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Quinze jours. C’est le délai fixé par l’hôpital Laquintinie de Douala pour que les familles viennent réclamer les corps de leurs proches, faute de quoi l’inhumation administrative sera engagée. Le communiqué signé par la Directrice, Dr Ndom Marie Solange, fait suite à une instruction du Préfet du Wouri datée du 2 septembre 2026.
Des dizaines de dépouilles jamais réclamées
Les chiffres donnent le vertige. Sur la seule liste des corps abandonnés couvrant janvier 2025 à juin 2026, on compte 41 dépouilles, dont une majorité de nouveau-nés et de patients désignés comme « Patient X », faute d’identification. La liste des corps sous réquisition, elle, s’étend de juillet 2024 à août 2026 et regroupe pas moins de 76 cas, souvent liés à des découvertes macabres, des accidents ou des morts suspectes signalées par la police, la gendarmerie ou différentes brigades de la ville.
Le chiffre fait mal quand on sait que dix-neuf autres corps concernent des personnes privées de liberté, décédées entre janvier 2025 et août 2026 dans les prisons centrales de Douala, notamment celle de New Bell.
Franchement, quand on aligne ces trois listes, on comprend vite que la morgue de Laquintinie tourne à saturation depuis des mois.
Les familles doivent se présenter à la guérite principale, au babillard de la morgue ou consulter la page Facebook officielle de l’hôpital, munies de pièces justificatives.
Un problème qui dépasse la seule morgue
Ça pose question sur ce que ces chiffres révèlent vraiment de la ville. Des noms comme Dmitry Smirnov, mort le 23 août 2026 dans des circonstances qualifiées de « découverte macabre avec main-levée », côtoient des dizaines de nourrissons jamais réclamés par leurs familles. Difficile de ne pas y voir un signe des tensions sociales et économiques qui pèsent sur Douala, où même organiser des obsèques dignes devient un fardeau pour certains foyers.
L’administration promet le respect de la dignité humaine dans la procédure d’inhumation administrative. Mais quinze jours, c’est court pour des familles parfois dispersées, parfois simplement dans l’ignorance du décès d’un proche.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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