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Droit de vote : des immigrants veulent faire entendre leurs voix

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Il sera bientôt temps de voter pour élire les prochains représentants municipaux de l’Ontario. Pour certains, ce sera l’occasion d’exercer leur droit de vote pour la toute première fois. Cependant, bon nombre de résidents issus de l’immigration ne peuvent pas voter, n’ayant pas la citoyenneté canadienne. Ils espèrent tout de même que leurs besoins seront pris en compte.

Arielle Northcotte, résidente du Grand Sudbury, se souvient encore du jour où elle a pu voter pour la toute première fois.

Ça donne un sentiment de fierté, d’appartenance, lance-t-elle.

Mme Northcotte est originaire du Burundi, et a obtenu sa citoyenneté il y a maintenant plus de 10 ans. Intéressée par la politique depuis longtemps, elle se souvient avoir attendu avec impatience de pouvoir participer activement au choix des élus.

Portrait d'Arielle Northcotte portant des lunettes et une écharpe autour du coup.

Arielle Northcotte peut voter au Canada depuis maintenant une dizaine d'années.

Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo

Je comptais mes jours pour savoir quand est-ce que ça va être mon tour aussi de voter. Je m’y intéressais et j’étudiais le système de vote canadien.

Pour elle, il est important d’avoir une voix.

Un besoin de représentativité des immigrants

Lors du recensement de 2021, la région métropolitaine du Grand Sudbury comptait un total de 9 985 immigrants, ce qui représentait environ 6 % de sa population totale.

Pour être en mesure de voter en Ontario, les résidents doivent remplir trois conditions : avoir 18 ans ou plus, résider en Ontario, et avoir la citoyenneté canadienne.

Portrait de Joël Bikakala dans son salon de coiffure.

Joël Bikakala estime que, bien que les personnes immigrantes ne puissent pas voter, elles peuvent toujours rencontrer les élus, une fois en poste.

Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo

Joël Bikakala, propriétaire de BK Hair Salon, un salon de coiffure mixte basé dans le Grand Sudbury n’a pas la citoyenneté canadienne, et ne peut donc pas voter. Il souhaite toutefois que les électeurs considèrent les besoins des immigrants comme lui, lorsqu’ils feront leur choix.

Je veux plus demander et encourager ceux qui sont en train de voter de pouvoir voter parce que ce qu’ils font, ce n’est pas juste pour eux, c’est pour nous tous qui sommes dans la région, affirme-t-il.

Leur responsabilité c’est d’aller voter pour nous, ce n’est pas juste pour eux.

Pour sa part, Raymond Lionel Ndoumba, secrétaire général de l’Association ethnoculturelle des Camerounais du Grand Sudbury, a d’autres voies et moyens pour se faire entendre.

Portrait de Raymond Lionel Ndoumba dans un stationnement.

Raymond Lionel Ndoumba estime qu’un immigrant a de nombreuses alternatives pour faire entendre sa voix.

Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo

 Faire entendre nos revendications, ce n’est pas forcément par le vote , dit-il.

Dans l’association, nous travaillons beaucoup avec les organismes d’établissement, avec la Ville pour que les personnes qui sont déjà votées puissent penser également aux besoins des nouveaux arrivants [comme] le logement, l’accès à l’emploi, renchérit-il.

Il a tout de même vivement hâte de pouvoir exprimer son droit de vote le moment venu.

Voter est un honneur

Elsa McGregor, étudiante à l’université Laurentienne, a eu 18 ans cette année, et remplit désormais toutes les conditions pour être en mesure de voter en Ontario.

C’est un honneur , dit-elle, reconnaissant qu’il y a plusieurs personnes de son âge qui ne peuvent pas voter.

Avoir la chance de voter est important parce que, là on peut voir ce [dont] nous avons besoin dans notre communauté et ensuite essayer de s’aligner avec quelqu’un qui est en accord avec nous , poursuit-elle.

Originaire de Wawa, dans le Nord de l’Ontario, Mme McGregor espère que son vote pourra profiter à plusieurs.

Ce n’est pas juste moi qui vis au Canada ou qui vis dans cette communauté, et je dirais que tout le monde devrait avoir une chance d’avoir une voix, affirme-t-elle.

Portrait selfie de Elsa McGregor.

Elsa McGregor a toujours été intéressée par la politique.

Photo : Gracieuseté d'Elsa McGregor

Gilles Levasseur, professeur de gestion et de droit à l’Université d’Ottawa, explique que prendre en compte les besoins de tous ceux qui constituent une communauté est utile pour tous.

Quand on gère bien les programmes des nouveaux arrivants, ça aide tout le monde parce que ça coupe sur les problèmes, conclut-il.

Près de 11 400 citoyens du Grand Sudbury ont déjà exercé leur droit de vote par anticipation en vue des élections du 26 octobre.

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