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Du retard pour MaiaSpace, la fusée française ne décollera pas avant 2027

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Une fusée construite par une entreprise française devait décoller avant fin 2026, mais ce calendrier a été abandonné. La société MaiaSpace repousse l’échéance à l’année suivante, le temps de régler les derniers détails.

« Space is hard ». La formule est connue et s’applique aussi bien aux plus grosses entreprises et agences gouvernementales de la planète, jamais à l’abri d’un souci de dernière minute, qu’aux plus petites structures, qui sont par essence fragiles. Et justement, MaiaSpace traverse quelques difficultés dans le développement de son futur mini-lanceur.

Comme le révèle un article du site European Space Flight, le 2 mars 2026, l’entreprise française a profité d’un événement au Centre spatial de Kourou le 24 février pour revoir à la baisse ses ambitions. À l’origine, elle désirait faire voler la fusée Maia avant la fin de l’année, mais cette date apparaît désormais impossible à tenir. Le vol aura donc lieu en 2027. 

Un avantage : l’abandon des Soyouz

Malgré tout, l’entreprise se dit confiante pour que ce tir ait lieu avant le mois d’avril 2027. Symboliquement, cela permettrait à MaiaSpace de concrétiser sa promesse de faire voler sa première fusée cinq ans après sa création — la société ayant été fondée en 2022.

Maiaspace-1920X1080-minLe mini-lanceur pourrait servir à mettre des satellites commerciaux en orbite. // Source : MaiaSpace

Le projet de ce premier vol est de réaliser un test suborbital, avec une fusée capable d’atteindre les 100 kilomètres d’altitude, en partant depuis le centre spatial guyanais de Kourou, où l’entreprise a pu obtenir l’autorisation d’utiliser le pas de tir réservé autrefois aux lancements de Soyouz. Celui-ci est inoccupé en raison de la guerre en Ukraine : l’Europe et la Russie ont mis fin à leur coopération sur place, laissant une opportunité à d’autres.

Le calendrier reste serré pour l’entreprise française qui promet que sa fusée sera prête sur le pas de tir dès la fin de cette année pour les premiers tests. MaiaSpace a l’avantage d’avoir des installations déjà quasiment prêtes, car le gros (80 %) de ce qui servait aux Soyouz pourra être utilisé tel quel. Il reste cependant à mener quelques adaptations, et ajouter des dizaines de millions d’euros à la facture — une somme relativement faible pour un projet de cette envergure.

Quelques défis, et beaucoup d’espoir

« Maintenir cette feuille de route ne se fera pas sans difficultés ou défis, ont assuré les responsables cités par European Space Flight. Mais c’est une part de notre méthode d’apprentissage, qui place les tests au sol et en vol au cœur du développement pour aller plus vite ensuite. »

Malgré ce report, MaiaSpace reste au cœur de nombreux espoirs. Quelques jours à peine après cet événement, on a appris que l’entreprise a décroché un contrat avec Eutelsat pour mettre en orbite pas moins de 440 satellites de sa future constellation OneWeb. De quoi sécuriser au moins une dizaine de tirs, et donc d’envisager le futur plus sereinement.

Décollage du lanceur Ariane 6 pour son vol VA265, le 4 novembre 2025 depuis le Centre Spatial Guyanais. // Source : CNES/ESA/Arianespace-ArianeGroup/Optique Vidéo CSG/P Piron, 2025 (photo recadrée)Décollage du lanceur Ariane 6 pour son vol VA265, le 4 novembre 2025 depuis le Centre Spatial Guyanais. // Source : CNES/ESA/Arianespace-ArianeGroup

De plus, elle est la seule entreprise française présélectionnée par l’ESA dans son European Launcher Challenge, dont le but est de fournir à l’Europe des lanceurs privés, afin d’étoffer l’offre au-delà des seules Ariane 6 et Vega-C. Pour l’instant, rien n’indique que le retard annoncé ne remette en cause sa participation. Surtout que MaiaSpace peut rassurer : malgré son côté « start-up » revendiqué, elle reste une filiale d’ArianeGroup, ce qui peut lui donner accès à des ressources et des expertises que n’ont pas les concurrents.

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