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Conçu à l'occasion des 40 ans du musée d'Orsay, ce projet - qui a donné lieu à deux soirées exceptionnelles - a réuni chercheurs et artistes pour transformer des images de cellules observées au microscope en une performance visuelle monumentale diffusée sur les murs de la Nef. L'art va-t-il devenir le chaînon manquant entre la science et le grand public ?
Un outil pédagogique
Projetées à une échelle gigantesque sous forme de vidéo mapping, enrichies par un univers sonore envoûtant, ces images animées, qui montrent les mouvements des filaments à l'intérieur des cellules, sont le fruit de la collaboration entre quinze chercheuses et chercheurs du CEA et du CNRS, avec le groupe Laps, structure de production artistique réunissant plasticiens, éclairagistes, scénographes, concepteurs sonore et vidéastes, la metteuse en scène Frédérique Aït-Touati, la violoniste Solrey, la comédienne et récitante Judith Chemla, et la plasticienne Marie-Sarah Adenis, qui fabrique des récits hybrides où se croisent visions scientifiques, techniques, ancestrales et oniriques.
Le spectacle a d'abord nécessité un millier d'heures de travail en laboratoire pour mettre en œuvre des systèmes cellulaires et les filmer au microscope à l'aide de dispositifs microfluidiques.
Dans un second temps, vingt-cinq de ces expériences ont été mises en texte, en musique et en dramaturgie, pour montrer, dans toute leur beauté et toute leur complexité, la plasticité, la fragilité et l'incroyable robustesse des architectures du vivant.
Le résultat est une expérience immersive qui plonge le spectateur au cœur des dynamiques cellulaires, et lui fait voir ce qui d'ordinaire reste invisible à ses yeux. Ce faisant, ce projet rend accessibles et captivantes les dernières recherches scientifiques dans le domaine de la biologie cellulaire. En d'autres termes, c'est un formidable outil pédagogique qui permet de diffuser des connaissances complexes.
Le projet « Quelques secondes d'éternité » démocratise les connaissances en matière de biologie cellulaire. © CEARenforcer les collaborations entre art et science
Cette initiative n'est pas isolée. En 2023, le CNRS et le ministère de la Culture ont conclu un accord pour proposer des résidences d'artistes en laboratoire de recherche.
Toujours en France, la sculptrice Milène Guermont, ingénieur diplômée de l'Institut national polytechnique de Toulouse, crée des œuvres qui combinent arts, sciences, et technologies pour rendre sensible ce qui ne l'est pas intuitivement, quand la Fondation Maison des sciences de l'Homme soutient financièrement des projets de recherche qui travaillent avec le monde de la création artistique sur des défis sociétaux actuels.
Aux États-Unis, la pratique est plus répandue. En vingt ans, la National Science Foundation (NSF) a financé plus de 30 000 collaborateurs de ce type dans les domaines des géosciences et de la biologie.
Pour les scientifiques, l'art permet de créer un lien intime et étroit avec le grand public, et de faire connaître, et surtout comprendre, leurs travaux.


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