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Le président américain a fait état de « grands progrès » dans les négociations avec Téhéran. Plus tôt dans la journée, le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, avait affirmé que la phase offensive du conflit avec l’Iran était terminée.

Un officier de la marine américaine à bord de l’« USS Tripoli » lors de l’opération « Projet liberté » dans le détroit d’Ormuz. (Image mise à disposition par l’armée américaine le 5 mai 2026.) Un officier de la marine américaine à bord de l’« USS Tripoli » lors de l’opération « Projet liberté » dans le détroit d’Ormuz. (Image mise à disposition par l’armée américaine le 5 mai 2026.)

Le « Projet liberté » de Donald Trump aura été activé à peine plus d’une journée. Le président américain a annoncé, mardi 5 mai dans la soirée, la suspension de l’opération militaire d’escorte de navires dans le détroit d’Ormuz. Le républicain a invoqué une avancée des négociations avec l’Iran pour justifier sa décision.

Compte tenu des « grands progrès accomplis en vue d’un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens », le « Projet liberté (…) sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l’accord peut être finalisé et signé », a écrit le républicain sur son réseau Truth Social. Il a précisé que le blocus américain des ports iraniens – entré en vigueur le 13 avril – était maintenu, et que cette pause avait été décidée à « la demande du Pakistan et d’autres pays ».

Depuis le début de la guerre lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, Téhéran contrôle le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures. Lancé lundi, le « projet liberté » devait permettre à des centaines de bateaux bloqués dans le Golfe de franchir en sécurité cette voie maritime.

Les gardiens de la révolution, armée idéologique de l’Iran, ont menacé d’une « riposte ferme » tout navire qui ne se conformerait pas aux règles de passage imposées par Téhéran dans le détroit d’Ormuz. Les Etats-Unis ne peuvent pas « laisser l’Iran bloquer une voie de navigation internationale », a insisté le secrétaire à la défense américain, Pete Hegseth.

L’opération « Fureur épique » est finie

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a annoncé que les Etats-Unis proposeraient une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU pour « défendre la liberté de navigation et sécuriser le détroit d’Ormuz ». Le projet de résolution, rédigé aux côtés de Bahreïn, de l’Arabie saoudite, des Emirats, du Koweït et du Qatar, « exige que l’Iran cesse les attaques, le minage et tout péage » dans le détroit, précise le secrétaire d’Etat.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, accusé les Etats-Unis et leurs alliés de « mettre en péril » la sécurité du transport maritime. Le commandement américain pour la région (Centcom) assure, malgré les démentis iraniens, que deux navires marchands battant pavillon américain ont franchi, lundi, le détroit d’Ormuz sous escorte militaire. Le géant danois du transport Maersk a également annoncé la sortie, lundi, d’un de ses bateaux, « accompagné de moyens militaires américains », coincé dans le Golfe depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, Marco Rubio a assuré, dans la journée de mardi, que la phase offensive du conflit avec l’Iran était terminée. « L’opération est finie – “Fureur épique” – comme le président l’a signifié au Congrès. Nous avons passé ce stade », a affirmé Marco Rubio, lors d’un point presse à la Maison Blanche, utilisant le nom de code donné par les Etats-Unis à leurs opérations. Le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, a cependant averti que l’armée était « prête à reprendre des opérations majeures de combat ».

L’Iran nie avoir lancé des frappes sur les Emirats arabes unis

Selon le Centcom, l’Iran a tiré, lundi, des missiles et drones contre des bâtiments militaires américains, qui ont été interceptés. Téhéran a aussi été accusé d’avoir ciblé les Emirats arabes unis, dans la première attaque contre un pays du Golfe depuis la trêve, ce qu’un haut responsable militaire iranien a démenti mardi soir.

Les forces iraniennes « n’ont mené aucune opération de missiles ou de drones contre les Emirats arabes unis ces derniers jours », a affirmé le porte-parole du quartier général du commandement militaire iranien. Plus tôt, les Emirats avaient dit avoir à nouveau activé leurs défenses aériennes pour intercepter des missiles et drones tirés selon eux depuis l’Iran.

Donald Trump a mis en garde Téhéran au lendemain de ces accrochages en mer et de ces attaques contre les Emirats arabes unis imputés à l’Iran. « Ils savent ce qu’ils ont à faire et (…) ce qu’ils ne doivent pas faire », a affirmé le président américain, qui s’est toutefois abstenu d’accuser Téhéran d’avoir violé la trêve en vigueur depuis le 8 avril.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré, mardi, que son pays était « prêt à tout dialogue ». Mais « il n’a jamais cédé et ne cédera jamais à la force », a-t-il ajouté. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, s’est rendu à Pékin où il s’est entretenu, mercredi, avec son homologue chinois, Wang Yi, a rapporté l’agence étatique Chine Nouvelle, sans fournir plus de détails. Cette visite intervient en amont de celle de Donald Trump à Pékin, prévue les 14 et 15 mai, où il s’entretiendra avec le président chinois, Xi Jinping.

Le Monde avec AFP