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Premier financeur du logement social en France, sous l’égide de la Caisse des dépôts, la Banque des territoires est en première ligne de la rénovation et de l’isolation des habitations collectives. Son directeur Antoine Saintoyant sait qu’il faut dorénavant prévoir des travaux « confort d’été ».
Propos recueillis par Boris Ivanoff - Aujourd'hui à 07:45 - Temps de lecture :
« Ils sont avant tout financiers, sous forme de prêts à très long terme (au minimum 25 ans et au maximum 80 ans) aux bailleurs sociaux. En 2025, ce sont ainsi 3,5 milliards d’euros qui ont été mobilisés en faveur de la rénovation-réhabilitation de 140 000 logements [sur un total de plus de 5 millions, NDLR], soit 25 % de plus (en montant) que l’année précédente. Et la Banque des territoires a par ailleurs déployé une enveloppe de 740 000 euros pour des études visant à cofinancer des plans d’adaptation au changement climatique. »
« Nous n’avons pas la même analyse. Les habitations sociales sont globalement moins exposées que les libres [privées, NDLR] aux aléas climatiques et notamment par rapport aux logements libres situés dans les centres anciens. Mais ce n’est bien sûr pas pour autant qu’il faut sous estimer l’adaptation des logements sociaux au changement climatique. Rares sont les logements collectifs adaptés aux températures extrêmes. Les travaux nécessaires à cette adaptation sont toutefois d’une ampleur financière moins importante que la rénovation thermique lourde. Installer des filtres sur les fenêtres ou des stores, mettre des brasseurs d’air… coûtent par exemple moins cher qu’une pompe à chaleur à la place d’une chaudière à gaz collective. »
Pour Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des territoires « rares sont les logements collectifs adaptés aux températures extrêmes ». Photo EBRA /Banque des Territoires
Les passoires thermiques, « des gouffres financiers »
La Banque des territoires, dans ses financements, continue donc à prioriser la rénovation contre les passoires thermiques ?« Rénover les logements encore classés E ou F dans leur DPE reste globalement notre priorité. La canicule ne doit effectivement pas faire oublier les passoires thermiques qui, en hiver, constituent des gouffres financiers pour leurs locataires et des puits sans fonds pour nos ressources énergétiques. Reste qu’il faut tout de même prévoir plus systématiquement les travaux pour le “confort d’été”. »
« Si un bailleur social nous demande de financer des travaux pour se connecter à un réseau de froid et ainsi faire baisser la température de 10 à 15°C dans chacun de ses logements, nous le faisons bien sûr. Mais le problème est que ces réseaux sont pour l’instant peu développés dans les villes. Ce n’est pas une question de coûts mais de faisabilité. Et quant à la solution de l’équipement en climatisation, elle est effectivement peu répandue dans les projets de construction de parcs sociaux. Cela viendrait amoindrir les efforts consentis l’hiver pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. »
Financée par les Livrets A
La Banque des territoires a mobilisé 50 milliards d’euros en 2025, dont 42 milliards d’euros sous forme de prêts. Affiliée à la Caisse des dépôts c’est l’épargne des Français sur leur Livret A qui permet de financer ces crédits. Ils ont majoritairement servi à la construction et la rénovation de logements sociaux et ensuite au financement de projets communaux comme l’amélioration du réseau d’eau et d’assainissement, des travaux sur des bâtiments publics…


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