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La ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique ainsi que le réseau Origine France Garantie s’attaquent à la question de la souveraineté numérique française. Face à l’hégémonie des supports américains, le chantier est vaste. Pourtant, la quête de l’indépendance française en la matière va désormais au-delà des enjeux économiques.
Boris Ivanoff - Hier à 21:23 | mis à jour hier à 21:24 - Temps de lecture :
« Notre meilleur VRP (représentant commercial) des solutions numériques françaises, aujourd’hui c’est Donald Trump », lâche avec ironie Raynaut Escorbiac, responsable du projet de certification Numérique France Garanti et président fondateur des "applis" immersives 100 % française Inersio. À force de politiques commerciales agressives (hausses des droits de douane) et de menaces diverses, le président américain compromet l’image des États-Unis en tant que partenaire privilégié de l’Europe et de la France. Déjà dans les cartons depuis plusieurs mois, le sujet de la souveraineté numérique devient subitement prioritaire.
La ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, a organisé ce lundi les premières "Rencontres de la souveraineté numérique", à Paris-Bercy. « Pour ne plus dépendre des solutions extra-européennes, un observatoire de la souveraineté et un indice de la résilience numérique sont aujourd’hui en ordre de marche », a indiqué la ministre en ouverture de ces rencontres. L’objectif est de « disposer de données sur la dépendance des entreprises françaises aux solutions numériques extra-européennes et ensuite d’en limiter les effets », détaille Anne Le Hénanff. L’observatoire est confié à Clément Beaune, en tant que Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan et l’indice reste à la charge des entreprises. Les promotions des solutions françaises existant déjà, l’incitation à en développer d’autres et le fléchage des commandes publiques vers le 100 % français « feraient ensuite le reste », selon la ministre.
Le Français Jamespot face au géant Microsoft
Car face à Microsoft, et ses logiciels Teams, Windows ou Excel, des offres françaises ont d’ores et déjà fait leur preuve, mais restent pourtant dans l’ombre des géants américains. La société Jamespot propose ainsi des réseaux intranet d’entreprise (pour les appels en visio ou les échanges numériques), des boîtes mail et même des tableurs de calcul qui ressemblent à s’y méprendre à ceux venus d’outre-Atlantique. « Le grand public ne nous connaît malheureusement pas, mais nous équipons déjà plusieurs ministères, l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) et même la Caisse nationale d’assurance-maladie », explique Pascal Baratoux, responsable sécurité chez Jamespot. Plus de 400 000 agents ou salariés utilisent déjà les solutions développées par le fabricant tricolore de solutions numériques. Pas tout à fait une goutte d’eau dans les portefeuilles de Microsoft ou Apple mais une part de marché qui n’augmente pas « depuis au moins cinq ans », déplore-t-il.
Chaque année, « ce sont 70 milliards d’euros en licence et en abonnements divers qui s’évaporent dans les poches des géants américains du numérique », sait Raynaut Escorbiac, de la certification Numérique France Garanti. L’encouragement des entreprises à faire davantage confiance aux solutions françaises se fera sur des critères précis comme le stockage des données et l’hébergement en France, ainsi que le lieu et les moyens donnés au développement. Une dizaine d’entreprises comme Alcatel, Clever Cloud et donc Jamespot vont intégrer un groupe de travail dans les semaines qui viennent afin de finaliser le cahier des charges de Numérique France Garanti. « Parce qu’au final, il suffirait que les gens nous fassent confiance et une certification 100 % française pourrait y aider », se rassure Raynaut Escorbiac.


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