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Une note officielle de la Direction Générale des Douanes du Cameroun, datée du 19 mai 2026 et signée de Fongod Edwin Nuvaga, ordonne à Orange Cameroun, MTN Cameroun et Camtel de bloquer tous les terminaux non dédouanés à partir du lundi 25 mai 2026. Le ton du document, autant que son contenu, provoque une vive réaction dans les milieux économiques.
Une semaine pour bloquer des millions de terminaux
Le document est court. Moins d’une page. Mais il est dense.
Se fondant sur l’article 6 de la loi de finances 2023 et la décision conjointe N°00000145/MINFI/MINPOSTEL du 25 mars 2026, la Direction Générale des Douanes demande aux trois opérateurs de « passer au blocage effectif » de tout terminal importé non répertorié sur la plateforme d’identification matérielle, communément appelée LNAC. Délai accordé : quelques jours, à compter du 25 mai.
Le passage qui fait le plus réagir est celui-ci : « toute connexion au réseau local d’un terminal non dédouané engage la responsabilité de la société de téléphonie permissive. » Le mot « permissive » a été relevé par plusieurs observateurs du secteur. Il place les opérateurs dans une posture de suspects potentiels, alors qu’Orange, MTN et Camtel figurent parmi les plus grands contributeurs fiscaux du pays, avec des investissements cumulés se chiffrant en centaines de milliards de FCFA.
Personne n’a demandé leur avis.
Le fond du problème dépasse la forme
La légitimité de l’État à percevoir ses taxes sur les terminaux importés ne fait pas débat. C’est son droit. C’est même son devoir.
Mais le mécanisme choisi pose une question sérieuse : si des téléphones entrent en masse sur le territoire sans être dédouanés, c’est d’abord une faille aux frontières. Pourtant, la réponse administrative consiste à transférer la charge du contrôle sur les réseaux privés, sous menace de mise en cause directe.
Aboa Elo Pypo’o, spécialiste en marketing management et promoteur du Forum International des Investissements Directs Étrangers (FIIDE), dénonce « une culture de la confrontation » incompatible avec l’attractivité économique. Pour lui, un investisseur étranger qui observe ce type d’échange entre l’État et ses partenaires privés « range son carnet de chèques et s’en va. »
C’est un diagnostic dur. Pas forcément faux.
On ne sait pas encore comment Orange, MTN et Camtel entendent répondre officiellement à cette injonction, ni si des discussions techniques ont été engagées en parallèle avec les ministères en copie, le MINFI et le MINPOSTEL.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.


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