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La trêve s'est jouée au téléphone. Tout au long du printemps 2025, J.D. Vance, vice-président des États-Unis et étoile montante du camp Trump, multiplie les appels pour éteindre un incendie politique, et pour cause: entre Elon Musk et Donald Trump, le torchon brûle. Le plus puissant soutien financier du président américain menace de fonder son propre parti, l'America Party, tournant le dos au mouvement MAGA qu'il avait pourtant contribué à financer.
À la Maison-Blanche, la crise prend des allures de cauchemar stratégique. La rupture avec Elon Musk risque de diviser l'électorat conservateur et de saboter les ambitions républicaines pour les élections de mi-mandat de 2026. Pour J.D. Vance, l'enjeu dépasse de loin la simple querelle d'ego: il s'agit de préserver l'alliance entre le populisme trumpien et le libertarisme technologique, d'autant que le vice-président a des vues sur la prochaine élection présidentielle.
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Les tensions s'étaient accumulées depuis le fiasco du programme DOGE (Department of Government Efficiency), la grande initiative confiée à Elon Musk pour «rationaliser» l'État fédéral. Lancée comme un projet révolutionnaire de réduction des coûts publics, DOGE s'était transformée en cauchemar administratif et politique, multipliant les coupes à l'aveugle et les licenciements massifs, détruisant des agences entières, comme ce fut le cas avec USAID.
Le milliardaire, habitué au rythme frénétique de la Silicon Valley, n'avait pas supporté les lenteurs de la bureaucratie américaine. Ses piques répétées contre Donald Trump sur son réseau social X avaient achevé de tendre la relation. «Il voulait découper le gouvernement comme on restructure une start-up, raconte un ancien haut fonctionnaire au Washington Post. Mais l'État n'est pas Tesla.»
J.D. Vance, médiateur et héritier présumé
C'est le vice-président Vance qui, en coulisses, a orchestré la réconciliation. Ancien investisseur de la tech et admirateur d'Elon Musk, il aurait convaincu Donald Trump de rétablir la nomination de Jared Isaacman, un proche du milliardaire, à la tête de la NASA –un geste symbolique mais décisif.
En novembre, les deux amis semblent s'être rabibochés: Elon Musk réapparaît au dîner d'État en l'honneur du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, à la Maison-Blanche. L'alliance Trump-Musk renaît, mais un fond de méfiance réciproque demeure, la lune de miel est terminée. Malgré ce rapprochement, les deux camps le savent, la paix entre les deux hommes est précaire. Un conseiller républicain résume la situation: «Oui, nous voulons son argent, mais pas ses tweets.»
Après des mois de brouille, Elon Musk s'est donc remis à jouer les stratèges de l'ombre. En novembre, il tenait une visioconférence devant les anciens cadres du DOGE à Bastrop, au Texas. Le message, rapporté par Politico, tient du manifeste: Elon Musk prédit un cycle de douze ans au cours duquel J.D. Vance succéderait pour deux mandats consécutifs à Donald Trump. «Il aime se vivre en faiseur de rois, confie un proche. Et être faiseur de rois, c'est faire comprendre aux gens qu'au fond c'est vous le roi.»
Pour J.D. Vance, la médiation entre Donald Trump et Elon Musk n'est pas qu'un acte diplomatique et désintéressé, c'est une mise en orbite présidentielle. Le patron de Tesla voit le vice-président comme un successeur naturel de Donald Trump et J.D. Vance compte bien en profiter. Mais cette amitié pourrait se retourner contre lui: l'association trop étroite avec Elon Musk risquerait d'éroder son image de populiste proche du peuple. Dans l'Amérique post-Trump, s'afficher ami des milliardaires pourrait être une arme à double tranchant.





























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