification”, alors que le nombre de recrues volontaires atteint un niveau historiquement bas.

Dans les heures suivant la manifestation, d’autres reportages vidéo ont circulé sur les réseaux sociaux, documentant des violences physiques et ce que l’on pourrait qualifier d’enlèvements d’hommes par les forces armées, avec la complicité de l’État.

Dans une interview accordée à Breakthrough News plus tôt cette année, Ishchenko a décrit l’ampleur et la gravité de ces pratiques, soulignant que la résistance populaire s’intensifie.

“Cette résistance prend de l’ampleur et ne désarme pas, peut-être aussi un signe d’amélioration”, a-t-il déclaré en juillet. “Jusqu’à présent, la plupart des actes de résistance étaient spontanés : des passants ou des proches tentaient d’aider un homme à s’échapper des minibus. Aucune organisation ni aucun signe de coordination entre les différentes initiatives n’ont été observés. Mais récemment, ces actions ont pris une ampleur plus massive, proche de l’émeute”.

Ana Vračar

Article original en anglais : Kyiv Detention Site Riot, Savage Minds,le 5 novembre 2026.

Traduit par Spirit of Free Speech

Image en vedette : Des soldats de la Garde nationale ukrainienne présents sur les lieux d’un face-à-face tendu avec des manifestants à Petropavlivska Borshchahivka, le 2 novembre 2026. Crédit photo © The Kyiv Independent

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