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Les élections municipales arrivent à grands pas en Ontario. Des milliers de candidats à travers la province continuent de battre campagne, espérant obtenir les votes des citoyens. D’anciens et actuels élus admettent que ce n’est pas toujours un exercice facile.
Les électeurs de l'Ontario devront se présenter aux urnes le 26 octobre prochain.
Gérer les attentes et la bureaucratie
Pour de nombreux aspirants politiciens, le choc de la réalité municipale peut être brutal. Rénald Beaulieu, ancien maire de Longlac, puis de Greenstone, observe que le public a souvent la critique facile.
Tout le monde a la réponse à tout et pense qu’ils connaissent tout […] on a besoin de plus en plus de gens qui veulent s’impliquer, mais ça devient de plus en plus difficile de le faire, reconnaît-il.

Rénald Beaulieu a été maire pendant plus de 20 ans. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada Martine Laberge
On est encore chanceux qu’il y ait des gens qui veulent s’embarquer […] mais il faut que tu sois solide, il faut que tu aies la peau épaisse.
L’ancien élu admet qu’il est également important pour les candidats de s’informer sur la manière dont les choses fonctionnent, pour éviter de faire des promesses vaines.
Quand on est au niveau municipal, on est réglementé au niveau provincial, puis on est réglementé au niveau fédéral. Il y a des règlements à suivre. […] Tu peux avoir toutes sortes d’aspirations, tu peux avoir toutes sortes de besoins, mais il y a des règlements derrière, affirme-t-il.
Même son de cloche pour Marianne Matichuk, ancienne mairesse du Grand Sudbury. Elle qui a travaillé pendant 17 ans pour la Ville avant de se présenter, juge que se lancer sans connaître les rouages municipaux est risqué.
Ils ne pourront tout simplement pas rendre un bon service à la communauté, car il faut savoir comment les choses fonctionnent. Il faut connaître les gens, explique-t-elle.

Marianne Matichuk a été maire de la Ville du Grand Sudbury pendant quatre ans, et était la première femme élue comme maire au sein de la municipalité. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Mira Sawires
Battre campagne en temps de crise
Cette année, le climat économique local ajoute un poids supplémentaire sur les épaules des candidats. En effet, la guerre commerciale avec les États-Unis a généré de nombreux défis économiques dans plusieurs secteurs — l’industrie forestière en autres — ce qui met à mal de nombreuses municipalités.
C’est probablement la raison pour laquelle on n’a pas eu beaucoup de personnes qui ont déposé leurs candidatures , estime Nicole Fortier-Lévesque, ancienne maire de Moonbeam, élue par acclamation cette année au titre de conseillère municipale pour la ville de Kapuskasing.
Dans cette municipalité, la direction de l’usine de pâte à papier Kap Paper avait annoncé une mise à l’arrêt en 2025, qui a par la suite été évité grâce à des subventions et prêts provenant des gouvernements provincial et fédéral.
Quand on vit des défis financiers comme ça, ce n’est pas très évident parce qu’il y en a qui ont peur que quelque chose de désastreux arrive pendant leurs mandats, explique-t-elle.

Nicole Fortier Levesque a été élue par acclamation au sein du conseil de la ville de Kapuskasing. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola
D’autres barrières sont plus systémiques. Mme Fortier Lévesque souligne qu’être une femme en politique reste un défi de taille.
Il y a encore des boys club. […] Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à accepter qu’une femme soit maire au sein d’un conseil, lance-t-elle.
Elle se réjouit toutefois du fait que la ville de Kapuskasing comptera bientôt trois femmes et trois hommes, en plus du maire autour de la table du conseil, un équilibre nécessaire croit-elle.
Ça prend les deux pour prendre une décision éclairée [et] pour s’assurer de bien représenter la population, dit-elle.
Cependant, la campagne électorale ne présente pas que des défis. Rénald Beaulieu assure que le fait d’être francophone sur le terrain a été pour lui un atout majeur lors de sa campagne.
Il juge également qu’il est important d’avoir une voix pour les francophones , surtout en régions minoritaires.
Marianne Matichuk souligne l’importance de se soumettre à cette pratique dans le but d’entendre les voix des citoyens. Pour elle, le contact humain reste l’une des clés d’une bonne campagne.
On rencontre des personnes incroyables, on entend des choses qui brisent parfois le cœur [mais] on peut aussi parfois aider à faire une différence, conclut-elle.


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