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Le préfet du département du Wouri a adressé un courrier officiel au ministre de l’Administration territoriale à Yaoundé, dénonçant ce qu’il appelle une « machination savamment orchestrée » par le gouverneur de la Région du Littoral. Au cœur du dossier : un litige foncier au lieu-dit Japoma-Bakoko, à Douala, et des accusations graves entre deux hauts responsables de l’État camerounais.
Une lettre officielle qui accuse nommément
Le document, référencé N°/2026/L/C19/SP et daté de Douala, est signé du préfet lui-même. Le ton est direct, presque inhabituel pour un courrier administratif.
Le préfet affirme que certains chefs de cantons du Wouri ont été « manipulés » pour rédiger une pétition contre lui, au sujet d’une prétendue spoliation du domaine public routier à Japoma-Bakoko. Un terrain d’environ 4 000 m², précise-t-il.
Mais là où le document devient explosif, c’est quand il pointe le gouverneur du Littoral. Selon le préfet, ce dernier aurait profité d’un passage à l’aéroport international de Douala, il y a environ deux semaines, pour réunir des chefs du Ngondo et leur « demander d’écrire un pamphlet » contre sa personne. Une accusation lourde. Très lourde.
Il cite également un certain Nguefack Maurice, qu’il qualifie de « sulfureux prédateur foncier », comme partie prenante du litige aux côtés des attributaires des autorisations d’occupation du domaine public contestées.
Un préfet qui se défend, et réclame une enquête
La posture du préfet dans ce courrier est celle d’un homme qui se sait visé. « Le préfet du Wouri n’a jamais été un acteur de spoliation foncière à Douala », écrit-il. Et il va plus loin : « ma mort viendrait de ce que j’ai refusé de pactiser avec ce cartel de prédateurs fonciers. »
On ne sait pas encore quelle suite le ministre donnera à cette saisine. Mais la demande est claire : le préfet réclame l’ouverture d’une enquête officielle.
Ce qui frappe dans ce document, c’est moins la querelle foncière elle-même que la guerre ouverte qu’il révèle entre deux échelons de l’administration déconcentrée camerounaise. Un préfet contre son gouverneur. Par courrier officiel. Rendu public.
Le signal est clair : quelque chose s’est gravement rompu dans la chaîne de commandement administrative au Littoral.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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