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CNN a confirmé mardi que la CIA avait mené une frappe de drone sur le territoire vénézuélien le 24 décembre, corroborant ainsi une déclaration faite la semaine dernière par le président américain Donald Trump.
Cette attaque constitue une escalade criminelle de la guerre non déclarée que les États-Unis mènent contre le Venezuela, une guerre d'agression qui comprend l'imposition d'un blocus effectif et une série d'assassinats dans les eaux internationales au large des côtes vénézuéliennes, qui ont fait au moins 107 morts en 30 frappes depuis septembre.
La frappe de la veille de Noël, qui a eu lieu sur une installation portuaire, est la première attaque aérienne à l'intérieur du Venezuela depuis le début du renforcement militaire américain dans la région en août.
Les États-Unis ont rassemblé la plus grande force militaire dans les Caraïbes depuis la crise des missiles de 1962 à Cuba. Selon le Commandement Sud des États-Unis, environ 15 000 militaires opèrent actuellement dans la région. L'armada comprend plus d'une douzaine de grands navires de guerre, menés par l'USS Gerald R. Ford, le plus gros porte-avions du monde, et deux navires d'assaut amphibies transportant des milliers de Marines.
Le peuple américain s'oppose massivement à une guerre des États-Unis au Venezuela. Un sondage CBS News/YouGov a révélé que 70 % des personnes interrogées s'opposent à une action militaire américaine, contre seulement 30 % qui y sont favorables. Trump cherche à intensifier ce conflit pendant les vacances de Noël et du Nouvel An, espérant que la population ne s'en apercevra pas. Il est soutenu par les médias américains et une classe dirigeante unie derrière la volonté de réaffirmer l'hégémonie des États-Unis en Amérique latine.
Le fait que les États-Unis aient lancé une frappe aérienne contre une nation souveraine – un acte de guerre au regard du droit international – n'a suscité aucune discussion sérieuse au sein de la classe politique ou des médias bourgeois. L'attaque a été reléguée à de petits titres en première page des journaux et n'apparaissait même pas en première page du Washington Post mardi soir.
Trump a révélé pour la première fois cette frappe lors d'une interview à la radio le 26 décembre, déclarant à un milliardaire républicain qui anime une émission de radio à New York que les États-Unis avaient détruit « une grande usine ou installation d'où proviennent les navires ».
Des responsables de la CIA ont déclaré aux médias américains que cette frappe visait à envoyer un message à Maduro, lui indiquant que les États-Unis étaient capables de l'assassiner. La décision de Trump de révéler publiquement cette frappe envoie « un message sérieux à Maduro », lui indiquant que « les États-Unis peuvent l'atteindre quand ils le souhaitent », selon Rick de la Torre, ancien chef de la CIA en Amérique latine, s'exprimant dans USA Today.
Elliott Abrams, premier envoyé spécial de l'administration Trump pour le Venezuela, a expliqué les efforts déployés par l'administration Trump pour changer le régime au Venezuela. « L'économie du Venezuela va se détériorer, les finances du régime Maduro vont se détériorer, ce qui va accroître la pression publique et la pression interne au sein du régime, au point qu'à un moment donné, il y aura soit des manifestations de masse, soit quelqu'un dans l'armée agira » pour renverser le gouvernement.
La frappe de drone s'inscrit dans le cadre d'une campagne de piraterie en haute mer. Les États-Unis ont saisi plusieurs pétroliers transportant du brut vénézuélien, imposant ainsi un blocus effectif de la principale source de revenus du pays. Un pétrolier saisi au début du mois, le Centuries, transportait du pétrole brut vénézuélien acheté par une société commerciale chinoise. Un autre pétrolier, le Bella 1, fuit la poursuite des garde-côtes américains depuis le 21 décembre. Alors que le navire prenait la fuite, l'équipage a peint un drapeau russe sur le côté, dans une tentative apparente de revendiquer la protection de la Russie.
Le fait que la Russie et la Chine soient entraînées dans l'attaque américaine contre le Venezuela démontre qu'il ne s'agit pas simplement d'une opération régionale, mais d'une confrontation mondiale plus large. Cette escalade intervient alors que les États-Unis et les puissances européennes provoquent des guerres partout dans le monde. Les puissances européennes discutent ouvertement de l'envoi de troupes en Ukraine. La guerre qui est actuellement engagée contre le Venezuela pourrait s'étendre bien au-delà de l'Amérique latine.
La stratégie de Trump visant l'Amérique latine a pour objectif de fournir une base de pouvoir pour mener des guerres partout dans le monde. La stratégie de sécurité nationale de l'administration appelle explicitement à « restaurer la prééminence des États-Unis dans l'hémisphère occidental » et à empêcher la Chine « de posséder ou de contrôler des actifs stratégiquement vitaux dans notre hémisphère ». Le document affirme en effet la propriété des États-Unis sur deux continents – présentés comme « notre hémisphère » – dont Washington entend s'emparer des ressources pour en faire une base arrière pour la confrontation avec la Russie et la Chine.
Malgré l'affirmation de Trump selon laquelle la guerre contre le Venezuela est menée pour mettre fin au trafic de drogue, le Venezuela n'est pas un grand producteur de stupéfiants. Le prétexte de la « guerre contre la drogue » est une supercherie évidente qui cache le véritable objectif : le renversement du gouvernement vénézuélien et la saisie des vastes réserves pétrolières du pays. Trump n'a pas caché son intention de poursuivre un changement de régime au Venezuela, déclarant que les jours de Maduro « sont comptés ».
Le Parti démocrate n'a opposé aucune résistance significative aux actions de Trump. Le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, s'est contenté de déclarer que « Trump doit être franc avec le peuple américain et expliquer sa stratégie ». Mais Schumer, à l'instar d'autres dirigeants démocrates, a clairement exprimé son souhait de voir Maduro destitué.
Interrogé au début du mois sur son opposition à un changement de régime au Venezuela, Schumer a répondu : « Vous savez, évidemment, si Maduro s'enfuyait de lui-même, tout le monde serait content. » Le sénateur Mark Warner de Virginie, démocrate de haut rang au sein de la commission sénatoriale du renseignement, était l'invité dimanche de l'émission « This Week » sur ABC. Lorsque l'animatrice Martha Raddatz a demandé à Warner s'il était « d'accord » avec « les efforts de Trump pour renverser le dictateur » Maduro, Warner a répondu : « Je suis d'accord pour dire que le peuple vénézuélien veut que Maduro s'en aille. » Les dirigeants démocrates soutiennent largement l'escalade contre le Venezuela, même s'ils critiquent Trump pour ne pas être suffisamment agressif envers la Russie et la Chine.
L'aile dite « progressiste » du Parti démocrate est tout aussi silencieuse. Ni le sénateur Bernie Sanders ni la représentante Alexandria Ocasio-Cortez n'ont fait de déclaration sur le Venezuela depuis que Trump a annoncé les frappes. Il n'y a eu aucun appel à des audiences au Congrès, aucune demande d'enquête sur la légalité des attaques, aucune législation visant à mettre fin à l'escalade militaire. Les démocrates ont terminé l'année en s'associant aux républicains pour adopter la loi sur l'autorisation de la défense nationale, d'un montant de 901 milliards de dollars, qui finance l'appareil militaire actuellement utilisé pour faire la guerre au Venezuela.
L'année 2025 a été une année de guerre : génocide soutenu par les États-Unis à Gaza, escalade des États-Unis et de l'OTAN en Ukraine, renforcement militaire américain à travers le monde. La frappe de drone de Trump sur le Venezuela montre clairement que les États-Unis ont l'intention de mener la guerre partout dans le monde au cours de la nouvelle année.


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