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Dix questions pour comprendre le conflit au Moyen-Orient

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Le Moyen-Orient demeure l'une des régions les plus marquées par les tensions géopolitiques contemporaines. La guerre déclenchée par Israël et les États-Unis en est la dernière démonstration en date, d'une très grande violence. Héritier de rivalités historiques, de fractures religieuses et de recompositions territoriales issues du XXᵉ siècle, l'espace moyen-oriental est régulièrement le théâtre de conflits imbriqués où se croisent enjeux locaux, rivalités régionales et intérêts des grandes puissances. Des affrontements israélo-palestiniens aux luttes d'influence entre puissances régionales, en passant par les crises humanitaires et sécuritaires qui en découlent, ces dynamiques façonnent durablement l'équilibre politique de la région. La Libre vous propose de passer en revue 10 questions qui se posent à l'aune de ce conflit qui risque de déstabiliser encore une fois durablement la région. Et le monde dans son ensemble, par ricochet.

1. Pourquoi les États-Unis et Israël ont attaqué maintenant ?

Ni Donald Trump, ni Benjamin Netanyahou n'ont clairement exposé leurs raisons pour lancer une nouvelle attaque contre l'Iran. Si tous deux le démentent, il semble que le Premier ministre israélien a su convaincre le président américain de le suivre dans cette nouvelle campagne de frappes, lors de leur rencontre du 11 février à Washington.

Pour Israël, le régime de Téhéran a toujours constitué une menace existentielle, qui soutient de longue date des mouvements hostiles comme le Hezbollah et le Hamas. Depuis le massacre du 7 octobre 2023, l'État hébreu cherche à leur porter des coups décisifs. L'offensive simultanée sur le Liban et l'Iran va dans ce sens.

Pourquoi attaquer de nouveau l'Iran ? Et pourquoi maintenant ?

Aux États-Unis, l'opinion publique n'a jamais oublié l'humiliation qu'a représentée la prise d'otages de 1979-1981. Mais pourquoi viser la chute du régime maintenant ? "Tout ce que je veux, c'est la liberté pour le peuple iranien", a répondu dans les premières heures, Donald Trump, qui avait suivi, sans broncher, le massacre des manifestants iraniens en janvier dernier. Dans une brève allocution, samedi 28 février, le président américain a invoqué des "menaces imminentes" pesant sur "le peuple américain".

Deux jours plus tard, le président américain a précisé à l'intention de journalistes que l'Iran aurait été en passe de développer des missiles balistiques capables de frapper le sol américain. Le sénateur démocrate Mark Warner, l'un des huit élus du Congrès qui ont accès au renseignement, conteste l'affirmation.

Le président a renchéri avec l'intention de "réduire à néant la marine iranienne" et de "priver l'Iran des moyens d'armer, de financer et de diriger des mouvements terroristes hors de ses frontières".

Derrière les postures sécuritaires affichées par Trump et Israël se cache un projet plus global

Enfin, sans démentir l'invocation par certain d'un projet iranien d'assassinat contre sa personne, le président américain s'est vanté : "Je l'ai eu avant", en référence au guide suprême Ali Khamenei, mort dans une frappe aérienne le 28 février.

Dernière motivation vraisemblable : le pétrole. Les immenses réserves iraniennes sont les troisièmes en importance dans le monde après le Venezuela et l'Arabie saoudite. On ne peut exclure dans le chef de la Maison-Blanche l'objectif inavoué d'en prendre le contrôle, a fortiori pour en priver la Chine qui achète à prix d'ami quelque 80 % du brut iranien.

2. La puissance du Mossad est-elle à l'origine du déclenchement de la guerre ?

Si la guerre contre l'Iran a débuté le 28 février, c'est parce que tous les dispositifs militaires américains et israéliens étaient en place et prêts à être activés. L'étincelle, quant à elle, est venue du Mossad. Son travail d'espionnage sophistiqué, mené en partie avec les agents de la CIA, a permis de fournir la localisation exacte du guide suprême de la révolution, qui participait ce matin-là à une réunion à Téhéran avec une quarantaine de responsables militaires et sécuritaires. Pilier central du renseignement israélien, le célèbre service pistait Ali Khamenei depuis des années. Comment ? Des agents du Mossad ont réussi à pirater le système de télésurveillance publique de la capitale iranienne – que le guide ne quittait presque jamais — et même des bâtiments que lui et son entourage fréquentaient. Ces données, transmises en temps réel et analysée à Tel-Aviv grâce à l'intelligence artificielle, ont contribué à obtenir un modèle de ses habitudes, de celles de sa garde rapprochée.

Comment Israël a préparé durant des années la frappe qui a coûté la vie à Ali Khamenei :"Nous connaissions Téhéran aussi bien que Jérusalem"

Chaque endroit était parfaitement connu et que tout changement sautait aux yeux, comme l'expliquait récemment le Financial Times. C'est cela qui a permis d'acquérir la certitude qu'il était sorti de son bunker où il est resté des semaines. Le raffinement de l'opération a été poussé jusqu'à brouiller les réseaux téléphoniques juste avant, pour qu'aucune alerte ne puisse favoriser une échappatoire. Le résultat de cette traque est connu : le bombardement du complexe résidentiel du guide au sud de Téhéran n'a laissé aucune chance aux participants de cette réunion. Ce travail d'infiltration et de traque n'est pas neuf, les agents du Mossad l'ayant déjà utilisé contre des responsables militaires ou du programme nucléaire, et pour saboter des installations en Iran.

3. Comment se positionne l'Europe dans ce conflit ?

Mis devant le fait accompli, les institutions et les États membres de l'Union européenne ont réagi en ordre dispersé à l'opération israelo-américaine lancée contre l'Iran. Bête noire du président Donald Trump pour avoir refusé d'ouvrir des bases espagnoles aux forces américaines, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a été le plus critique fustigeant encore vendredi une opération qu'il qualifie d'"erreur extraordinaire", continuant à déplorer qu'elle soit menée en dehors du cadre droit international. Ce que regrette aussi le président français Emmanuel Macron qui estime que l'Iran porte "la responsabilité première du déclenchement du conflit" – le Premier ministre belge Bart De Wever tient une position assez semblable. À l'autre bout du spectre, on trouve des dirigeants comme le chancelier allemand Friedrich Merz qui estime que les Européens "n'ont pas de leçon à donner à leurs partenaires et alliés" dont ils "partagent les objectifs".

Mis devant le fait accompli par Washington et Tel Aviv, les Européens doivent anticiper les conséquences du conflit en Iran

Lesquels, au juste ? Le régime iranien n'a pas d'allié dans l'UE, mais il n'y a pas d'accord parmi les Vingt-sept sur son renversement. Les Européens n'ont pas voulu ce conflit, n'ont pas l'intention d'y prendre part au conflit, mais redoutent d'y être entraînés. Même le Royaume-Uni, hors de l'UE, n'a pas emboîté le pas des États-Unis, échaudé par l'expérience irakienne des années 2000. Les Européens insistent sur le fait que le déploiement de forces aériennes, maritimes en Méditerranée orientale de divers pays (France, Italie, Grèce, Espagne…) et les livraisons de matériel ne répondent qu'à des considérations défensives, pour protéger Chypre, État membre de l'UE abritant une base britannique visée par un drone iranien, et leurs alliés dans la région du Golfe, ciblés par des frappes iraniennes.

Ils doivent aussi en gérer les conséquences du conflit : la flambée des prix de l'énergie, l'évacuation de leurs ressortissants dans la région, les préoccupations sécuritaires sur leur propre sol ou la crainte de flux migratoires importants.

4. Est-ce que la Belgique va s'engager militairement ?

La question d'un engagement militaire de la Belgique au Moyen-Orient reste ouverte. Ce qui est sûr, c'est que notre armée ne se joindra pas aux États-Unis et à Israël dans les opérations qu'ils mènent contre l'Iran. Par contre, elle pourrait apporter son aide aux États de la région qui subissent la contre-attaque iranienne.

"Nous n'avons pas reçu de demande officielle" de la part de ces pays victimes de frappes aériennes, "mais des contacts sont en cours", faisait savoir le ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA), mercredi, à la Chambre. "Si l'armée belge s'engageait à intervenir, par exemple en Jordanie ou aux Émirats arabes unis, cela serait parfaitement conforme au droit international car ces pays ont été attaqués par l'Iran", soulignait-il. À l'inverse, "aider les États-Unis et Israël dans leurs opérations contre l'Iran serait une situation totalement différente. Cela serait contraire au droit international, et nous ne le ferons pas !"

On peut aussi imaginer, même si rien n'est encore décidé – que la Marine belge participe à la sécurisation des voies maritimes dans la région. Elle l'avait d'ailleurs déjà fait en 2024.

La frégate Louise-Marie de retour de "l'une des plus dangereuses missions de la Marine belge"

La frégate Louis-Marie avait été déployée au printemps durant 17 semaines autour de la péninsule arabique dans le cadre d'une double mission. Il s'agissait, d'une part, de la mission de l'Union européenne "Aspides", essentiellement en mer Rouge. Celle-ci visait à accompagner et protéger les navires marchands dans une zone où les rebelles houthis du Yémen se montraient menaçants. D'autre part, il y avait la mission "Agenor", réunissant une coalition de neuf pays européens, avec des objectifs similaires à ceux Aspides, mais dans le détroit d'Ormuz face à la menace iranienne. Une menace qui s'est sensiblement amplifiée depuis le week-end dernier.

5. Un changement de régime est-il possible en Iran ?

L'objectif déclaré des attaques est d'abord à réduire le potentiel de l'Iran en matière de menace nucléaire, toujours hypothétique, et militaire, très concrète avec entre autres les drones d'attaque et les missiles balistiques. Mais cet affaiblissement concerne aussi le régime politique de la République islamique, connu pour être liberticide, oppresseur, et prédateur des ressources du pays. Donald Trump et Benjamin Netanyahou n'ont de cesse d'inviter les Iraniens à renverser leur gouvernement et de prendre le contrôle de leur pays, estimant l'opportunité actuelle "unique". Aucune alternative n'existe toutefois en Iran, toute opposition étant réprimée. L'option d'un changement de régime s'est d'ailleurs brouillée ce 5 mars lorsque le président américain a indiqué qu'il entendait bien "être impliqué" dans le "processus de sélection" du futur dirigeant de l'Iran.

"Les bombes détruisent les bâtiments. Les régimes ne s'effondrent que lorsque leurs soutiens s'écroulent"

Alors que la guerre des factions fait rage en coulisses autour de la succession du guide, la Maison-Blanche semble indiquer qu'elle veut influer sur le système actuel en profitant de l'ascendant pris sur le champ de bataille. L'idée serait alors davantage de favoriser un dirigeant plus conciliant dans le cadre de l'État actuel (comme au Venezuela) que de changer le régime en vue d'une transition démocratique. C'est d'autant plus probable que la République islamique présente un édifice complexe, défendu bec et ongles par le corps paramilitaire des gardiens de la révolution, qui se retrouvent en outre à tous les étages de l'appareil d'État et de l'économie. Mais s'il est question de faire chuter un régime à ce point irrigué et régi par la force militaire, l'option d'une opération armée terrestre paraît inévitable. La CIA est peut-être en train d'y apporter une première pierre, en armant des groupes kurdes d'Iran et d'Irak en vue d'une possible insurrection contre Téhéran.

6. Est-ce que la menace terroriste va augmenter en Belgique ?

L'Ocam (Organe de coordination pour l'analyse de la menace) l'a confirmé lundi : le niveau général de la menace en Belgique reste "grave", avec, toutefois, une attention particulière pour les intérêts israéliens, américains et israéliens et iraniens dans le pays. Nous restons donc au niveau "trois", sur une échelle de quatre, un niveau inchangé depuis l'attentat du 16 octobre 2023, au cours duquel un terroriste avait abattu deux supporters suédois à Bruxelles.

Les mesures concrètes n'ont pas été détaillées pour ne pas compromettre les dispositifs. Il est évident que la police fera preuve d'une "vigilance accrue" dans les lieux fréquentés par la communauté juive, comme l'avait déjà relevé samedi la bourgmestre d'Anvers.

Tout peut bien sûr évoluer très vite. Notamment en fonction de l'attitude de la Belgique dans le conflit. Les autorités excluent que l'armée belge rejoigne les États-Unis et Israël dans leurs opérations en Iran. Mais qu'en serait-il si la Belgique devait apporter son aide aux États de la région qui subissent la contre-attaque iranienne ou participer à la sécurisation des voies de navigation ?

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La nature de la menace n'est, note une magistrate rompue au terrorisme, en rien comparable à celle que nous avons connue au plus fort de l'État islamique qui avait pu recruter dans un vivier belge musulman très majoritairement de tradition sunnite. Or le régime iranien est chiite, ce qui diminue ce risque.

Néanmoins, le Comité R, chargé du contrôle des services de renseignement, notait déjà en 2024 que "de l'espionnage et l'ingérence au terrorisme et à l'extrémisme, en passant par la prolifération, la thématique iranienne se déploie sur un large spectre de menaces". Et que celles-ci faisaient partie des priorités identifiées dans la stratégie nationale de sécurité.

D'autant que le régime iranien a déjà activé une cellule terroriste en juin 2018 : un couple iranien installé à Anvers avait reçu, d'un diplomate iranien, une charge de TATP qu'il aurait dû faire exploser lors d'une réunion de l'opposition iranienne à Villepinte. Le couple avait été intercepté à Woluwe alors qu'il était en route pour la France…

7. Doit-on craindre un embrasement dans tout le Moyen-Orient ?

Une partie non négligeable du Moyen-Orient est déjà impliquée, certes de manière défensive, dans la guerre contre le régime iranien. Outre vers Israël, l'Iran continue de projeter ses drones et ses missiles contre les six monarchies arabes du Golfe : Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweit, Oman et Qatar. La République islamique y vise des intérêts américains, bases militaires et représentations diplomatiques, mais ses armes volantes touchent aussi des infrastructures civiles, dont des immeubles résidentiels comme à Dubaï. Aucun de ces pays n'a toutefois intérêt à faire autre chose que se défendre, dans la mesure où cela renforcerait leur statut de cible et où la force de frappe israélo-américaine en Iran étant déjà considérable. Jusqu'ici, tout se passe donc dans "l'Occident" de l'Iran.

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À l'est du pays, l'Afghanistan et le Pakistan avaient commencé à se battre avant l'attaque sur l'Iran, a priori sans lien avec celle-ci. Toutefois, le risque de voir entrer d'autres pays de la région dans le conflit iranien, même ponctuellement, est réel. Vendredi, l'Irak a fait l'objet de plusieurs attaques de drones, contre des intérêts américains et britanniques dans la région de Bassorah (sud) et contre des militants kurdes iraniens au Kurdistan irakien (nord). La veille, l'Azerbaïdjan avait convoqué l'ambassadeur iranien et laissé entendre qu'il pourrait exercer son droit de représailles contre l'Iran suite à l'attaque des plusieurs drones attribués à l'Iran contre un aéroport situé sur son territoire et proche de la frontière iranienne.

8. Trump risque-t-il de le payer dans les urnes aux États-Unis ?

Avant même le déclenchement des hostilités, les Républicains et Donald Trump redoutaient les législatives de novembre prochain. Ce scrutin de mi-mandat sanctionne, sauf rares exceptions, le parti de l'occupant de la Maison-Blanche. Perspective renforcée par la popularité en chute libre de Donald Trump, avec 60 % d'insatisfaits selon les derniers sondages, avant l'offensive contre l'Iran.

Si elle perdure et s'enlise, cette guerre contre l'Iran, aux justifications confuses, sera un handicap électoral pour les Républicains. Le président américain, qui a dénoncé par le passé les "guerres sans fin" de ses prédécesseurs, vient d'en réveiller les mauvais démons. Il expose son parti aux critiques de sa base MAGA ("Make America Great Again"), hostile à toute aventure militaire extérieure prolongée.

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Dans l'immédiat, au risque d'en payer le prix plus tard, la majorité des Républicains du Congrès soutient l'opération Epic Fury, hors une frange déjà en rupture de ban avant le 28 février (Thomas Massie, Rand Paul, Marjorie Taylor Green).

L'électeur américain moyen n'a cure du destin des Iraniens. La perception négative de la guerre découlera de son coût, quant à l'allocation des ressources du gouvernement, d'abord, puis sur le budget des ménages. L'inquiétude monte déjà autour des prix à la pompe. Quant au prix du baril, qui repart à la hausse, il joue sur l'inflation, persistante aux États-Unis, et premier sujet de préoccupation des électeurs américains.

Existe aussi l'hypothèse que Donald Trump réussisse là où les présidents des quarante-sept dernières années ont échoué. Auquel cas, il pourra alors se vanter d'une victoire historique. Sous réserve d'inventaire du régime qui succédera à la République islamique.

9. Vers une crise énergétique ?

Alors que le baril de Brent coûtait 60,86 dollars en début d'année 2026, il évoluait aux alentours de 87 dollars ce vendredi. Cela représente une hausse de 43 % depuis le début d'année.

Malgré cette hausse significative, il ne s'agit pas d'une flambée. En 2022, en pleine crise énergétique, le Brent était monté jusqu'à 139,13 dollars (en cours de séance).

En ce qui concerne le gaz, on est passé de 27 à 52 euros par MWh depuis le début d'année (+ 92 %), sur le marché européen de référence. Là encore, on est loin des sommets atteints en 2022, lorsque le prix du gaz avait dépassé 300 euros par MWh.

La grande question, autour de la crise énergétique actuelle, est la durée du blocage du détroit d'Omuz, par lequel passe un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et produits pétroliers ainsi que 20 % du transit du gaz naturel liquéfié (GNL).

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Selon des experts militaires cités par le Financial Times, l'Iran dispose des armes lui permettant de perturber le transit par Ormuz. Mais pendant combien de temps ? De cela dépendront l'intensité et la durée de la crise énergétique.

Pour rappel, le gaz russe, transporté par gazoducs, a été perdu pour toujours, suite à la décision de Vladimir Poutine de fermer les vannes durant l'été 2022. Au contraire, dans la crise actuelle, on anticipe que les pays du Golfe pourront reprendre leurs exportations un jour ou l'autre.

Mais quand ? Selon la banque Berenberg, le scénario le plus probable est que le détroit d'Ormuz soit débloqué pour la fin du mois de mars. Dans ce cas, le prix du baril devrait rester au niveau actuel (ou un peu plus haut) jusqu'à fin mars, avant de progressivement redescendre jusqu'au niveau d'avant la guerre.

Mais, si le détroit d'Ormuz devait rester fermé durant longtemps, le baril de Brent pourrait grimper jusqu'à 120 dollars et le gaz jusqu'à 90 euros par MWh en Europe. Et il faudrait attendre début 2027 pour que les prix reviennent à la normale. C'est le pire scenario de Berenberg, mais aussi le moins probable.

10. Faut-il craindre un véritable krach boursier ?

Depuis lundi dernier et le début de l'offensive des États-Unis et d'Israël sur l'Iran, la fébrilité est de mise sur les marchés boursiers. L'envolée des prix du pétrole et du gaz et la crainte d'un embrasement régional sont évidemment à cœur des préoccupations des investisseurs.

Faut-il pour autant craindre un krach boursier et un effondrement des places financières ? À ce stade, à la lecture depuis le début de la semaine des nombreuses notes des experts économiques et des analystes financiers sur le sujet, la réponse à cette question est quasiment unanime : "non".

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Pour ces experts, le marché des actions devrait bien rester sous pression dans les prochains jours, au gré des annonces provenant du front. Mais si la volatilité sera donc bien au rendez-vous, les économistes rappellent aussi que ce type de choc géopolitique a, de manière générale, un impact relativement limité dans le temps sur les marchés boursiers. Offrant même des opportunités d'achat intéressantes lorsque la fumée de la guerre sera retombée.

De manière générale, les observateurs parient sur un conflit de courte durée, quelques semaines tout au plus. Et qui ne devrait pas être de nature à entraîner des poussées inflationnistes excessives. Les conseils des experts ? Ne pas céder à la panique ou réagir de manière impulsive et conserver une politique de placement bien diversifiée. Les conseils de base en quelque sorte.

Maintenant, la finance n'est pas non plus… une science exacte. Il ne faut jamais exclure l'arrivée d'un "cygne noir", soit un événement totalement imprévisible et qui changerait radicalement et brutalement la perception des investisseurs. Un événement qui pourrait être lié à la guerre en cours en Iran, à ses conséquences économiques ou encore venir se greffer sur ce contexte d'incertitudes comme par exemple l'éclatement de la bulle des valorisations autour de l'IA.

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