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Après avoir décroché la médaille d’argent aux championnats du monde de basketball en fauteuil roulant, la joueuse originaire de Saint-Germain-de-Grantham , Élodie Tessier, renoue avec son quotidien. Elle se dit satisfaite mais épuisée.
C’est le retour à la réalité après une montagne russe d’émotions, résume la médaillée sans pouvoir retenir un éternuement. Quand t’as tout donné, ton système immunitaire se relâche et voilà… Je suis malade, rigole-t-elle.
L’équipe s’est inclinée en finale face aux États-Unis, samedi dernier. Un ultime match qui s’est conclu en faveur des Américaines par seulement un point d’avance.
Elle concède que ça n’a pas été facile de voir la médaille d’or lui glisser entre les doigts devant les siens, réunis au stade TD d’Ottawa.
C’est très décevant, mais quand on s’est toutes rassemblées, on a réalisé qu’on avait remporté l’argent quand même!
Le pointage extrêmement serré aura au moins permis de tenir les spectateurs en haleine. Elle raconte que le match a été tout aussi enlevant pour les joueuses. Le revers de la médaille, c’est qu’après une compétition d’une telle envergure, il faut du temps pour retrouver sa routine. Ça demande pour Élodie beaucoup de repos, mais aussi de la solitude.
Quand tu es dans un championnat du monde, tu y vas match après match, objectif après objectif, c’est drainant mentalement et physiquement. Et puis t’es constamment avec des gens, ça prend beaucoup d’énergie , énumère-t-elle.
Un repos de courte durée
L’équipe canadienne tentera maintenant de se qualifier pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 lors des Jeux para panaméricains à Lima au Pérou. En parallèle, elle joue aussi au sein de la ligue québécoise de basketball en fauteuil avec l’équipe AAA de Sherbrooke.
C’est là qu’elle occupe aussi un emploi à temps plein comme coordonnatrice dans l’entreprise sherbrookoise BRP. Elle s’estime chanceuse de pouvoir concilier son horaire professionnel à son agenda sportif.
On n’est pas les Canadiens de Montréal!, plaisante-t-elle. Et pourtant, je pense qu’on dédie autant de temps de préparation, d’entraînement, d’analyse vidéo, de préparation mentale. Mais ce n’est pas assez payant pour ne pas travailler à côté.
L’une des gratifications qui comptent le plus à ses yeux, c’est l’impact qu’elle a sur les jeunes générations.
Quand j’étais plus jeune, je regardais les autres paralympiens, aujourd’hui c’est moi qui porte ce chapeau-là.

Élodie Tessier à Paris
Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins
Rendre le basketball encore plus inclusif
La vice-championne du monde a commencé à jouer en 2010 avec l’équipe des Vikings de Drummondville. Elle estime que l’accès aux infrastructures et à l’équipement adapté devrait être plus facile pour les jeunes handicapés.
Tous les parents ne peuvent pas dépenser 10 000 dollars pour une chaise roulante de basket adaptée aux besoins de leur enfant. Quand tu vas jouer aux États-Unis, il y a des structures pour accéder au sport. Actuellement au Québec, c’est plus difficile, conclut la médaillée.


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