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Écoles britanniques : 1 700 infractions sexuelles signalées chaque année contre des enfants de moins de 13 ans

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En Angleterre, près de cinq infractions sexuelles contre des enfants de moins de 13 ans sont signalées chaque jour.

Une enquête publiée le 4 octobre 2026 s’appuie sur les données de 33 des 43 forces de police d’Angleterre et du pays de Galles. Dix services n’ont pas fourni leurs données. Le bilan est donc partiel.

Autre précision essentielle : certains services incluent des faits commis aux abords des établissements. Les chiffres correspondent à des infractions enregistrées par la police, pas à des condamnations judiciaires.

Près de 2 000 signalements de viols et tentatives de viol

L’enquête recense près de 2 000 signalements de viols et tentatives de viol dans l’environnement scolaire, toutes tranches d’âge confondues. Plus d’un tiers des victimes avaient moins de 13 ans.

La majorité des auteurs présumés dont l’âge était renseigné étaient également mineurs. Pour de nombreux autres signalements, l’âge de la personne mise en cause n’était pas précisé. Les filles constituent la majorité des victimes lorsque le sexe est connu.

Rachel de Souza, commissaire à l’enfance pour l’Angleterre, juge les violences sexuelles entre élèves répandues et trop souvent ignorées. Un constat particulièrement embarrassant pour un système scolaire censé protéger les enfants qui lui sont confiés.

Le gouvernement britannique rappelle les obligations de prévention et de protection imposées aux établissements. Les associations, elles, réclament des mesures plus efficaces, notamment face à l’exposition précoce à la pornographie violente et aux comportements sexuels abusifs entre élèves.

Les chiffres témoignent aussi d’une difficulté persistante : certaines victimes ne parlent pas, tandis que d’autres se heurtent à des réactions insuffisantes lorsqu’elles dénoncent les faits.

En France, les scandales scolaires racontent aussi de graves défaillances

La France connaît ses propres affaires de violences sexuelles en milieu scolaire. Les statistiques ne permettent toutefois pas de comparaison directe avec l’enquête britannique, notamment parce que les faits impliquant des adultes et ceux commis entre élèves sont souvent recensés séparément.

L’affaire Notre-Dame-de-Bétharram a notamment révélé des décennies de dénonciations de violences physiques et sexuelles. Des témoignages et des plaintes se sont accumulés avant que l’ampleur du dossier ne soit publiquement reconnue.


Autre établissement régulièrement cité : le collège Stanislas, à Paris. Une enquête journalistique publiée en 2026 revient sur des témoignages d’abus, les défaillances présumées de la hiérarchie et la protection de la réputation de l’institution.


Plus récemment, l’affaire de l’école privée Saint-Laurent, à Paris, a remis sur la table la gestion des alertes. Des parents avaient exprimé leurs inquiétudes dès mai 2026 concernant un intervenant en anglais. Celui-ci a continué à exercer jusqu’au 23 juin, avant d’être interpellé en septembre.

Le parquet a fait état de 22 enfants concernés par les investigations. L’homme a été mis en examen pour viol, agressions sexuelles et violences, puis placé en détention provisoire. La procédure judiciaire devra déterminer les responsabilités et établir les faits reprochés.


Des procédures de protection qui ne suffisent pas

Les situations britanniques et françaises ne sont pas identiques. L’enquête anglaise s’intéresse principalement aux violences entre mineurs, tandis que Bétharram, Stanislas ou Saint-Laurent concernent notamment des accusations visant des adultes.

Un point commun mérite pourtant toute l’attention des autorités : la façon dont les établissements réagissent lorsqu’un enfant dénonce une violence sexuelle.

Détecter les comportements inquiétants, recueillir la parole des victimes, prévenir les autorités compétentes et protéger immédiatement les enfants concernés : ces obligations ne peuvent pas se résumer à des circulaires administratives.

Les associations britanniques rappellent également qu’une augmentation des signalements ne prouve pas nécessairement une augmentation des violences. Elle peut traduire une meilleure libération de la parole. À l’inverse, un établissement affichant peu de signalements n’est pas automatiquement un établissement sans victimes.

Lorsqu’une famille donne l’alerte, elle doit pouvoir connaître les mesures prises pour protéger son enfant. À Saint-Laurent, plusieurs semaines ont séparé les premières inquiétudes exprimées par des parents de la suspension de l’intervenant. L’enquête judiciaire devra notamment permettre de préciser la chronologie des événements.

Des deux côtés de la Manche, les établissements disposent de règlements, de protocoles et d’obligations de signalement. Leur efficacité se mesure surtout à ce qui se passe après la première alerte.

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