Restriction des points jury, consignes de fermeté sur l’orthographe… Les nouvelles règles du bac 2026 n’ont eu qu’un impact limité sur le taux de réussite provisoire.

Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 20:00 | mis à jour aujourd'hui à 20:00 - Temps de lecture :

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Le baccalauréat 2026 devait marquer un retour à davantage d’exigence, quitte à accepter une légère baisse du taux de réussite. Mais les premiers résultats sont loin de traduire une rupture. Le taux de réussite provisoire s’établit à 85,5 %, contre 85,75 % en 2025, a annoncé ce mardi le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Pour le bac général, le taux d’admis provisoire est en baisse de 0,5 point par rapport à 2025 tout comme pour le bac technologique. Et pour le bac professionnel, il est en hausse de 0,5 point par rapport à l’an dernier.

Pourtant, plusieurs mesures étaient censées rendre l’examen plus sélectif. « Il n’est pas exclu, compte tenu des règles que nous appliquerons, qu’il y ait une légère baisse », avait d’ailleurs prévenu le ministre lors de la présentation de la session 2026 en mai. Premier changement : la limitation des points jury. « Un candidat qui a obtenu 7,5/20 au bac ne pourra plus voir remonter sa note à 8/20 pour pouvoir passer l’oral de rattrapage », avait déclaré le ministre dans une interview parue en avril dans notre journal. Autre évolution : dans une circulaire publiée en mars, le ministère demandait aux correcteurs de se montrer plus attentifs à la qualité de l’expression écrite des candidats (orthographe, syntaxe, grammaire). « On ne peut plus accorder la moyenne à une copie présentant une orthographe et une syntaxe déplorable », avait déclaré le ministre.

Un impact limité

Des consignes de sévérité qui ne sont pas traduites dans les chiffres. Pour le ministre, le léger tassement du taux de réussite est imputable à la fin du repêchage des candidats en dessous de 8/20. Mais à y regarder de plus près, l’effet apparaît très limité. La proportion de candidats admis à passer les épreuves de rattrapage ne recule que de 0,2 point par rapport à juin 2025. Pour Éric Nicollet, inspecteur de l’Éducation nationale et secrétaire général du SUI-FSU, ce résultat était prévisible. « C’étaient surtout des dixièmes de point qui étaient attribués à des élèves très proches de 8/20, par exemple à 7,98. Le nombre de candidats concernés était marginal », explique-t-il.

Le mot d’ordre sur l’orthographe n’a pas davantage provoqué de vague d’échecs. Sans doute parce que les correcteurs n’ont pas modifié leurs habitudes de notation : « l’orthographe a toujours été prise en compte et une copie incompréhensible n’obtient pas la moyenne », assure Eric Nicollet. Mais pour les copies lisibles, mais contenant beaucoup de fautes, la fermeté des correcteurs semble avoir été à géométrie variable. « Le ministre a été imprécis dans sa demande car le barème n’a pas été modifié. Par ailleurs, on ne peut pas changer les règles en cours d’année », indique Eric Nicollet.

Une opération de communication ?

Selon les syndicats de l’éducation, les recommandations du ministre étaient surtout une opération de communication destinée à répondre aux critiques de l’opinion publique sur le niveau du baccalauréat. Sur ce point, la mission est plutôt réussie car les enseignants ont davantage insisté auprès de leurs élèves sur la nécessité de se relire attentivement avant de rendre leur copie. « Et les parents en ont remis une couche. Cela a d’ailleurs pu avoir un effet positif sur la qualité des copies », estime Éric Nicollet.

Édouard Geffray a aussi sans doute voulu poser des jalons pour l’an prochain. « Dès la rentrée, il pourrait demander que les sujets du baccalauréat 2027 soient accompagnés d’un barème plus précis concernant l’évaluation de la maîtrise de la langue française », indique Eric Nicollet. Le cas échéant, les enseignants de toutes les disciplines devraient intégrer cette exigence tout au long de l’année afin de mieux préparer les élèves à une évaluation plus stricte de leur expression écrite.

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