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Péquistes et conservateurs renouvellent leurs attaques envers Christine Fréchette, l’accusant d’utiliser les ressources de l’État pour mousser sa campagne.
Ils sont passés à l’offensive jeudi, après que plusieurs médias eurent rapporté qu’une entente finale sur l’hydroélectricité serait sur le point d’être signée avec Terre-Neuve-et-Labrador.
L’équipe de la première ministre n’a pas démenti cette information. Une annonce pourrait être faite dès la semaine prochaine, soit à quelques jours du déclenchement des élections au Québec.
« Les discussions se sont accélérées […] et ça me rend très confiante quant à la possibilité qu’on signe quelque chose à brève échéance », a déclaré Mme Fréchette en mêlée de presse à Montréal.
« C’est un enjeu d’une très grande importance pour le Québec. La sécurité énergétique des Québécois, c’est important. […] On a des régions, […] des entreprises, […] qui ont besoin d’énergie. »
Le Québec et la province voisine exploitent déjà ensemble la centrale de Churchill Falls depuis 1969, mais la nouvelle entente, qui irait jusqu’en 2075, viserait à accroître la production électrique, notamment avec deux autres barrages.
« Totalement inappropriée »
Or, selon le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, la conclusion d’une entente à ce stade-ci, dans un contexte préélectoral, serait « totalement inappropriée ».
En point de presse à Québec jeudi matin, il a accusé la première ministre et cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) de se servir des ressources de l’État à des fins électoralistes.
« Encore une fois, on voit la CAQ qui instrumentalise sa position au gouvernement pour faire sa campagne électorale », a-t-il lancé.
« Je ne pense pas qu’à une semaine du déclenchement des élections, c’est approprié d’aller signer une entente de 50 ans pour 25 milliards $.
« Elle n’a aucune légitimité démocratique, alors qu’elle est dans les derniers jours d’un régime qu’on s’apprête à mettre à la porte », a-t-il fulminé.
Même son de cloche du côté du Parti québécois (PQ). Son chef, Paul St-Pierre Plamondon, a plaidé jeudi qu’il n’y a « aucune urgence » à signer une telle entente.
« Terre-Neuve-Labrador et le Québec ont déjà un contrat bon jusqu’en 2041, a-t-il souligné sur X. Christine Fréchette n’a pas la légitimité d’engager le Québec à très long terme à l’aube d’une élection. »
Le PQ et le PCQ remettent en question la légitimité de Mme Fréchette en raison du contexte de son arrivée au pouvoir.
Elle a été élue à la tête de la CAQ en avril dernier, à six mois de la fin du mandat du gouvernement, par 57,9 % des voix des membres du parti, qui compte une vingtaine de milliers de membres.
Elle n’a donc pas été élue à la tête du gouvernement dans le cadre d’une élection générale.
Milliard et Ghazal exigent de la transparence
Accusant à son tour la cheffe de la CAQ de faire un « coup d’éclat électoraliste », le chef libéral Charles Milliard a réclamé jeudi que tous les détails de l’entente soient rendus publics.
« Christine Fréchette doit rassurer les Québécois et démontrer que rien n’a été sacrifié lors des négociations simplement pour conclure une entente avant le déclenchement de la campagne », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
La cheffe parlementaire de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a ajouté vouloir connaître « l’impact de l’entente sur les coûts d’approvisionnement d’Hydro-Québec et sur les tarifs que paieront les Québécois ».
Actuellement, Hydro-Québec achète l’électricité de la centrale Churchill Falls à 0,2 cent le kilowattheure (k / Wh), un prix dérisoire.
Selon l’entente de principe de 2024, la société d’État paierait progressivement plus cher. Si l’entente aboutit, le Québec pourrait avoir accès à plus de 7200 MW additionnels pour combler ses besoins, notamment pour décarboner son économie conformément aux accords internationaux de réduction des gaz à effet de serre (GES).


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