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Le nouveau congé de naissance, en vigueur ce mercredi 1er juillet, pourrait entraîner une vague d’absences parmi les enseignants à la rentrée. Un défi supplémentaire pour un système éducatif déjà confronté à des difficultés de recrutement.
Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 09:00 - Temps de lecture :
Des envies de pouponner qui pourraient désorganiser la vie des établissements scolaires à la rentrée. L’entrée en vigueur du nouveau congé de naissance ce mercredi 1er juillet pourrait intéresser les enseignants parents d’un bébé né depuis le 1er janvier 2026. Il permet à chacun des deux parents de bénéficier d’un à deux mois supplémentaires de repos après la naissance d’un enfant, en complément des dispositifs existants (congés maternité, paternité ou parental). Pour en bénéficier, il suffit de prévenir son employeur au moins un mois avant le début de ce congé. Un délai de notification réduit à 15 jours lorsqu’il s’enchaîne avec un congé maternité ou paternité. L’employeur ne peut pas refuser la demande. Une perspective qui réjouit déjà Floriane, professeur de philosophie de 35 ans, qui habite à Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine) : « Maman d’un petit garçon né en janvier 2026, je vais en bénéficier en septembre et octobre. »
Interrogé par notre journal, le ministère de l’Éducation nationale indique qu’il y a eu peu de demandes pour le mois de juillet. Rien d’étonnant : les enseignants concernés devraient d’abord profiter des vacances d’été avant de solliciter ce nouveau congé. Mais les demandes pourraient être nombreuses pour septembre et entraîner des absences dans les établissements. Un risque qu’a reconnu le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, fin mai. Si tous les professeurs éligibles au congé de naissance « le demandaient en même temps, il pourrait manquer 15 000 enseignants » à la rentrée, a-t-il indiqué.
Le casse-tête des remplacements
Une perspective qui inquiète Bruno Bobkiewicz, secrétaire général Snpden-UNSA, le syndicat des chefs d’établissements : « Si le démarrage de ce dispositif est réussi, cela va entraîner de gros besoins en remplacement », prévient-il. Cette hypothèse le stresse d’autant plus qu’à la rentrée 2025, au moins 2 500 enseignants manquaient déjà à l’appel. Selon Lætitia Aresu, secrétaire générale de la CFDT Éducation, l’impact de cette mesure pourrait être plus fort « en primaire et au collège, où les enseignants sont généralement plus jeunes qu’en lycée. Et dans certaines académies qui accueillent de nombreux professeurs en début de carrière, comme Créteil ou Versailles ». Ces deux académies étant aussi celles qui souffrent le plus de problèmes de recrutement.
Pour éviter les mauvaises surprises de dernière minute, la direction générale des ressources humaines du ministère a récemment écrit à toutes les académies pour leur demander des remontées de terrain concernant le recours au congé de naissance. Et ce, afin qu’elles puissent étoffer leur vivier de contractuels pendant l’été si besoin est. Mais Bruno Bobkiewicz doute des capacités du ministère à renforcer les moyens humains : « S’il n’a pas anticipé cette situation, il est probable qu’il n’ait pas les moyens budgétaires pour renforcer les effectifs », souligne-t-il.
Plusieurs facteurs pourraient néanmoins tempérer l’engouement pour ce nouveau droit : « Tous les enseignants ne connaissent pas l’existence du congé de naissance, ce qui devrait limiter le nombre de demandes dès la rentrée », avance Lætitia Aresu. Par ailleurs, ce dispositif donnant droit à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, certains enseignants potentiellement intéressés y renonceront pour des raisons financières.


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