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Une nouvelle analyse publiée par Oxfam met en lumière des milliers de milliards de dollars toujours dissimulés dans les paradis fiscaux, malgré les réformes engagées depuis 2016.

Richard Villalonundefined undefined via Getty Images
Dix ans après les Panama Papers, l’évasion fiscale des ultra-riches reste massive et largement concentrée selon Oxfam.
Dix ans après les « Panama Papers », l’évasion fiscale des plus riches reste à un niveau très élevé. Dans une analyse publiée ce 2 avril, Oxfam estime qu’en 2024, 3 550 milliards de dollars de richesses non imposées étaient encore dissimulés dans des paradis fiscaux, soit environ 3,2 % du PIB mondial.
L’ONG insiste aussi sur l’impressionnante concentration de ces sommes. « La fortune non imposée dissimulée dans les paradis fiscaux par les 0,1 % les plus riches est supérieure à la richesse totale de la moitié la plus pauvre de l’humanité (4,1 milliards de personnes) », souligne-t-elle.
Les « Panama Papers », révélés en 2016, avaient pourtant marqué un tournant. Cette fuite massive de 11,5 millions de documents issus du cabinet Mossack Fonseca avait exposé un système mondial de sociétés offshore permettant de dissimuler des actifs et d’échapper à l’impôt. Des chefs d’État, des milliardaires ou encore des célébrités y apparaissaient liés à ces montages.
Le fonctionnement reposait sur des mécanismes bien identifiés : sociétés écrans sans réelle activité, recours à des prête-noms, empilement de structures dans plusieurs pays ou utilisation de comptes offshore pour faire circuler les fonds hors du regard des administrations fiscales.
Depuis, des mesures ont été mises en place, notamment l’échange automatique d’informations bancaires entre États. Selon l’EU Tax Observatory, ces avancées ont permis de réduire certaines formes d’évasion offshore en moins de dix ans. Mais ces évolutions n’ont pas suffi à enrayer le phénomène. Les pratiques se sont adaptées et les scandales se sont succédé, des Panama Papers aux Pandora Papers.
Des flux toujours élevés et concentrés entre quelques mains
Les données récentes confirment cette persistance. En 2022, près de 1 000 milliards de dollars de profits auraient été transférés vers des paradis fiscaux. Au total, environ 10 % du PIB mondial serait détenu offshore par des particuliers.
Selon Oxfam, 0,1 % des plus riches détiendraient environ 80 % de la richesse offshore non imposée, soit près de 2 840 milliards de dollars. Et la moitié de ces montants serait même concentrée entre les mains des 0,01 % les plus fortunés.
Face à ce constat, l’ONG appelle à renforcer la coopération internationale et à mettre en place de nouveaux outils, comme un registre mondial des actifs ou une taxation plus forte des grandes fortunes.


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