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Il y a quelques jours, Donald Trump a lancé une nouvelle bombe sur son canal de communication privilégié, Truth Social. Il a annoncé que les États-Unis allaient "réduire considérablement" leur participation aux exercices militaires menés conjointement avec la Corée du Sud. Pour justifier cette décision, Donald Trump a évoqué le coût de ces opérations, ainsi que le "signal totalement inapproprié et hostile" envoyé à la Corée du Nord qui, "depuis que Donald Trump est président, s'est montrée non menaçante et respectueuse", a-t-il ajouté. La veille, il a d'ailleurs partagé un cliché de sa rencontre avec le dictateur Kim Jong-Un en 2019, affirmant qu'ils entretenaient une très bonne relation.
Pourtant, la Corée du Nord a multiplié les essais de missiles nucléaires et s'implique de plus en plus dans la guerre contre l'Ukraine et ses alliés occidentaux, dont font partie les États-Unis. Les exercices militaires prévus cette année prévoient d'ailleurs de tenir compte de l'expérience acquise par les forces de Pyongyang aux côtés des Russes sur le front ukrainien. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a en outre déclaré à son homologue nord-coréen que leurs États œuvraient à l'instauration d'un "nouvel ordre mondial juste".
Le malaise de Séoul
L'annonce de Donald Trump a eu l'effet d'une douche froide pour la Corée du Sud, qui s'est empressée de confirmer que les manœuvres avaient commencé "comme prévu" et que les deux alliés maintiendraient "une coordination étroite pour conserver une posture de défense commune solide". Séoul a également dit espérer que "la relation amicale entre les dirigeants des États-Unis et de la Corée du Nord conduira à un dialogue constructif". Et assuré que ces exercices n'avaient pas pour but d'attaquer sa voisine septentrionale.
"C'est très spécial": comment la Corée du Sud a flatté Trump"Ces exercices militaires ont lieu chaque année, parfois plusieurs fois par an. Ces coûts ne sont donc pas nouveaux. L'argent est là, les Américains décident juste où le dépenser. Je ne pense pas que les coûts soient la raison principale de la limitation de la participation américaine à ces manœuvres. C'est juste un prétexte", analyse Morgane Ghys, chercheuse en politique internationale à l'Université libre de Bruxelles.
Selon elle, cette décision découle davantage du refus de la Corée du Sud de donner aux États-Unis "un petit coup de main" pour "l'opération militaire très facile en Iran", comme l'avait présentée Donald Trump.
Une décision sur fond de rivalité avec la Chine
Mais la perspective d'un rapprochement potentiel entre Washington et Pyongyang pourrait également s'expliquer par la rivalité entre les États-Unis et la Chine. "La Corée du Nord est un partenaire historique de la Chine. On voit qu'à chaque fois que les États-Unis se rapprochent de la Corée du Nord, Pékin va elle aussi raviver sa relation. Il me semble donc que l'idée de Donald Trump est de se rapprocher d'un allié de la Chine, afin qu'elle ait potentiellement un soutien en moins", précise Morgane Ghys.
Trump continue son offensive contre PékinToutefois, un tel objectif serait difficilement atteignable, étant donné que Donald Trump exerce son deuxième mandat présidentiel et ne pourra donc pas être réélu. "Or, ce genre de rapprochement se fait sur plusieurs années", souligne Morgane Ghys. Et d'ajouter que, même en cas de nouvelle victoire du Parti républicain, il n'est pas certain qu'un tel rapprochement puisse se poursuivre, notamment pour des raisons idéologiques.
"Les Nord-Coréens sont communistes et il y a tout l'historique entre les deux pays. De plus, la Corée du Sud est quand même un allié militaire et économique des États-Unis. S'allier à la Corée du Nord et mettre la Corée du Sud de côté n'a pas vraiment de sens."
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