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Selon le président américain, ces exercices, qui ont commencé lundi, sont « coûteux » et « envoient un signal totalement inapproprié et hostile » envers Pyongyang. Séoul a annoncé que ces manœuvres avec les Etats-Unis ont commencé « comme prévu ».

Des manifestants sud-coréens protestent devant l’ambassade des Etats-Unis à Séoul, contre les prochains exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, le 4 août 2026. Des manifestants sud-coréens protestent devant l’ambassade des Etats-Unis à Séoul, contre les prochains exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, le 4 août 2026.

La déclaration est aussi tardive que surprenante. Alors que des exercices militaires conjoints avec l’allié historique sud-coréen étaient sur le point de commencer, le président américain, Donald Trump, a annoncé, dimanche 16 août, avoir demandé à réduire l’ampleur de ces manœuvres en raison de sa « très bonne relation avec Kim Jong-un », le dirigeant de la Corée du Nord.

Le républicain dénonce, sur sa plateforme Truth Social, des exercices « non seulement coûteux » et qui selon lui « envoient un signal totalement inapproprié et hostile » envers la Corée du Nord. Un pays qui, « depuis que Donald Trump est président, s’est montré non menaçant et respectueux », a-t-il ajouté à la troisième personne.

« Etant donné qu’il est trop tard pour les annuler, j’ai donné pour instruction au secrétaire à la guerre, Pete Hegseth, de réduire considérablement l’ampleur de ces exercices militaires conjoints », a écrit M. Trump.

De son côté, le ministère de la défense sud-coréen a affirmé, après l’annonce américaine, que les exercices militaires annuels avaient commencé « comme prévu », lundi.

Baptisés « Ulchi Freedom Shield », ces manœuvres annuels doivent se dérouler sur onze jours et mobiliser 18 000 soldats sud-coréens ainsi que des effectifs issus du contingent américain de 28 500 hommes, stationnés dans le pays. Rendez-vous estival régulier pour les forces armées sud-coréennes et leurs alliés américains, ces exercices sont conçus pour les préparer à la défense contre la Corée du Nord, par ailleurs dotée de l’arme nucléaire.

Refus sud-coréen de s’engager en Iran

Sur sa plateforme, Donald Trump a également évoqué la non-participation de Séoul aux opérations militaires américaines contre l’Iran. « Bien que cela n’ait pas vraiment de rapport (?), j’ai récemment demandé au président de la Corée du Sud s’ils voudraient se joindre à nous dans la dénucléarisation de la République islamique d’Iran et ils ont dit “Non merci !” », a écrit le président américain.

Le président sud-coréen, Lee Jae-myung, avait affirmé en juin, en pleine accalmie dans le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, que Donald Trump souhaitait à présent se concentrer sur la résolution de « la question nord-coréenne ».

Considéré comme conciliant envers la Corée du Nord, Lee Jae-myung a pris le contrepied de son prédécesseur, réputé pour sa fermeté, depuis son arrivée au pouvoir en juin 2025, offrant à Pyongyang des pourparlers sans conditions préalables. Mais les autorités de Corée du Nord n’ont pour l’instant pas donné suite à ces offres répétées.

L’annonce de Donald Trump vient s’inscrire dans la longue liste de camouflets adressés par le président américain à des alliés historiques des Etats-Unis depuis son retour à la Maison Blanche en 2025. Ce n’est pas la première fois que le républicain cherche à mettre fin à ces exercices avec Séoul. Lors de son premier mandat, il avait également fait une annonce surprise qualifiant ces manœuvres militaires de « provocatrices », après sa rencontre avec Kim Jong-un à Singapour en 2018.

Samedi, le président américain a publié, sur Truth Social, une image le montrant aux côtés du leader nord-coréen lors d’une autre rencontre historique, en juin 2019, dans une zone démilitarisée séparant les deux Corées. « Malgré les semblants peu amicaux sur cette photo en particulier, il y en a beaucoup où nous sourions », a-t-il écrit comme légende, ajoutant : « Kim Jong-un et moi, nous nous entendons TRES BIEN ! »

Possible riposte de Pyongyang

Pyongyang avait dénoncé, jeudi, les exercices militaires conjoints entre Washington et Séoul à venir, et prévenu d’une possible riposte par des mesures « de dissuasion » plus fortes. La Corée du Nord voit dans ces exercices une répétition en vue d’une invasion et a tiré, mercredi, un missile balistique au-dessus de la mer du Japon en signe de protestation.

« Notre principe constant, pour garantir la sécurité, est de répondre à un nouveau niveau de menace par un nouveau niveau de dissuasion », avait déclaré, jeudi, un porte-parole du ministère des affaires étrangères nord-coréen dans un communiqué.

La Corée du Nord joue un rôle de plus en plus actif dans les conflits internationaux, notamment en soutenant la Russie dans sa guerre en Ukraine. Dimanche, les médias d’Etat nord-coréens ont souligné que Kim Jong-un s’était dit « fier » de sa relation avec la Russie dans une lettre envoyée au président russe, Vladimir Poutine.

Le Monde avec AP et AFP