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Les migrations indispensables à la survie des espèces de poissons d’eau douce comme les anguilles sont en plein « effondrement » silencieux, causé par la dégradation des habitats naturels, la surpêche ou les barrages, alerte un rapport de l’ONU publié mardi.
« Les poissons d’eau douce comptent parmi les vertébrés les plus menacés », soulignent des experts dans un rapport publié à l’ouverture de la COP15 sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, du 23 au 29 mars à Campo Verde au Brésil.
Les populations de poissons migrateurs d’eau douce ont chuté de quelque 81 % depuis 1970, selon les chiffres du WWF.
« De nombreuses espèces migratrices connaissent aujourd’hui un déclin en raison de la perte de connectivité, de la modification des régimes hydrologiques, de la dégradation des habitats, de l’exploitation, de la pollution et de pressions combinées à l’échelle transfrontalière », poursuit le rapport de la Convention pour la conservation des espèces migratrices sauvages (CMS).
Ces poissons ont en effet besoin de pouvoir circuler, souvent à travers plusieurs pays, entre les zones de reproduction (frayères), celles d’alimentation et au-delà, souvent à travers plusieurs pays. Or leurs migrations indispensables « s’effondrent rapidement », mettant en danger leur survie.
Les scientifiques proposent 325 nouvelles espèces de poissons qui pourraient bénéficier officiellement d’un statut de protection internationale, citant des espèces de saumons, anguilles ou lamproies.
Sur ce total, la grande majorité se trouve en Asie (205), suivie par l’Amérique du Sud (55) et l’Europe (50). Les bassins fluviaux jugés prioritaires sont l’Amazone et La Plata-Parana (Amérique du Sud), le Danube (Europe), le Mékong et le Gange-Brahmapoutre (Asie), le Nil (Afrique).
« Cette évaluation montre que les poissons migrateurs d’eau douce sont en grande difficulté et que, pour les protéger, les pays devront travailler ensemble pour que les rivières restent connectées, productives et pleines de vie », a souligné Zeb Hogan, l’auteur principal de l’évaluation.


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