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Destiné aux personnes éloignées de l’activité physique, ce dispositif décliné à Berteaucourt-les-Dames et Ailly-sur-Somme est accessible sur prescription médicale.
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Par Olivier Bacquet Publié le 1 avr. 2026 à 6h06
Le sport, ce n’est pas qu’une histoire de plaisir ou de dépassement de soi : c’est aussi une affaire de santé publique.
C’est tout l’enjeu de la Maison Sport Santé, qui ouvre ce mercredi 1er avril sur le territoire de la communauté de communes Nièvre et Somme, autour de Flixecourt (Somme).
Une Maison Sport Santé, c’est comme son nom l’indique la rencontre des enjeux de santé avec le monde du sport : un outil porté par l’État et déployé localement avec l’UFOLEP.
Le pari de ce dispositif encore très méconnu, mais en plein essor : remettre en activité des habitants éloignés du sport… sur prescription médicale.

Le sport comme traitement
Ici, pas de compétition, ni de performance. Le point de départ, c’est une ordonnance de son médecin, de son kiné, ou de son infirmière…
« La philosophie, c’est le rapprochement entre les professionnels de santé et l’activité physique existante », résume Stéphane Lecossois, délégué départemental UFOLEP.
L’idée, c’est d’amener des personnes trop sédentaires à reprendre une activité, à des fins de santé.
Le dispositif, qui existe au niveau national depuis 2018, s’est déjà implanté ailleurs dans la Somme, notamment à Amiens, Doullens ou dans l’est du département.
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Il arrive désormais sur le territoire Nièvre et Somme avec une ambition claire : toucher un public qui, bien souvent, ne franchit jamais la porte d’un club.
Car les bénéficiaires ont des profils bien identifiés, et très variés.
Ce sont essentiellement des personnes de plus de 50 ans, qui ne font pas ou plus d’activité physique, parfois avec des pathologies, des maladies cardiovasculaires, un handicap… Mais il peut aussi y avoir des difficultés sociales, de l’isolement, des addictions.

Deux communes, un même objectif
Pour démarrer, deux points d’ancrage ont été retenus : Berteaucourt-les-Dames et Ailly-sur-Somme. Deux communes équipées, capables d’accueillir des séances régulières, et situées de manière à couvrir l’ensemble du territoire.
Sur place, les participants ne viennent pas « faire du sport » au sens classique du terme. Ils entrent dans un parcours.
Après une prescription médicale et un bilan de forme, chacun se voit proposer un programme adapté. « Concrètement, les usagers suivront une à deux séances par semaine pendant dix mois », explique Stéphane Lecossois. « On travaille en groupes de 15 à 18 personnes, pour garder un accompagnement de qualité. »
Gym douce, marche, renforcement musculaire… les activités varient, s’adaptent, évoluent. « L’UFOLEP est la première fédération multisport de France, donc on peut proposer beaucoup de choses, en fonction des capacités de chacun. »
Le tout pour un coût volontairement accessible : suivre ce parcours nécessite une adhésion de 40 € à l’année.

Retrouver le goût… et les autres
Mais derrière l’activité physique, c’est un autre enjeu qui se dessine.
Les objectifs, ce sont aussi de reprendre confiance en soi, de retrouver du goût, du plaisir, et de recréer du lien social.
Car pour beaucoup, l’entrée dans le dispositif marque une rupture. Avec la sédentarité, bien sûr, mais aussi avec une forme d’isolement.
Le programme intègre d’ailleurs un volet nutrition, dans une logique globale de « Sport Santé ». Et surtout, il ne s’arrête pas aux dix mois d’accompagnement.
L’idée est d’aller plus loin : orienter ensuite les participants vers les associations locales, pour que la reprise d’activité ne soit pas qu’une parenthèse.
Sans les soignants, rien ne fonctionne
Avant même d’ouvrir ses portes, la Maison Sport Santé a dû s’ancrer dans le territoire. Et convaincre.
« On est allés faire du porte-à-porte auprès des professionnels de santé », raconte Stéphane Lecossois.
Si les médecins, les kinés, les infirmiers ne sont pas partie prenante, ça ne peut pas fonctionner.

Car ce sont eux qui prescrivent, orientent, rassurent. Sans ce maillage médical, le dispositif reste théorique.
L’objectif, lui, est bien concret : atteindre 260 usagers dès la première année, et doubler rapidement.
Un soutien très réfléchi
Si l’initiative coche beaucoup de cases en matière de santé publique, elle a aussi suscité des interrogations au moment de son adoption par la communauté de communes, en janvier dernier.
Dans l’assemblée communautaire, tous les élus ont salué la nature du projet, mais plusieurs ont émis quelques réserves.
« C’est une bonne chose pour les bénéficiaires, mais est-ce vraiment de la compétence de la communauté de communes ? Ce n’est pas sûr », pointait ainsi le président René Lognon, qui s’est abstenu.
Même ligne pour le vice-président Jean-Philippe Delfosse : « C’est un bon projet, mais la CCNS va être de plus en plus sollicitée sur de nombreux sujets. »
Trois vice-présidents ont voté contre, d’autres se sont abstenus. Le dispositif a néanmoins été adopté.
Un pari sur la suite
Derrière ces hésitations, un constat partagé : les collectivités sont de plus en plus attendues sur des enjeux qui dépassent leurs compétences traditionnelles.
Mais pour les défenseurs du projet, la Maison Sport Santé va au-delà d’une simple action sanitaire. Elle s’inscrit aussi dans une logique territoriale.
En toile de fond, un espoir : que ces nouveaux pratiquants poussent ensuite la porte des clubs locaux, et viennent renforcer le tissu associatif.
Autrement dit, que la santé devienne une porte d’entrée vers une pratique durable. Et que, petit à petit, bouger redevienne une habitude.
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