Décédée dimanche à 91 ans, Brigitte Bardot a déjà légué une partie de sa fortune à sa Fondation consacrée à la défense des animaux.

Arthur Sautrel - Aujourd'hui à 07:35 - Temps de lecture :

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Après le décès de Brigitte Bardot, dimanche, à l’âge de 91 ans à Saint-Tropez, des questions se posent désormais sur le devenir de son patrimoine. Si sa carrière l’a érigée au rang d’icône internationale, « BB » possédait à la fin de sa vie une fortune relativement modeste, qui devrait revenir à son unique héritier, son fils Nicolas-Jacques Charrier. « Elle a déjà cédé toutes ses possessions à sa Fondation », confirme Yves Bigot, journaliste et biographe de l’actrice.

La maison de La Madrague, villa tropézienne de Brigitte Bardot, devrait devenir un musée de la Fondation qu’elle a créée.  Photo Sipa /Philippe Magoni

La maison de La Madrague, villa tropézienne de Brigitte Bardot, devrait devenir un musée de la Fondation qu’elle a créée.  Photo Sipa /Philippe Magoni

Depuis 1973, et sa fin de carrière au sommet de sa gloire, Brigitte Bardot a consacré sa vie à la cause animale. En 1986, la star crée une Fondation qui porte son nom, dédiée à la protection des bêtes en France et dans le monde. Problème, elle n’a alors pas les 3 millions de francs nécessaires au lancement de la structure, comme elle le racontait dans un livre de la journaliste Caroline Pigozzi intitulé Pourquoi eux : ils ont fait notre époque. « J’étais incapable de réunir une telle somme, peu attachée à l’argent, ayant dilapidé la majorité de mes gains de star, je n’avais plus aucun revenu. »

Des enchères pour lancer sa Fondation

Le 17 juin 1987, elle organise à Paris une vente aux enchères d’une centaine de pièces de sa collection : le premier buste de Marianne à son effigie, des bijoux offerts par Gunter Sachs, sa guitare, sa robe de mariée avec Roger Vadim… « J’ai ainsi vu s’envoler des morceaux de vie et un peu de mon âme. Mais j’ai réuni mes 3 millions », se remémorait Brigitte Bardot dans Le Monde, en 2018. Soit l'équivalent d'environ 895 000 euros, avec inflation.

En 1992, elle fait une nouvelle donation : La Madrague, propriété tropézienne qu’elle a acquise en 1958 avec ses premiers cachets, intègre le capital de la Fondation Brigitte Bardot, ce qui lui permet d’obtenir la reconnaissance d’utilité publique.

Dès ses débuts dans l’industrie du spectacle, Brigitte Bardot a un sens des affaires acéré, comme le relate Yves Bigot : « Elle vient d’une famille industrielle, son père étant à l’origine d’une société qui a été rachetée par Air Liquide ensuite. Elle était très au courant du fonctionnement de l’économie. Dans les années 1960, elle a ainsi été la première comédienne à négocier des parts et des intéressements dans ses films. »

« Elle n’a jamais vécu dans l’opulence »

Après la fin de sa carrière, elle ne collabore pourtant avec des marques qu’à de très rares exceptions, en cas de besoin. « Au début des années 2000, elle avait conclu un contrat avec une marque de sac pour utiliser son nom : avec son mari Bernard d’Ormale, elle avait besoin d’argent pour refaire le toit de La Madrague », raconte Yves Bigot. « Elle n’était pas pauvre, mais elle n’a jamais vécu dans l’opulence. Elle vivait simplement, faisait la cuisine elle-même et allait à La Garrigue, sa deuxième propriété pour aller s’occuper de ses animaux, tout en se déplaçant en 4L », ajoute l’auteur de Brigitte Bardot : la Femme la plus belle et la plus scandaleuse au monde (ed. Don Quichotte).

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Ces dernières années, « BB » a tout prévu pour faire « perdurer » sa Fondation, qui emploie environ 300 personnes réparties à Paris, en Normandie ou en Dordogne. « J’ai pris des dispositions pour que la place que j’ai occupée soit reprise avec intelligence, puissance et compassion », insistait-elle dans Le Monde. « La Madrague, devant laquelle défilent des foules de gens en tentant de m’apercevoir, deviendra un musée. Moyennant 2 ou 3 euros, qui alimenteront les caisses de la Fondation, le public pourra visiter ma maison de pêcheurs qui sera laissée dans son jus. J’assume le côté lieu de pèlerinage. »

Des obsèques le 7 janvier à Saint-Tropez, avant un hommage national ?

Brigitte Bardot sera inhumée le mercredi 7 janvier, à Saint-Tropez, avec une cérémonie religieuse retransmise sur grands écrans à 11 heures, puis une inhumation « privée et confidentielle », a annoncé sa Fondation. 

Lundi, des voix se sont par ailleurs élevées pour demander à l’Élysée un hommage national, à l’image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday. Eric Ciotti, député UDR de Nice, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a même lancé une pétition qui recueillait lundi en fin de journée quelque 12 000 signatures. Encore faut-il qu’elle l’ait souhaité. La décision sur l’organisation ou non d’un tel honneur revient au président de la République. Sollicité, l’Élysée n’a pas donné suite dans l’immédiat.

Ces dernières années, Brigitte Bardot se distinguait par ses déclarations sur la politique, l’immigration, le féminisme, les chasseurs… dont certaines lui ont valu des condamnations pour injure raciale. Très peu de personnalités de gauche ont réagi à sa mort, tranchant avec le concert unanime de louanges à droite et à l’extrême droite. Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, s’est opposé au principe d’un hommage national : même si ce fut « une actrice iconique de la nouvelle vague » elle avait aussi, selon lui, « tourné le dos aux valeurs républicaines ».

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