Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Écrasés par le même train

2 week_ago 18

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Bien au fait du pouvoir du langage et des symboles, le maoïsme avait cru urgent de simplifier le chinois, jusqu’à zigouiller ceux qui étaient suspectés de trop compliquer la réalité avec leurs mots. Le stalinisme fit de même. Dans toutes les tyrannies, le langage finit par être plié comme un origami.

Mussolini avait imposé tout un lexique de mots afin de rendre la réalité plus conforme à ses vues. Le dictateur italien était allé jusqu’à imposer, dans l’intimité des conversations, une distance verbale conforme à un ordre masculin. Sous son règne, même le hockey fut rebaptisé disco su ghiaccio, disque sur glace. Les pires lubies ultranationalistes faisaient leur chemin, dissimulées derrière le voile d’efficacité dont s’enveloppait le régime. Pendant des années, l’Occident s’est tout de même retrouvé à applaudir le fait que Mussolini fasse arriver les trains à l’heure. Qu’importe alors que tout le reste soit en retard ?

Donald Trump modifie à sa guise le nom des lieux et se joue des mots. Il contrôle ce qui est dit dans les musées. La liberté d’expression, chez lui, n’est brandie que pour défendre des calomnies. Quand un pouvoir parvient à imposer son lexique de la sorte au point de tout faire reculer, n’a-t-il pas un peu gagné ?

En fait, non seulement chaque régime impose ses lois, ses institutions et sa police, mais il transforme le réel par sa façon d’en parler. À force d’être répétés, certains mots se superposent à la réalité. Ce qui conduit, petit à petit, à de nouvelles façons de penser. Le véritable triomphe d’un pouvoir survient le jour où tout le monde se met à parler le même langage, même pour le contester.

Dans les régimes où nous vivons, peut-on au moins encore se questionner sur le sens qu’en est venu à prendre le mot « charité » ? Avons-nous accepté qu’il remplace des idées plus exigeantes, comme la solidarité, la justice ou les droits sociaux ?

Le Canadien National (CN) vient d’annoncer un don de 100 millions de dollars réparti sur dix ans afin de soutenir la prévention de l’itinérance. Le programme, salué dans les médias, prévoit le financement d’organismes communautaires.

Pourquoi maintenant ? La compagnie ferroviaire reconnaît que le problème de l’itinérance est devenu tel qu’il s’étend désormais sur ses propres terrains. Aura-t-il fallu que la pauvreté empiète sur les lieux des affaires pour qu’elle cesse d’être perçue comme un simple bruit de fond ?

Au Canada, en particulier, l’industrie du chemin de fer a longtemps constitué la colonne dorsale du pouvoir. Au XIXᵉ siècle, la Confédération fut même davantage un projet ferroviaire qu’un véritable projet politique. Des fortunes accumulées dans la traite des fourrures, l’accaparement des terres, les banques et les réseaux marchands se sont cristallisées autour des rails. Le chemin de fer n’était pas qu’un moyen de transport : il organisait le territoire, distribuait la richesse et décidait somme toute qui pouvait monter à bord.

Les trains ne dominent plus l’imaginaire canadien comme autrefois. Mais les barons du rail n’ont pas entièrement disparu. Ils ont seulement changé de visage.

Au même moment où le CN annonçait son don de 100 millions saupoudrés sur dix ans, on apprenait que sa p.-d.g., Tracy Robinson, avec ses primes et ses avantages, touchait une rémunération annuelle de 21,4 millions de dollars, ce qui la place désormais au sommet des dirigeants les mieux payés au Québec. La rémunération annuelle de la p.-d.g. représente à elle seule plus du double de l’investissement moyen que le CN consacrera chaque année à son programme philanthropique.

Pour atteindre ce que la p.-d.g. reçoit en 12 mois, un employé rémunéré au salaire minimum devrait travailler pendant six siècles. Une personne gagnant autour de 70 000 $ par année devrait, elle, travailler près de trois siècles pour atteindre une rémunération équivalente.

Un tel écart aurait paru presque inimaginable dans les années d’après-guerre, lorsque les grands patrons d’industrie gagnaient généralement une vingtaine de fois le salaire moyen, plutôt que 200, voire 300 fois davantage aujourd’hui.

On dira qu’il s’agit de réalités incomparables. D’un côté, la logique des marchés, des primes et des actions. De l’autre, la logique de la philanthropie. Les comptables expliqueront qu’il ne faut pas comparer des chiffres qui n’habitent pas les mêmes cellules d’un tableur.

Mais qu’est-ce qu’une société considère comme énorme lorsqu’il s’agit d’aider ? Et qu’est-ce qu’elle juge normal lorsqu’il s’agit de récompenser ?

Les grands patrons du XIXᵉ siècle finançaient des bibliothèques, des universités et des fondations, tout en accumulant des fortunes que plusieurs jugeaient déjà obscènes. Rien de neuf sous le soleil. Depuis longtemps, la philanthropie sert de vernis moral à des systèmes qui produisent et amplifient eux-mêmes les inégalités qu’ils prétendent ensuite soulager.

La question n’est pas de savoir si leurs dons sont utiles. Bien sûr qu’ils le sont pour des organismes étranglés par le sous-financement étatique chronique. Reste que la charité est avant tout une manière élégante de déplacer le débat. Des enjeux collectifs touchant à la concentration et à la répartition des richesses deviennent alors de jolis gestes de générosité individualisés…

Avec Mme Robinson, la p.-d.g. du CN, on se retrouve pour la première fois avec une femme au sommet du classement des riches parmi les riches. Certains y verront un progrès. Mais si la question centrale concerne les mécanismes produisant des écarts de richesse extrêmes, le sexe de la personne qui en bénéficie change finalement assez peu de choses.

Diversifier les visages au sommet de la pyramide des plus nantis ne transforme pas la structure qui permet à une poignée de personnes de vivre en surplomb du monde.

Autrefois, il suffisait que les trains arrivent à l’heure pour qu’on oublie de poser certaines questions essentielles. Aujourd’hui, il suffit d’un récit bien aiguillé pour contourner les problèmes et permettre aux grandes fortunes de continuer de rouler tranquillement sur leurs rails.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway