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Dimanche, l’heure était au dialogue sur l’avenir énergétique à Rimouski. Une vingtaine de citoyennes et citoyens du Bas-Saint-Laurent se sont prêtés à l’exercice du Front commun pour la transition énergétique (FCTE). L’objectif? Informer et inviter la population à s’impliquer dans les décisions qui façonneront la société de demain.
De manière globale, je pense que l’espèce d’addiction à la production toujours grandissante m’effraie pour le Québec, partage Ariane Brault de Trois-Pistoles. Je trouve que l'hypothèse de base de : "il faut absolument produire plus'' est faible et pas assez débattue.
Sa réflexion était une de celles que le Front commun souhaitait susciter lors de sa rencontre de dialogue à Rimouski. Il s’agissait de la dernière étape d’une tournée régionale, après Shawinigan et Baie-Comeau, centrée sur les enjeux énergétiques.

Ariane Brault, résidente de Trois-Pistoles, souhaitait découvrir d’autres dialogues et hypothèses que celles «de consommer et produire plus d’énergie.»
Photo : Radio-Canada
Sur place, plusieurs citoyens évoquent les mêmes préoccupations : les projets de développement éolien et la ligne de transport électrique Appalaches-Bas-Saint-Laurent. Recueillir les préoccupations locales est essentiel, selon Zélie Victor, chargée de la campagne énergie et transport pour le FCTE.
C'est vraiment de prendre le temps de se parler de transition énergétique. On sait que c'est un enjeu qui peut être perçu comme technique et on trouvait que c'était important que les citoyens et citoyennes se sentent légitimes sur ces questions-là, qu'on prenne le temps du dialogue, partage-t-elle.
En fait il y a des choix importants qui vont devoir être faits dans les prochains mois, prochaines années, et on trouve qu'il faut d'abord en débattre collectivement et démocratiquement.

Zélie Victor, chargée de projets pour le FCTE, anime la discussion sur les grands chantiers de la transition énergétique. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
Une question de société
Parmi la vingtaine de participants, Jean-Claude Plourde habite en Gaspésie. Il faut faire une discussion beaucoup plus large, sur où est-ce qu’on s’en va en tant que société. On le fait aujourd’hui sur le dossier de l’énergie, mais il faut aller beaucoup plus loin, affirme-t-il.
Noémie Bureau-Civil, citoyenne de Saint-Valérien, partage l’idée que la question énergétique doit être débattue. Il y a une question démocratique à avoir en amont, quel modèle social on veut?
Est-ce qu’on veut continuer dans un modèle de croissance économique infinie, alimentée par un besoin de production énergétique infinie, avec tous les impacts sur la pollution, l’écologie, le réchauffement climatique? Ou veut-on changer de modèle de société et aller vers une décroissance, qui nécessiterait moins d’énergie à produire, avec des impacts moindres?

Noémie Bureau-Civil s'implique dans la recherche portant sur la question de la décroissance.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
À quelques pas, une résidente de Packington, Tina Daudelin, s’interroge sur les décisions du gouvernement. Actuellement au Québec, on est en train de faire une addition d’électricité et non pas une réelle transition énergétique. On doit à la base se poser la question : est-ce qu’on veut continuer de produire de l'électricité? Pour faire quoi? On en a besoin de combien?
S’informer pour mieux choisir l’avenir
Ils sont plus d'un à relever qu'il est difficile pour la population de s'informer sur les projets de développement énergétique.
Je m’intéresse beaucoup à la question énergétique, explique Ariane Brault. Cependant, c’est super difficile de ramasser l’information parcellaire, traitée de manière individuelle selon les projets. C’est beaucoup d'informations techniques dans des dossiers assez volumineux.

Le Front commun pour la transition énergétique est une coalition d'environ 85 organismes qui souhaitent mettre en place une transition vers la carboneutralité porteuse de justice sociale au Québec.
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
Tina Daudelin le confirme. Si on ne prend pas le temps de fouiller, lire et écouter différentes sources… Il n’y a pas suffisamment d’informations pour se faire une vraie tête sur ce qu’à en tête le gouvernement actuel.
Je pense que collectivement, en tant que citoyens, on doit vraiment, vraiment s’intéresser et participer à la discussion sur la transition énergétique.

Des citoyens venus des quatre coins du Bas-Saint-Laurent ont participé à la rencontre.
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
La coalition du Front commun souhaite maintenant valoriser ce qui s'est dit durant les rencontres de dialogue citoyennes, à travers un rapport qu'elle remettra au gouvernement.
D'autant plus que des étapes importantes en ce sens sont attendues. Le Plan de gestion intégré des ressources énergétiques, devant guider le gouvernement québécois dans sa transition énergétique pour les 25 prochaines années, doit être présenté en avril. La transition énergétique sera également un sujet évoqué lors des élections provinciales à l'automne.
Avec les informations de Raphaëlle Ainsley-Vincent


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