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Le chef conservateur québécois invite les électeurs anglophones à se détourner des libéraux pour se rallier à lui, même s’il est favorable au recours à la clause dérogatoire pour défendre la « loi 96 ».
« Ça vaudrait la peine pour vous d’arrêter d’élire des libéraux élection après élection », a lancé Éric Duhaime en anglais aux électeurs anglophones mercredi matin.
Pour les rallier, le chef des conservateurs promet de retirer certains « irritants » dans la loi 96, qui réforme la loi 101, en ce qui a trait aux inspections et à la prédominance du français sur certains produits.
Or, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) doit désormais défendre une mesure très impopulaire chez les anglophones : le recours à la disposition de dérogation pour empêcher Ottawa de contester des lois québécoises devant les tribunaux.
Virage « bleu » chez les conservateurs
Lors des élections de 2022, le PCQ était résolument opposé à ce qui est aussi appelé la clause dérogatoire. Or, il a depuis opéré un « virage », convient Éric Duhaime.
Le politicien vient d’ailleurs de publier un livre sur sa nouvelle position constitutionnelle : Destination autonomie.
« Je peux vous dire que la proposition constitutionnelle actuelle du parti me ressemble beaucoup plus », a-t-il dit. « Ceux qui me connaissent savent que je suis un vrai bleu. »
Questionné sur l’opposition de nombreux électeurs anglophones à la disposition de dérogation, M. Duhaime a rétorqué que ce que les anglophones « ne veulent surtout pas, c’est d’un référendum ».
Les libéraux, dit-il, « se sont approprié le vote anglophone parce que c’était le parti anti-référendum. Mais aujourd’hui, c’est plus le cas ».
Ce n’est pas la première fois qu’Éric Duhaime tend la main aux anglophones du Québec. Il avait fait de même lors de la campagne électorale 2022.
Priorité à la constitution et au gaz de schiste
D’ici à la fin de la session parlementaire en juin, le chef conservateur a mis de l’avant deux priorités pour son parti. La première est l’adoption du projet de constitution de Simon Jolin-Barrette. « C’est quand même une loi fondamentale qui a des impacts pour l’avenir et qui marque un symbole fort », a-t-il dit.
L’autre, dit-il, est la relance de l’industrie du gaz de schiste. Priorité du PCQ, l’exploitation de la filière gazière faisait partie de la plateforme de la première ministre Fréchette lors de la course à la chefferie. Or, Bernard Drainville s’y opposait et il a depuis été nommé ministre responsable de l’Économie et de l’énergie.
« Il va falloir avoir des précisions pour qu’on puisse comprendre exactement qui parle au nom de la CAQ à l’heure actuelle en matière d’exploitation des hydrocarbures au Québec », souligne M. Duhaime.


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