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«Donald Trump devrait faire attention» : la mise en garde de Michel-Édouard Leclerc face aux menaces qui visent le vin français

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«À force de nous menacer, nos vins de Bordeaux, nos vins de Bourgogne, il ne doit pas oublier qu’il y a 4000 entreprises américaines en France», a souligné le président du comité stratégique des centres E. Leclerc.

«À force de nous menacer, nos vins de Bordeaux, nos vins de Bourgogne, il ne doit pas oublier qu’il y a 4000 entreprises américaines en France», a souligné le président du comité stratégique des centres E. Leclerc. Tom Nicholson / REUTERS

«En France, on aime les Américains et le mythe américain», a rappelé le patron du comité stratégique des centres E. Leclerc, avant de rappeler la réalité du rapport de force économique de part et d’autre de l’Atlantique.

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Quand un patron français de la grande distribution hausse le ton contre la politique douanière erratique de Donald Trump. Invité sur CNews ce lundi matin, Michel-Édouard Leclerc, le patron du comité stratégique des centres E. Leclerc, n’a pas mâché ses mots face aux menaces incessantes de l’irascible président américain contre la production viticole française. «Donald Trump devrait faire attention», a-t-il lancé, rappelant le poids du marché européen pour les exportations américaines, de même qu’un chiffre trop souvent oublié : 4000 entreprises américaines sont actives - et prospèrent - aujourd’hui dans l’Hexagone.

Une remarque au parfum d’ultimatum qui répond à la dernière saillie, ce lundi, du locataire de la Maison-Blanche. Dans un entretien publié dans les colonnes du New York Post quelques heures avant l’ouverture du sommet du G7 à Évian-les-Bains (Auvergne-Rhône-Alpes), Donald Trump a en effet prévenu que si Paris ne renonçait pas à sa «taxe Gafa» - qui prélève à hauteur de 3% de leur chiffre d’affaires les géants du numérique opérant en France -, il «n’aurait pas d’autre choix» que d’imposer des droits de douane de 100% sur les vins et champagnes français.

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«J’ai demandé (à Emmanuel Macron, NDLR) de ne pas taxer les entreprises américaines, et s’ils le font, je n’aurai d’autre choix que d’imposer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins importés de France», a-t-il insisté. «Il lui suffit de supprimer la TVA, et il n’aura plus ce genre de pression.» La menace n’est pas nouvelle : Donald Trump s’en était déjà pris au secteur viticole tricolore en mars 2025, en plein bras de fer commercial avec Bruxelles, menaçant de surtaxer à hauteur de 200% les vins et autres boissons alcoolisées importées depuis le Vieux continent.

«Mettez là en veilleuse!»

Cette fois-ci cependant, le ton n’a visiblement pas été du goût du président du comité stratégique des centres E. Leclerc. «En France, on aime les Américains et le mythe américain, et il ne s’en rend pas compte (...). J’espère qu’il va le comprendre», a insisté Michel-Édouard Leclerc. Le dirigeant a ensuite rappelé la réalité du rapport de force commercial : «À force de nous menacer, nos vins de Bordeaux, nos vins de Bourgogne, il ne doit pas oublier qu’il y a 4000 entreprises américaines en France. Nous sommes (l’Europe, NDLR) le plus gros marché du monde». Et de citer l’exemple du groupe américain Otis, leader mondial des ascenseurs et très présent en France. «S’il exagère trop, il faut que tous les entrepreneurs français mobilisent les entreprises américaines en France pour écrire aux Républicains américains afin qu’ils lui disent “mettez là en veilleuse!”»

Une position reprise à son compte quelques heures plus tard par Emmanuel Macron, depuis le sommet du G7. «Cette taxe numérique, les Européens l’ont décidée, plusieurs pays l’ont mise en œuvre, elle fait partie de notre droit. Ce n’est pas les États-Unis qui décident pour le droit des Européens, ni des Français», a-t-il tranché sur la chaîne TF1, appelant à «une discussion respectueuse mais ferme» avec Donald Trump. Pour rappel, le marché américain absorbe environ un cinquième des exportations de vins français, soit plus de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an, selon les données les plus récentes.

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