À compter du 1er septembre, les entreprises devront être en capacité d’au moins recevoir leurs factures via une plateforme électronique. Une petite révolution qui provoque des inquiétudes chez les professionnels.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 14:46 | mis à jour aujourd'hui à 14:46 - Temps de lecture :

Boulangeries, pharmacies, artisans… toutes les entreprises assujetties à la TVA devront passer à la facturation électronique.  Photo d’illustration Sipa/Syspeo. Boulangeries, pharmacies, artisans… toutes les entreprises assujetties à la TVA devront passer à la facturation électronique. Photo d’illustration Sipa/Syspeo.

« Pas de pause cet été » : à six semaines de l’entrée en vigueur de la facturation électronique, l’administration fiscale se veut confiante sur le succès du lancement, tout en étant lucide sur le fait qu’« une partie des gens ne seront pas à l’heure ».

À compter du 1er septembre, toute entreprise - quelle que soit sa taille - devra recevoir ses factures via une des 142 (à ce jour) plateformes électroniques agréées par l’État, et les plus grosses devront aussi les émettre ainsi. Ce sera ensuite le cas pour toutes les entreprises au 1er septembre 2027. Cette petite révolution, censée simplifier la vie des entreprises, doit aussi rapporter à l’État car le fisc détectera plus facilement les fraudes à la TVA.

Moins de 20 % des entreprises sont prêtes

À l’heure actuelle, sur onze millions d’entreprises concernées, deux millions ont choisi une plateforme de réception et sont inscrites dans l’annuaire dédié. Le chemin est donc encore long. Mais le calendrier est maintenu, a assuré récemment le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel.

Il a toutefois rassuré : les entreprises « de bonne foi » pas tout à fait prêtes à la rentrée ne seront pas sanctionnées cette fin d’année, et les factures classiques resteront valables en attendant. « Cette phase de démarrage se fera dans une approche de bienveillance et de tolérance de l’administration à l’égard des entreprises qui rencontreraient des difficultés au 1er septembre », peut-on lire dans le guide pratique mis en ligne par Bercy.

Beaucoup de professionnels « sont perdus »

Jean-Matthieu Delacourt, président de la Fédération des très petites entreprises (FPTP), observe que beaucoup de ses adhérents « sont perdus » devant la réforme. De même, un chargé de projet d’une entreprise du CAC 40 témoigne d’une « inquiétude » sur certains problèmes de communication entre plateformes.

« Oui, une partie des gens ne seront pas à l’heure », reconnaît Sébastien Rabineau, directeur du projet facturation électronique à la direction générale des Finances publiques (DGFiP), rappelant qu’en Belgique, qui a adopté une telle réforme le 1er janvier, « les entrepreneurs étaient 65 % » à s’y conformer à cette date, « et ont mis deux mois à atteindre les 80 % ». « Il y a de la lucidité chez nous », assure-t-il, tout en saluant l’accélération récente des inscriptions sur l’annuaire, « qui ne s’arrêtera pas entre le 14 juillet et le 15 août ».

Amélie Verdier, directrice de la DGFiP, compare les doutes sur la réforme à ceux qui entouraient la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de 2024 à Paris, finalement un grand succès. « On est concentrés, on a un vrai enthousiasme, on pense que la réforme est bonne pour l’économie », résume-t-elle, jugeant que le 1er septembre ne fera « qu’ouvrir une période » de mise en place.

Même si tout n’est pas parfait le premier jour, « on ne restera pas les deux pieds dans le même sabot », rassure-t-elle : « à l’AIFE et à la DGFiP, on n’est pas zéro défaut, mais il y a une force de frappe, et on sera réactifs ».

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