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L'Union européenne instaure dès ce mercredi des droits de douane sur les "petits colis" en provenance de pays extra-européens. En conséquence, la taxe française de deux euros sera suspendue.
Boris Ivanoff - Aujourd'hui à 07:25 | mis à jour aujourd'hui à 08:05 - Temps de lecture :
Dès ce mercredi, l’Union européenne appliquera des droits de douane de trois euros par catégorie d’articles sur des colis d’une valeur inférieure à 150 euros et importés de pays extra-européens. A l'origine, cette taxe européenne devait venir s’ajouter à la taxe française de deux euros instaurée en mars. Mais le gouvernement a décidé ce mardi de s'en passer.
« Comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe petits colis » en plus du nouveau « droit de douane de trois euros » européen, a expliqué le cabinet du ministre français du Commerce, Serge Papin, changeant ainsi son fusil d'épaule.
Pourquoi l'Europe a-t-elle décidé de taxer les petits colis ? « Ce nouveau droit contribuera à protéger la compétitivité des entreprises européennes en garantissant des conditions de concurrence équitables entre le commerce en ligne et le commerce de détail traditionnel », commente la Commission européenne. En 2025, 5,9 milliards de ces articles à faible valeur - essentiellement issus des plateformes asiatiques de l’ultra fast fashion (la “mode jetable”) comme Shein ou Temu - ont été importés sur le territoire européen. Un an plus tôt, le volume de ces importations était de 4,6 milliards.
Pas de déroutement possible de la marchandise
Concrètement, ces 3 euros de taxes par catégorie d’articles ne vont pas directement faire augmenter la facture pour le consommateur, même si le vendeur ou même le fabricant aura bien sûr tendance à vouloir répercuter la hausse du coût sur l’acheteur. Ils seront directement imputables à l’entité juridique obligatoirement implantée dans l’Union européenne pour y faire commerce.
Et cette fois-ci, ils pourraient bien avoir l’effet voulu (les deux euros de frais de gestion décidés par la France n’ayant rapporté au cours de leur application que quelque 10 millions d’euros au fisc contre 200 millions escomptés), les plateformes de vente en ligne ne pouvant plus « contourner le problème en déroutant leurs marchandises par un pays d’Europe à la pratique douanière moins stricte », prévient la Commission européenne.
Il est toutefois difficile de calculer la somme que ces droits de douane pourraient rapporter à la France et donc aux acteurs nationaux des secteurs les plus touchés par cette concurrence : habillement, petit électronique, jouets, décoration… D’autant qu’ils ne s’appliqueront pas aux articles à l’unité, mais à une catégorie d’articles en fonction de leur classement tarifaire.
Un colis rempli de tee-shirts au même prix ne sera taxé qu’une fois, tandis qu’un colis avec une montre, un jean, un tee-shirt sera lui taxé trois fois. Ces droits de douane restent par ailleurs temporaires et seront remplacés par « une politique tarifaire commune aux pays de l’Union européenne en 2028 », précise encore la Commission.


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