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Dix ans d’expos au Centre d’art Diane-Dufresne de Repentigny

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Le Centre d’art Diane-Dufresne (CADD) à Repentigny fête ses 10 ans. Depuis novembre, et jusqu’en septembre prochain, une programmation-célébration s’y déploie. La cerise sur ce gâteau de fête ? Une grande exposition d’œuvres de 1992 à 2025 de Marc Séguin. L’artiste laissera aussi sa griffe sur la ville : une œuvre d’art public, Louve Solstice, restera sur le terrain de l’Espace culturel de Repentigny pour les prochaines décennies, au moins.

Outre la bibliothèque, le CADD fut l’« été le premier jalon de l’Espace culturel qui a pris place dans l’espace public de la municipalité ». Le théâtre Alphonse-Desjardins s’est ajouté il y a cinq ans, complétant le complexe culturel de la ville de près de 91 000 résidents.

Avec sa place en béton toute dégagée d’où sourdent des fontaines et les jardins juste à côté, le site est charmant. Le hall fenestré du CADD, signé par l’architecte Maxime-Alexis Frappier, laisse le regard traverser son préau, sauter le long bassin d’eau au centre du duquel des spectateurs s’installent parfois pour assister, quasi les pieds dans l’eau, à certains des concerts extérieurs, avant de se perdre dans les couleurs du grand jardin adjacent.

« Repentigny veut vraiment se positionner aussi comme une ville où la culture est partout », confirme Brigitte Lacroix, cheffe des arts visuels. Dans la ville, un axe bien pensé du point de vue de l’urbanisme, comme une flèche, part de la bibliothèque Robert-Lussier, traverse l’Espace culturel pour aboutir au parc de l’Île-Lebel et sa vue sur le fleuve Saint-Laurent.

« On peut passer toute une journée culturelle ici », souligne Mme Lacroix. Et jusqu’à la fin septembre, y voir Sur le fil rouge, l’exposition de la Fondation Marc Séguin, pensée par la commissaire Sylvie Lacerte.

On y retrouve les écrasements d’avion, les loups et les bêtes, les ruines, la critique de l’église et la maîtrise du dessin qui ont fait la popularité de l’artiste visuel. Aussi des toiles en hommage aux maîtres de l’artiste — les deux Jean-Paul, Lemieux et Riopelle.

L’artiste a visité avec Le Devoir. Exposer à Repentigny ? « Je suis anti-unicité de la cité », explique-t-il. « Je suis préoccupé par le territoire, partout dans ma vie. J’aimerais qu’il y ait des centres d’expo comme ça aussi à Sept-Îles, par exemple. »

« C’est pas tout le monde qui veut faire le chemin pour aller en ville. C’est ben l’fun, la concentration démographique, mais il faut que l’art puisse rayonner à l’extérieur aussi. Ça dynamise. »

« Je trouve que c’est une nécessité citoyenne, avoir ce genre de lieu. C’est important. La beauté, c’est pas réservé à un code postal. »

Selon lui, la salle d’expo est « merveilleuse. C’est comme des conditions muséales. Regarde l’espace, les plafonds hauts… Ils ont fait des cimaises… Et il y a de l’espace pour ne pas montrer juste des timbres-poste. »

« Ça a beaucoup fait partie de ma pratique, les grandes œuvres, tu sais ? » et elles ont la part belle de cette expo. Qui compte aussi une salle consacrée aux femmes dans l’œuvre de Séguin.

C’est la commissaire qui fait ressortir ces figures-là. La sculptrice Camille Claudel, l’espionne Mata Hari, et des amies de l’artiste sont l’objet de tableaux. Tout comme Jeanne d’Arc, dernière inspiration de Marc Séguin.

« Je pense que, comme peintre, comme artiste, on commence à être bon à 50 ans… On commence… » réfléchit M. Séguin en revoyant ses propres toiles.

Et vous avez quel âge, Marc Séguin ? « 56 ans… On commence à maîtriser. Là, j’ai plus d’outils, je peux aller to the point… »

Maintenant, Marc Séguin se permet de « ne plus marcher le cul serré. J’ai du fun à faire ce que je fais, et à prendre des risques ; c’est plus nourrissant que d’être en train de protéger une série, une carrière, une réputation… »

À l’automne prochain, Marc Séguin aura une exposition à la galerie Simon Blais, à Montréal. « C’est la première fois en sept ou huit ans que je montre du nouveau travail. J’ai une chienne finie. »

Quatre petits dessins de Jeanne d’Arc, à la mine à plomb, sont exposés au Centre Diane-Dufresne, et font partie de cette série de 53 portraits.

Se chercher, se trouver

En dix ans, près de 50 expositions se sont tenues au CADD. On y a vu des œuvres d’Armand Vaillancourt aux côtés de celles de son fils, Alexis ; des photographies de Pierre Dury ; une expo de la famille de Jordi Bonet ; des peintures et des dessins inédits de l’architecte Roger Taillibert. Entre autres.

Les trois expos les plus fréquentées ont été l’inaugurale DDXL, de Diane Dufresne et Richard Langevin ; celle sur Jean-Claude Poitras en 2017 ; et en 2022, celle sur Les Cowboys Fringants.

« Le centre s’est cherché, peut-être, dans ses débuts », confie Brigitte Lacroix. Depuis quelques années, la décision a été prise de délaisser les expos de société et se consacrer « aux artistes professionnels et en voie de professionnalisation, en laissant une place à la relève en arts et en métiers d’art ».

Le premier public du Centre, ce sont les citoyens de Repentigny. « On a une communauté culturelle vraiment impliquée, qui aime consommer la culture dans sa ville, où la culture de proximité bat son plein », continue la cheffe des arts visuels.

Le CADD attire aussi beaucoup de jeunes visiteurs. Le maillage avec les écoles est tissé serré. Dans les deux dernières années, 600 élèves sont ainsi venus visiter une expo, pour créer ensuite dans les salles de médiation à côté, en s’inspirant des œuvres vues. « On leur fait même un vernissage… » dit en souriant Mme Lacroix.

La soirée pour ados Halo Allo, qui accueille une fois l’an les ados, cette année en juillet, en dehors de l’école, avec un DJ, des projections, de l’art en direct et des ateliers créatifs, a aussi du succès. « C’est un peu conçu par les jeunes, pour les jeunes. »

Et le festival estival Rose Gazon, qui oscille entre spectacles, arts numériques et arts visuels, attire aussi son lot de spectateurs aux têtes pas toutes blanches.

La programmation anniversaire se retrouve sur le site de la Ville de Repentigny.

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