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Eau contaminée : des conseils pour les résidents de Charlo

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Deux expertes offrent des conseils aux résidents de Charlo qui se posent des questions à la suite de la découverte d’un taux élevé de contaminants chimiques dans l’eau des deux puits municipaux. Il s’agit de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (SPFA), ce qu'on appelle communément les « polluants éternels ».

Les résidents de cette communauté du nord du Nouveau-Brunswick peuvent toujours boire l’eau du robinet puisqu'elle provient de la municipalité voisine, Bois-Joli, depuis mardi, en attendant une solution permanente.

Un petit bâtiment abritant un puits.

Charlo a fermé ses deux puits municipaux à la suite de la détection de taux de SPFA surpassant la norme acceptable.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Les autres ménages à Charlo qui utilisent plutôt un puits artésien se demandent peut-être si leur eau est potable ou non. La médecin hygiéniste responsable de la région du Nord, Rita Gad, répond à cette préoccupation au cours d'une entrevue accordée jeudi à l’émission La matinale, d’ICI Acadie.

On travaille sur un plan pour ceci avec la Municipalité et le ministère de l‘Environnement. Mais, comme pour tout le monde, ainsi que les gens sur les puits privés, si on est préoccupé par l’exposition aux [SPFA] dans notre eau potable [...] on ne va pas l’utiliser pour boire, cuisiner, préparer du lait pour nourrissons, dit-elle.

La Dre Gad ajoute qu’il est toutefois possible de se servir de cette eau pour le bain, la douche, la vaisselle, le brossage des dents et la lessive, par exemple.

Filtrer l’eau de son puits?

Il est possible de filtrer cette eau à l’aide d’un pichet conçu pour cela ou d’un système de filtration installé à la maison, en veillant à employer des filtres appropriés.

Il faut bien que les filtres [...] soient certifiés selon la norme NSF/ANSI 53 ou la norme NSF/ANSI 58. Ces nombres-là, 53 et 58, sont pour éliminer les [SPFA] de l’eau potable, recommande la Dre Gad.

Un réservoir en forme de tour.

Le château d'eau de Charlo.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Céline Surette, doyenne de la Faculté des sciences et professeure de chimie à l’Université de Moncton, invite les gens à bien s’informer au sujet des filtres.

Il y a certains filtres qui peuvent enlever jusqu'à 100 % de ces contaminants dans l’eau. Ça va vraiment dépendre du type de molécule. Il faut savoir que les [SPFA], il y a en fait 4000 différents composés. Donc, on en a analysé une partie, ceux qui sont les plus communs, et les filtres, ça va dépendre vraiment de cette composition-là, explique Céline Surette en entrevue mercredi à l’émission Le téléjournal Acadie.

La bonne nouvelle, c’est qu’on commence à faire du suivi, on commence à s’en préoccuper, et ça va faire en sorte qu’on va diminuer notre exposition.

Une norme révisée récemment par précaution

Les autorités sanitaires ont détecté un taux de 45 nanogrammes de SPFA par litre d'eau dans l’un des puits municipaux à Charlo et d’environ 175 nanogrammes par litre d'eau dans l’autre puits, alors que la norme de Santé Canada est de 30 nanogrammes par litre d'eau au maximum.

Cette norme de Santé Canada est récente. Avant 2024, par exemple, les niveaux étaient plus hauts que ça, donc ces deux puits-là avant 2024 auraient été dans les normes, souligne Rita Gad, au sujet des puits municipaux de Charlo.

Céline Surette dans un studio de télévision.

Céline Surette, doyenne de la Faculté des sciences et professeure de chimie à l’Université de Moncton, en entrevue à l'émission Le téléjournal Acadie.

Photo : Radio-Canada

Dans les cinq dernières années, on a vu beaucoup d’études sortir, qui sont inquiétantes, préoccupantes au niveau des impacts potentiels sur la santé. Donc, la norme pour l’eau respecte le principe de précaution et est très basse pour assurer qu’on protège la population, indique Céline Surette.

Les SPFA sont des produits chimiques artificiels dont on se sert industriellement depuis les années 1940 et qui ne se décomposent pas facilement, précise la Dre Gad.

Il y a des études qui ont lié les [SPFA] à des problèmes de foie, de système immunitaire, de reins et de développement. Ces études-ci sont en train d’évoluer. C’est une science qui évolue tous les jours parce que c’est vraiment très difficile de limiter les faits, ou ces maladies-ci, sur l’exposition de [SPFA], dit-elle.

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