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Des parents alertent l’établissement dès mai ; l’intervenant continue jusqu’au 23 juin : qui savait quoi et pourquoi a-t-il fallu attendre septembre pour une interpellation ?
Les faits dénoncés sont d’une extrême gravité. D’après les éléments communiqués par le parquet, les enfants entendus et leurs représentants légaux ont rapporté des injures, des cris, des coups, des attouchements et des pénétrations digitales présumées. L’instruction devra établir ce qui s’est passé pour chacun d’eux. Mais une autre question peut déjà être posée : comment les alertes ont-elles circulé entre les familles, l’école et l’employeur de l’intervenant ? Les déclarations du parquet rapportées par l’AFP permettent de reconstituer les grandes dates, pas encore toutes les décisions prises entre elles.
Une inquiétude signalée en mai, une suspension le 23 juin
Selon le parquet de Paris, les parents d’une élève avaient demandé à rencontrer la directrice en mai pour évoquer les inquiétudes de plusieurs familles au sujet de l’intervenant. Le ministère public ne précise pas, dans les éléments rendus publics, la teneur complète de cet échange ni les mesures décidées à ce moment-là.
Ce qui est établi, en revanche, c’est que l’homme, employé par CapEnglish, a continué à intervenir dans l’établissement jusqu’au 23 juin 2026. Ce jour-là, la directrice a signalé au procureur le dépôt de plainte du père d’une fillette. L’intervenant a été suspendu à cette date. CapEnglish affirme l’avoir écarté à titre conservatoire dès que la cheffe d’établissement lui a fait connaître les faits reprochés.
Entre le rendez-vous demandé en mai et l’information transmise à CapEnglish en juin, qui savait quoi ? La direction a-t-elle considéré les inquiétudes comme suffisamment précises pour prendre une mesure immédiate ? A-t-elle sollicité un avis extérieur ? À quelle date exacte l’employeur a-t-il été informé des premiers doutes ? Ces questions appellent des réponses, mais elles ne permettent pas, à elles seules, d’attribuer une faute à l’école ou à la société.
Dans une autre affaire concernant une école maternelle parisienne, la réponse donnée aux premiers signalements était déjà devenue un sujet central pour les familles. Les deux procédures sont distinctes. Le point commun, c’est cette question très simple : que fait-on concrètement lorsqu’un parent alerte sur un adulte qui continue à travailler auprès d’enfants ?
Pourquoi une interpellation en septembre ?
Après le signalement du 23 juin, le parquet a chargé le commissariat du 10e arrondissement de centraliser les plaintes, avant leur transmission à la Brigade de protection des mineurs. L’intervenant a été interpellé le 22 septembre, placé en garde à vue, puis présenté à un juge le 24 septembre. Un juge d’instruction dirige désormais les investigations.
Près de trois mois séparent donc le signalement à la justice de l’interpellation. Ce délai mérite une explication précise. Recueillir la parole d’enfants aussi jeunes exige du temps et des précautions. Cela ne dit toutefois pas quelles vérifications ont été menées pendant l’été, ni comment la situation de l’intervenant a été évaluée avant septembre. Sa détention provisoire est une mesure prise au cours de l’enquête, pas une condamnation.
CapEnglish assure que les vérifications réalisées lors de son recrutement n’avaient révélé aucun élément l’empêchant de travailler auprès de mineurs. Il reste à savoir ce que couvraient ces contrôles et comment les inquiétudes apparues ensuite pouvaient être transmises à la société. Un contrôle effectué à l’embauche ne répond pas à la question posée par une alerte reçue plusieurs mois plus tard.
Pour les familles, la chronologie n’a rien d’un exercice administratif. En mai, des parents cherchent à faire entendre leurs craintes. Fin juin, l’intervenant est suspendu. En septembre, le parquet annonce que 22 enfants sont concernés par les faits instruits. La justice devra examiner les accusations visant l’homme mis en examen. L’école et CapEnglish doivent, de leur côté, pouvoir expliquer clairement les dates, les échanges et les décisions qui ont jalonné ces quatre mois.
Dans une autre affaire d’agressions sexuelles commises en milieu scolaire parisien, la justice s’est prononcée après plusieurs années de procédure. À Saint-Laurent, l’instruction ne fait que commencer. Pour les parents, attendre son issue ne devrait pas empêcher d’obtenir dès maintenant une réponse sur la façon dont leurs premières alertes ont été traitées.


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