À Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ce jeudi après-midi, le mur de la dette française a vite pris le pas sur le « progrès », thème initial des 26e Rencontres économiques qui se tiennent jusqu’à samedi. Pour éviter ce que certains qualifient déjà de crash, politiques et candidats à la présidentielle de 2027 sont venus défendre leurs visions de la dépense publique.

À Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Boris Ivanoff - Hier à 20:20 - Temps de lecture :

L’amphithéâtre principal des Rencontres économiques d’Aix a fait salle comble jeudi pour écouter Jean-Hervé Lorenzi et ses invités ouvrir les deux jours de débats. Photo EBRA/Le DL/Eliot Bernard L’amphithéâtre principal des Rencontres économiques d’Aix a fait salle comble jeudi pour écouter Jean-Hervé Lorenzi et ses invités ouvrir les deux jours de débats. Photo EBRA/Le DL/Eliot Bernard

Jean-Hervé Lorenzi, président des Rencontres économiques d’Aix, a eu beau évoquer le progrès sous toutes ses formes à la session d’ouverture de la 26e édition du plus grand forum économique d’Europe (*), ce jeudi après-midi, la dette publique s’est instantanément invitée dans les débats. « La France n’a jamais été aussi proche du mur de la dette, il est trop tard pour l’éviter même en prenant un virage serré. La seule solution est de freiner… faire un freinage d’urgence même », lance Jeromin Zettelmeyer, directeur du groupe de réflexion Bruegel basé à Bruxelles, en Belgique. Une analyse pour le moins alarmiste toutefois reprise par Alain Trannoy du Cercle des économistes : « Le taux d’intérêt auquel les investisseurs achètent de la dette française dépasse aujourd’hui les 3,6 %, davantage que le Portugal, l’Espagne et bien plus que l’Italie », indique l’économiste.

Car si tous les spécialistes s’accordent à dire que le capital de la dette (3 563 milliards d’euros à fin juin 2026 soit 117,5 % du PIB) n’est pas le plus gros du problème (celui des États-Unis ou du Japon est proportionnellement beaucoup plus important), c’est bien la trajectoire de l’endettement qui mettrait la France au pied du mur. La charge que représente la dette ayant en effet doublé depuis 2020 selon les derniers chiffres de l’Insee, tandis qu’elle baisse chez la plupart des nos voisins européens.

« Il n’y a qu’une seule règle d’or, un budget à l’équilibre entre les dépenses et les recettes comme on le fait dans les ménages ou les entreprises et comme nous sommes obligés de le faire au sein des collectivités territoriales », scande Christelle Morançais, présidente du conseil régional des Pays de la Loire et soutien d’Édouard Philippe. Vendredi aux Rencontres économiques d’Aix, le candidat à la présidentielle de 2027 pour le parti Horizons présentera lui-même son programme de réductions des dépenses publiques dont l’essentiel s’appuie sur le report de l’âge de départ à la retraite à 67 ans.

Comme chaque année, les Rencontres économiques d’Aix se tiennent au parc Jourdan situé au centre la ville provençale. Photo EBRA/Le DL/Eliot Bernard

Comme chaque année, les Rencontres économiques d’Aix se tiennent au parc Jourdan situé au centre la ville provençale. Photo EBRA/Le DL/Eliot Bernard

Presque tous les candidats à la présidentielle

Édouard Philippe ne sera pas le seul candidat à la présidentielle à faire le déplacement jusqu’en Provence. Gabriel Attal (Renaissance), Marine Tondelier (Les Écologistes) et Bruno Retailleau (LR) pour les déclarés officiellement, François Hollande (PS), Dominique de Villepin pour ceux qui hésitent encore, auront droit aux micros des Rencontres économiques. Seuls le Rassemblement national et La France insoumise n’ont pas été conviés, « les Rencontres d’Aix n’étant pas un lieu pour les extrêmes », avait justifié Jean-Hervé Lorenzi en mai au moment de la présentation de l’évènement.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu était lui-même attendu ce jeudi dans la soirée, quelques jours avant le comité d’alerte du 7 juillet, rendez-vous avec l’ensemble des partenaires sociaux et acteurs économiques du pays, prévu comme un point d’étape en prévision de la présentation du budget 2027.

(*) Les Rencontres économiques d’Aix (Bouches-du-Rhône) se tiennent jusqu’au samedi 4 juillet. 80 tables rondes, 400 intervenants et plus de 8 000 participants. Le groupe EBRA, dont fait partie votre journal, est partenaire de l’évènement.

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