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Que proposent les partis politiques provinciaux de la Colombie-Britannique en matière de logement? Il s’agit d’une question centrale pour les électeurs qui se rendent aux urnes samedi 24 octobre à l’occasion du scrutin provincial.
Entre une baisse record des prix revendiquée par le gouvernement sortant et les critiques sur l'impact local de certaines réformes, l'accès à la propriété comme au marché de la location reste un défi pour de nombreux habitants.
Le Parti conservateur de la Colombie-Britannique
Les conservateurs estiment que les familles ont besoin de logements abordables à louer ou à acheter, avec de l'espace pour s'agrandir et, à proximité, des services dont elles ont besoin. Ils disent aussi que les promoteurs ont besoin d'approbations rapides et prévisibles, qu’ils n’obtiendraient pas à l'heure actuelle.
Plus précisément, les conservateurs comptent :
- Réduire les taxes et les frais de construction pour les nouveaux logements;
- Approuver les logements en quelques mois;
- Laisser les municipalités décider des zones où implanter la densification;
- Travailler avec les municipalités pour s'assurer que la croissance s'adapte aux collectivités locales et s'accompagne d’infrastructures et de services publics.
En décembre dernier, une coalition de maires de la Colombie-Britannique s'est plainte que la province exigeait des municipalités qu'elles approuvent de nouvelles constructions résidentielles, sans les aider à financer les réseaux d'égouts, les routes et les parcs nécessaires pour desservir ces collectivités en croissance.

Le chef du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Lorne Doerkson. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ethan Cairns
En 2023, le gouvernement provincial a instauré plusieurs changements pour faire face à la crise du logement. Il y a eu notamment l’obligation, pour les municipalités, d’autoriser davantage de logements multifamiliaux sur des terrains destinés aux maisons unifamiliales, ainsi que permettre une plus grande densité résidentielle dans des zones clés, telles que celles situées à proximité des transports en commun.
Cependant, certains critiques soutiennent que ces obligations visant à accroître l'offre de logements n'ont pas tenu compte des réalités locales ni des limites d'infrastructure des municipalités, et que le logement reste inabordable pour un trop grand nombre de personnes.
À cet égard, Thomas Davidoff, professeur associé à la Sauder School of Business de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), souligne que les cibles fixées il y a quelques années sont devenues irréalistes. La hausse des taux d'intérêt et l'évolution des politiques fédérales en immigration ont freiné l'élan des promoteurs, selon lui, rendant ces objectifs pratiquement inatteignables dans le contexte économique actuel.
Le Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique
Selon le NPD, des milliers de logements en copropriété sont inutilisés à travers la province, alors que les familles peinent à trouver un endroit abordable où vivre. Le chef du parti, David Eby, veut donc sévir contre les spéculateurs et les promoteurs qui laissent des unités vacantes ou invendues.
Plus précisément, les néo-démocrates comptent :
- Augmenter la taxe sur la spéculation et l'inoccupation d'un point de pourcentage, la faisant passer de 1 % à 2 % pour les spéculateurs canadiens et de 4 % à 5 % pour les spéculateurs étrangers;
- Instaurer une nouvelle taxe sur les copropriétés invendues visant les logements achevés et laissés vacants pendant plus d'un an. Elle commencerait à 2 % pour augmenter de 1 % pour chaque année supplémentaire où le logement demeure invendu. Cette mesure pourrait libérer jusqu'à 5000 logements, affirme David Eby.
En réaction à l'annonce de cette taxe, l'Association immobilière de la Colombie-Britannique (BCREA) a fait remarquer que des unités peuvent également rester vides en raison d'une faible demande ou de l'évolution des conditions économiques entre le début et la fin d'un projet.

Le chef du Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique, David Eby. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck
Ce constat est d’ailleurs partagé par Thomas Davidoff, qui qualifie la mesure de très mauvaise idée. D'après lui, les promoteurs cherchent déjà à vendre leurs logements, mais font face à un marché ralenti où les prix espérés ne correspondent plus aux exigences des prêteurs bancaires.
L'expert met en garde contre les effets pervers d'une telle mesure sur l'offre future de logements.
Que se passerait-il si nous mettions un revolver sur la tempe des promoteurs et disions qu'il faut tout vendre la semaine prochaine? Les prix chuteraient considérablement à court terme, mais tout le stock disparaîtrait et les prix se redresseraient.
Le Parti vert de la Colombie-Britannique
Les verts accordent la priorité aux logements abordables et à la protection des locataires. Ils estiment que le secteur privé ne peut, à lui seul, fournir les logements abordables dont la population a besoin et que les gouvernements fédéral et provincial doivent faire partie de la solution.
Plus précisément, les verts comptent notamment :
- Relancer le Fonds pour le logement communautaire et le Fonds pour le logement autochtone, des programmes de financement d'investissements publics destinés à créer des logements locatifs abordables, avec pour objectif de construire et de protéger 26 000 logements par an;
- Mettre en œuvre un contrôle de l'inoccupation, pour lier les augmentations de loyer au logement plutôt qu'au locataire;
- Modifier la loi sur le logement locatif pour interdire les clauses générales d'interdiction des animaux de compagnie dans les contrats de location;
- Protéger 2000 logements locatifs à très bas prix chaque année en augmentant le financement et le soutien accordés au Fonds de protection des loyers;
- Augmenter l'aide directe aux locataires incapables de s'offrir un logement au prix courant, par l'intermédiaire du Programme d'allocation logement et du programme d'aide aux aînés locataires.

La cheffe du Parti vert de la Colombie-Britannique, Emily Lowan. (Photo d'archives)
Photo : BC Greens
À ce propos, selon Thomas Davidoff, chercher à construire des logements spécifiquement destinés à être abordables constitue une stratégie financièrement irréaliste. Il rappelle que le logement neuf est un bien de luxe coûtant très cher par bénéficiaire, et estime que le gouvernement ne disposera jamais des ressources nécessaires pour en offrir à l'ensemble des ménages à faibles revenus. Poursuivre cette voie risquerait, selon lui, d'aboutir à un système d'attribution inéquitable s'apparentant à une loterie.
Plutôt que de subventionner la construction neuve, Thomas Davidoff préconise de soutenir directement le pouvoir d'achat des populations vulnérables, notamment les aînés et les personnes aux prises avec des dépendances.
CentreBC
CentreBC met l'accent sur l'accélération des procédures afin de construire plus de logements à moindre coût.

La cheffe du parti CentreBC, Elenore Sturko. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Plus précisément, CentreBC compte notamment :
- Mettre en place des approbations plus rapides et plus uniformes : six mois pour les modifications de zonage et huit semaines pour les permis de construire, avec un ensemble unique de règles dans l'ensemble des municipalités;
- Réduire de moitié les frais de développement, qui servent à financer les infrastructures, pour les nouveaux logements locatifs et inférieurs au prix courant;
- Construire 5000 logements préfabriqués et en bois d'ingénierie fabriqués en Colombie-Britannique par année d'ici 2030;
- Doubler le programme BC Builds pour atteindre 20 000 logements loués ou vendus en dessous du prix courant d'ici 2031;
- Rembourser la TVP sur les matériaux de construction pour les nouveaux immeubles locatifs d'habitation d'au moins quatre logements dont le chantier débutera entre 2027 et 2032.
OneBC
OneBC entend supprimer le BC Energy Step Code, qu'il décrit comme une réglementation inutile rendant les bâtiments plus difficiles et plus coûteux à construire. Ce code établit des exigences de performance en matière d'efficacité énergétique pour les nouvelles constructions.

La cheffe du parti OneBC, Dallas Brodie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / GP Mendoza
Le parti bloquerait également les programmes municipaux de contrôle des loyers. Le contrôle des loyers est une expérience ratée qui mine le libre marché, ce qui entraîne des loyers moyens plus élevés là où il a été mis en œuvre, a écrit le parti dans un communiqué.
Il promet par ailleurs une réduction de deux points de pourcentage de la TVP, ce qui, selon lui, permettrait de réduire les coûts de construction et, par extension, les loyers.
Avec les informations de Baneet Braich


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