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C'est encore sur la Côte-Nord où il y a la plus grande différence de revenus entre deux MRC d'une même région, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).
En 2024, le revenu d’emploi médian de la MRC de Caniapiscau est de loin le plus élevé au Québec avec plus de 110 000 $ par an. Il y a donc 66 000 $ d’écart avec la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, qui a le revenu médian le bas sur la Côte-Nord avec près de 44 000 $.
Revenu d’emploi médian des MRC de la Côte-Nord en 2024
| Caniapiscau | 114 000 $ | 7,3 % |
| Sept-Rivières | 82 300 $ | 5,7 % |
| Manicouagan | 71 100 $ | 9,2 % |
| Minganie | 67 200 $ | 9,6 % |
| La Haute-Côte-Nord | 59 300 $ | 9,5 % |
| Le Golfe-du-Saint-Laurent | 53 200 $ | 13,1 % |
| Moyenne québécoise | 59 200 $ | 5,5 % |
Selon le préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, Daren Jones, cette statistique ne dresse pas un portrait fidèle de la richesse réelle de chaque MRC.
Il explique que les revenus de la MRC de Caniapiscau sont gonflés par l'industrie minière, qui emploie beaucoup de travailleurs en navettage. Ces derniers gagnent leur salaire sur place, mais retournent le dépenser dans leur région d'origine.
À Caniapiscau, ils ont des salaires très élevés, mais ils ne restent pas dans la MRC.

Daren Jones observe un retour encourageant de jeunes professionnels originaires de la Basse-Côte-Nord.
Photo : Facebook Daren Jones
Daren Jones rapporte que la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent vit la situation inverse. De nombreux résidents partent travailler à l'extérieur, notamment dans le domaine de la construction, mais reviennent vivre et dépenser leur argent en Basse-Côte-Nord l’hiver.
Puisque ces salaires sont gagnés dans d'autres régions, ils n'apparaissent pas dans les statistiques locales. Les chiffres sont là, mais on ne voit pas ça [la pauvreté] dans nos villages, souligne le préfet.
Les défis des régions éloignées
Si le revenu médian de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent est le plus bas sur la Côte-Nord, il est aussi celui qui a le plus augmenté en 2024 au Québec, avec un bond de 13,1 %.
Daren Jones explique cette situation par l’augmentation de l’activité touristique en Basse-Côte-Nord, qui encourage, selon lui, le développement de l'entrepreneuriat privé dans sa MRC.
Malgré cet élan, la MRC fait face à une diminution de son nombre de travailleurs. C’est aussi le cas des MRC de Minganie et de Manicouagan. Pour le préfet, ce déclin s'explique d'abord par le départ des jeunes qui quittent la région pour poursuivre leurs études à l'extérieur, et qui n'y reviennent pas toujours.
Taux de travailleurs par MRC en 2024 et leur variation annuelle
| Caniapiscau | 87,3 % | +0,7 % |
| Sept-Rivières | 82,0 % | +2,4 % |
| Manicouagan | 76,8 % | -0,3 % |
| La Haute-Côte-Nord | 73,7 % | 0 % |
| Minganie | 73,1 % | -0,6 % |
| Le Golfe-du-Saint-Laurent | 66,4 % | -2,0 % |
| Moyenne québécoise | 81,5 % | +1,3 % |
Daren Jones rapporte que la population de sa MRC vieillit de façon très visible sur le terrain. Il estime même que la proportion de personnes âgées pourrait y être parmi les plus élevées au Québec.
La population de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent ne compte que 66 % de travailleurs. C’est le deuxième taux le plus bas au Québec. À l’échelle de la province, la moyenne est de 81 %.
Le préfet note toutefois une lueur d'espoir. Il remarque une tendance chez certains jeunes professionnels originaires de la région qui reviennent s'établir en Basse-Côte-Nord pour y élever leurs enfants.


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