En Irlande, une étudiante de 18 ans a été récompensée pour son innovation incarnant potentiellement une forte réponse à un des plus grands défis de l’humanité. Il est ici question d’un plastique végétal biodégradable, capable de détruire activement les microplastiques déjà présents dans l’environnement. Comment ça marche ?
Une innovation prometteuse récompensée
Rappelons tout d’abord que la pollution par les microplastiques est une crise mondiale et présente à de nombreux niveaux. Cette pollution ne concerne pas seulement la surface des océans. En effet, les microplastiques se trouvent également dans les profondeurs océaniques, l’atmosphère, les sols et les organismes vivants, entre autres. Selon les estimations, il existerait entre 5 000 et 16 000 milliards de particules de microplastiques dans la biosphère terrestre, soit l’équivalent de 1,5 à 4,7 milliards de tonnes.
Si plusieurs solutions sont actuellement déjà en cours de déploiement, une innovation en particulier a récemment retenu l’attention, comme l’expliquait un communiqué du 29 avril 2026. Il s’agit de l’emballage Eco Purge d’Ayra Satheesh, une étudiante de 18 ans habitant en Irlande. Son projet de lutte contre les microplastiques lui a valu un prix au dernier Earth Prize, la plus grande compétition mondiale de développement durable dédiée aux adolescents.
Un emballage contenant des enzymes digérant le plastique
Le projet Eco Purge puise son idée principale dans un précédent projet scolaire mené par Arya Satheesh, concernant la surveillance de la qualité de l’eau. L’étudiante a constaté un problème d’ampleur : si la présence alarmante de microplastiques est devenu possible, leur élimination reste encore quasiment infaisable. Mais en quoi consiste réellement le projet ? L’innovation prend la forme d’un bioplastique « actif » qui contrairement aux plastiques biodégradables classiques, ne se contente pas d’éviter de polluer en se dégradant. En effet, l’Eco Purge est capable de dépolluer activement son environnement.
Dans les faits, la base du matériau est un plastique biosourcé (biopolymère), conçu à partir de matières végétales renouvelables, plus précisément à partir de la matière organique de certaines plantes (biomasse). Vient ensuite le cœur du concept, à savoir l’intégration d’enzymes capables de digérer le plastique – des catalyseurs biologiques – comme la PETase ou la MHETase. Les fameuses enzymes sont encapsulées et insérées directement au cœur de la structure moléculaire du biopolymère végétal lors de sa fabrication. Ainsi, toute utilisation normale de l’emballage garde les enzymes piégées, stables et inactives.
Le processus d’activation mécanique de l’Eco Purge se déclenche dès lors que l’emballage se retrouve dans un environnement de fin de vie, par exemple un milieu aquatique, un sol ou encore, du compost. Dans un premier temps, l’humidité et les bactéries présentes dans l’environnement grignotent le biopolymère végétal. Ensuite, les micro-capsules d’enzymes se brisent et sont libérées dans l’environnement.
Crédit : Earth Prize
Transformer la pollution plastique en eau, en dioxyde de carbone et en biomasse
Libérées puis activées, les enzymes se déploient à la recherche des liaisons chimiques des plastiques conventionnels, ces derniers polluant déjà la zone sous forme de microplastiques invisibles à l’œil nu. Les enzymes agissent ensuite tels des ciseaux moléculaires, en cassant les longues chaînes de polymères résistantes des microplastiques, afin de les transformer en monomères de base comme l’acide téréphtalique et l’éthylène glycol. Ces monomères, à savoir des résidus simples sont non toxiques, sont finalement absorbées et assimilées par les bactéries naturelles. Autrement dit, il est ici question de transformer la pollution plastique en eau, en dioxyde de carbone et en biomasse.
Pour son très prometteur emballage Eco Purge, Ayra Satheesh a reçu la somme de 12 500 dollars. Actuellement, l’étudiante utilise ces fonds pour tenter d’opérer une transition du projet vers le monde réel. Il s’agit notamment d’optimisation biologique, principalement l’amélioration de l’efficacité des ciseaux moléculaires. Ensuite, la question de l’éventuel passage à l’échelle industrielle se pose, la problématique étant la recherche d’une solution de fabrication de masse à bas coût.


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