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Par Solène Vary
Publié le 14/08/2026 à 17h58, mis à jour le 14/08/2026 à 18h05
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Marlène Mourier (DVD) avait observé plusieurs «incohérences» dans le projet matrimonial du couple. Le fiancé avait reconnu chercher à se marier «pour les papiers».
Passer la publicité Passer la publicitéMarlène Mourier a obtenu gain de cause. En mai dernier, la maire de Bourg-lès-Valence (Auvergne-Rhône-Alpes) avait refusé de marier une Française et un Tunisien en situation irrégulière, bien que le tribunal l’y contraigne. Le procureur de la République a finalement considéré, le lundi 3 août, son opposition au mariage comme fondée, dans un courrier que le Figaro a pu consulter. Le 8 août dernier, dans une vidéo publiée sur Facebook, elle a évoqué «une très bonne nouvelle après de longs mois de combat» et remercié le procureur pour cette décision.
«Cela confirme que les doutes qui pesaient sur la sincérité sur ce mariage étaient suffisamment fondés pour justifier cette opposition», affirme-t-elle dans cette séquence filmée. Au cours d’une investigation menée par ses services municipaux, Marlène Mourier avait observé plusieurs «incohérences» qui questionnaient «la réalité de ce projet matrimonial». Par ailleurs, le futur époux, qui avait été à la suite d’une erreur d’identité, considéré comme en situation régulière sur le sol français, ne l’était pas.
La preuve d’un «mariage de complaisance» et «insincère»
Bien décidée à empêcher cette union, l’édile menait une bataille judiciaire depuis l’automne 2024. Au mois de novembre de cette année-là, elle avait indiqué au procureur de Valence que le fiancé avait «avoué» lors d’un entretien avec la première adjointe qu’il souhaitait «se marier pour les papiers». La maire y voyait la preuve manifeste d’un «mariage de complaisance» et «insincère». Elle précisait au Figaro en juin dernier, qu’elle connaissait la conjointe, une femme de 49 ans, mère de six enfants et hébergée dans un foyer. Un profil social «fragile».
Aussi, dans sa vidéo Facebook, Marlène Mourier rappelle-t-elle qu’en leur qualité «d’officier d’état civil», les maires ont «un rôle essentiel dans la prévention des mariages frauduleux et la protection de l’intérêt général». Selon elle, il est de sa responsabilité d’agir afin de «protéger des personnes vulnérables qui peuvent se trouver malgré eux, sous l’emprise de réseaux ou de personnes mal intentionnées».
Récemment, l’édile a été confrontée à une nouvelle demande de mariage, impliquant une personne en situation irrégulière. Pour la troisième fois. Elle a déjà transmis les informations au parquet de Valence, réitérant son refus de célébrer le mariage. «Je m’obstine», affirme-t-elle. «C’est toujours le même scénario : une carte de séjour expirée, un couple qui se connaît depuis peu mais se dit très amoureux, une femme vulnérable...» Marlène Mourier plaide pour une modification de la législation, afin que les maires puissent refuser ces alliances frauduleuses.
En mai dernier, Emmanuel Macron, interpellé par Robert Ménard sur TF1 à ce sujet, s’était dit favorable à la proposition de loi visant à interdire le mariage d’étrangers en situation irrégulière. Le maire de Béziers est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Montpellier en septembre prochain pour avoir refusé de célébrer le mariage d’une citoyenne française et d’un ressortissant algérien sous le coup d’une OQTF en juillet 2023. Le chef de l’État a estimé qu’il était victime d’une situation «ubuesque parce que le droit est mal fait».


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