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Ces deux pays d’Amérique centrale prennent des mesures administratives exceptionnelles pour faire face aux conditions climatiques extrêmes.
Le canal de Panama, à Panama, le 13 mars 2026. Le gouvernement du Panama a déclaré mardi 25 août l’état d’urgence en raison de pluies et de sécheresses intenses provoquées par le phénomène météorologique El Niño, qui a déjà contraint à réduire le trafic sur le canal interocéanique traversant le pays. Plus au nord, le Salvador a lui aussi déclaré l’alerte maximum pour une sécheresse qui a provoqué la perte de cultures.
El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial se réchauffent, entraînant un climat plus chaud et sec dans certains endroits, et plus frais et humide dans d’autres, et provoquant des événements climatiques extrêmes.
La décision de déclarer l’état d’urgence au Panama « découle de la nécessité d’être prêts à affronter ce qui pourrait arriver » du fait d’El Niño, a affirmé la ministre de l’intérieur Dinoska Montalvo lors d’une conférence de presse. La mesure doit permettre d’accélérer les procédures administratives pour faire face aux conséquences d’El Niño, qui pourrait connaître son épisode le plus intense jamais enregistré.
Du fait du manque d’eau, le canal de Panama va réduire à compter du 3 septembre son trafic de 36 à 34 transits par jour, puis à 32 à partir de mi-septembre, a annoncé l’Autorité du canal de Panama la semaine dernière. Environ 5 % du commerce maritime mondial transite par cette voie longue de 80 kilomètres reliant les océans Atlantique et Pacifique.
Le « couloir sec » de l’Amérique centrale
Au Salvador, « une alerte rouge est déclarée en raison d’une sécheresse météorologique et agricole sur tout le territoire national », a écrit la Protection civile sur X, alors que le pays est confronté à une sécheresse généralisée et a enregistré quatorze records de températures en août, selon les autorités environnementales.
Cette mesure prévoit, entre autres, la surveillance des ressources en eau et des cultures, l’identification des localités en situation d’urgence et le renforcement de la surveillance épidémiologique, précise la Protection civile.
L’absence de précipitations au Salvador a en effet entraîné une baisse du niveau des sources d’eau et la perte de récoltes : selon l’Association de la Chambre salvadorienne des petits et moyens producteurs agricoles, la première récolte de céréales de base devrait connaître au total une perte d’environ 20 % de la production. Plus tôt, le ministère de l’Agriculture avait annoncé une aide alimentaire pour des foyers d’agriculteurs victimes de la sécheresse.
Le Salvador est en partie situé dans le « couloir sec » de l’Amérique centrale, une bande aride particulièrement vulnérable aux phénomènes climatiques extrêmes. C’est aussi le cas d’une portion du Honduras, dont le sud et l’ouest ont subi des pertes de récoltes de maïs et de haricots. Le gouvernement a placé près de 80 % du territoire en état d’alerte.
Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a récemment estimé que l’Amérique centrale devrait être « probablement la région la plus touchée en termes d’augmentation relative de l’insécurité alimentaire » du fait d’El Niño. Le phénomène, qui s’ajoute au réchauffement climatique d’origine humaine, devrait être « le plus intense » jamais observé depuis plus d’un siècle, a prévenu vendredi un expert du Met Office, l’agence britannique de météorologie.
Le Monde avec AFP


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