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Selon la Maison Blanche, le but est d’« encourager la production » de drones aux Etats-Unis, de « réduire la dépendance » à des fournisseurs étrangers et de protéger la sécurité nationale du pays.
Essai d’un drone de police dans le centre-ville de Denver (Etats-Unis), sur une photo fournie par DJI Technology en février 2017. Donald Trump a signé, jeudi 13 août, une « proclamation » présidentielle annonçant des droits de douane allant jusqu’à 100 % sur les importations de drones et de composants de drones. Le président américain a justifié cette décision par la protection de la sécurité nationale des Etats-Unis, dans ce texte publié par la Maison Blanche, alors que l’industrie des drones est dominée par la Chine.
Une taxe de 100 % doit s’appliquer pour les drones dont le poids au décollage dépasse 25 kilogrammes, pour ceux équipés de caméras thermiques, pour les stations d’accueil pour drones et pour certains composants. Un droit de douane de 25 % est prévu pour les drones plus petits.
Cela signifie que sont « surtout visés les drones industriels et commerciaux » et moins ceux destinés au grand public, souligne auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Clayton Swope, spécialiste au sein du centre de réflexion américain Center for Strategic and International Studies (CSIS).
Le but, selon Donald Trump, est d’« encourager la production » de drones aux Etats-Unis et de « réduire la dépendance » à des fournisseurs étrangers. Ces nouveaux droits de douane doivent pour la plupart entrer en vigueur le 3 septembre. L’industrie américaine « n’a souvent pas été compétitive en termes de coûts face aux drones fabriqués à l’étranger », explique Clayton Swope.
Les produits de la société chinoise DJI très populaires
La société chinoise DJI, fondée en 2006, a obtenu plus des deux tiers des marchés mondiaux des drones ces dernières années, selon plusieurs études. Ses produits sont très populaires dans le monde entier, jusqu’à la ligne de front entre l’Ukraine et la Russie.
Il est « essentiel que l’Amérique puisse produire ses propres drones sans pièces ou même matériaux venus de Chine », souligne, auprès de l’AFP, Joshua Steinman, un ancien responsable du Conseil de sécurité national de la Maison Blanche, chargé de la sécurité des chaînes d’approvisionnement.
Dans une note officielle de décembre 2025, le gouvernement américain établissait le besoin de construire des drones et leurs composants aux Etats-Unis, ce qui « réduirait le risque d’attaque directe et de perturbation par des drones, de surveillance non autorisée, d’exfiltration de données sensibles et d’autres risques à la patrie. » Cette « résolution de sécurité nationale » soulignait aussi que les drones sont, de manière « inhérente », à double usage : la plupart des drones, même vendus pour un usage civil, peuvent être utilisés de manière militaire. La guerre en Ukraine a montré l’importance capitale de ces appareils sans pilote sur les champs de bataille actuels.
A la suite de cette résolution de décembre, le régulateur américain des télécommunications, la FCC, a ajouté les drones et leurs composants à une liste qui permettrait d’interdire leur importation à l’avenir, même si pour l’instant, « les appareils déjà autorisés peuvent continuer à être utilisés. »
Restrictions
Le leader chinois DJI est depuis plusieurs années dans le collimateur de Washington, qui lui a reproché d’avoir fourni des produits pour la surveillance des minorités ethniques en Chine, en particulier les Ouïghours.
L’entreprise est depuis 2022 sur la liste américaine des entreprises chinoises liées à son armée, et qui font dès lors l’objet de restrictions dans l’accès aux technologies américaines. DJI s’était battu en 2024 contre sa présence sur cette liste, assurant n’être « ni détenu ni contrôlé par l’armée chinoise. »
Parce que Washington craint que les drones « aient des portes dérobées qui permettent un espionnage à distance », Clayton Swope précise que nombre de règles limitent déjà la possibilité pour le gouvernement fédéral, et donc l’armée américaine, de s’équiper en drones étrangers.
Le Monde avec AFP


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