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Edwige Diaz : «Nous sommes là pour sauver la France»

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Deux jours après la décision de la Cour d'appel de Paris qui a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen tout en la rendant de nouveau éligible, Edwige Diaz, vice-présidente du Rassemblement national, est l'invitée de L'Atelier politique. La députée de la Gironde revient sur le tournant judiciaire de la semaine et sur le lancement de la campagne présidentielle. Elle répond aux questions de Frédéric Rivière.

Une décision qui rebat les cartes

Mardi 7 juillet 2026, la Cour d'appel de Paris a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens, tout en réduisant sa peine. Pour Edwige Diaz, deux éléments dominent.

« Marine Le Pen a retrouvé son éligibilité », souligne-t-elle. « Et nous continuons de penser que Marine Le Pen est innocente. »

La présidente du RN a aussitôt annoncé se pourvoir en cassation, ce qui la fait redevenir présumée innocente et écarte, selon Edwige Diaz, tout bracelet électronique.

« Nous avons lancé la campagne présidentielle dès le 7 juillet au soir », précise-t-elle, citant le lancement de la plateforme Marine Le Pen.com.

La députée met aussi en avant les premiers sondages réalisés après l'annonce : Marine Le Pen y est créditée de 36% des intentions de vote au premier tour, et donnée gagnante au second tour, notamment face à Jean-Luc Mélenchon ou Édouard Philippe.

Une bataille politique

Interrogée sur les onze années durant lesquelles ce système aurait perduré, elle balaie l'argument.

« Nous contestons ces accusations », répète-t-elle. « Nous estimons que Marine Le Pen est innocente. »

Pour la députée, la décision de la Cour n'est qu'un avis parmi d'autres étapes de la procédure.

« Nous allons utiliser, comme tout justiciable, les moyens qui s'offrent à nous pour faire reconnaître l'innocence que nous estimons être réelle. »

Elle y voit la marque d'une bataille politique menée par d'autres moyens.

« Il s'agit d'une affaire politique, une affaire qui a été diligentée par des opposants politiques », estime-t-elle, évoquant des adversaires qui « redoutent de ne pas pouvoir nous faire chuter dans les urnes ».

Le pari du calendrier judiciaire

Le caractère suspensif du pourvoi en cassation sur l'exécution de la peine fait débat parmi les juristes. Le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a annoncé vouloir statuer avant le premier tour de la présidentielle. Une perspective qu'Edwige Diaz refuse d'anticiper.

« On ne va pas faire de politique juridique fiction pour l'instant », tranche-t-elle, misant sur une décision rendue « dans les délais normaux d'une procédure classique ».

Quant à un éventuel plan de campagne de secours si le pourvoi était rejeté, la députée élude.

« Elle peut faire campagne, elle n'a pas de bracelet électronique, elle est de nouveau présumée innocente. Donc nous allons faire campagne. »

Un programme qu'elle veut « tout prioritaire »

Relancée sur les chantiers prioritaires d'un éventuel quinquennat, Edwige Diaz refuse toute hiérarchie.

« Tout est prioritaire », affirme-t-elle, pointant l'état du pays qu'elle juge « catastrophique ». Elle promet des ministres dotés d'une véritable feuille de route, en opposition à la majorité actuelle : réduction des déserts médicaux pour la Santé, résorption de la dette pour le Budget, retour aux fondamentaux pour l'Éducation nationale.

Sur l'équilibre entre les thématiques historiques du RN — immigration et sécurité — et la question sociale, montée en puissance ces dernières années, la députée souligne l'effet du groupe parlementaire de plus de 120 députés.

« Notre programme est mieux connu », estime-t-elle, « et il ne se limite pas à la question de l'immigration et de l'insécurité ».

« Ni de droite ni de gauche, nous sommes de France »

Certains adversaires, jusque dans le camp de la droite, accusent parfois Marine Le Pen d'être « de gauche ». Edwige Diaz s'en amuse.

« Nous sommes de France, nous sommes des souverainistes, nous sommes des patriotes », revendique-t-elle. « Nous ne sommes pas là pour sauver la gauche, nous ne sommes pas là pour sauver la droite. Nous sommes là pour sauver la France. »

Sur l'Europe, elle se défend de tout rejet du continent.

« Nous sommes profondément européens », assure-t-elle, tout en dénonçant la « gouvernance politique de l'Union européenne », citée sur la gestion du Covid, la question de la défense ou le projet de dette commune, jugé porteur de hausses d'impôts pour les Français.

Vers la présidentielle

Face aux critiques venues de la droite comme de la gauche, qui accusent Marine Le Pen de « prendre la démocratie en otage » ou rappellent qu'elle serait la première candidate condamnée de l'histoire de la présidentielle, Edwige Diaz oppose un parallèle avec Jean-Luc Mélenchon, condamné en 2019 pour outrage et rébellion sans avoir fait appel.

La députée revendique surtout une équipe prête de longue date, avec un directeur de campagne, Julien Sanchez, désigné avant même l'arrêt de la Cour d'appel, et un ticket assumé : Marine Le Pen à l'Élysée, Jordan Bardella à Matignon.

« Nous sommes en mesure de présenter le ticket », insiste-t-elle « Nous sommes en ordre de bataille et nous allons faire campagne. Et j'espère que nous allons gagner. »

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