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Disneyland Paris dévoile les coulisses de son nouveau spectacle nocturne aquatique

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REPORTAGE - Le lac de 3 hectares au cœur de l’extension de Disney Adventure World, inaugurée le 29 mars prochain, sera le théâtre de Disney Cascade of Lights, un ballet lumineux aquatique et aérien chaque soir, à la fermeture du parc.

Les drones lumineux qui virevoltent au-dessus du lac, slalomant entre les tirs d’artifice et les jets de fontaine, semblent presque à portée de main. Une raie majestueuse, un envol de ballons, un emblème de super héros… Les figures s’enchaînent en musique et se reflètent dans l’eau, tandis que les visages des personnages Disney prennent vie sur d’imposants écrans d’eau. De Vaiana à Mulan, en passant par les Avengers, le message de ce ballet nocturne se veut clair, comme le clame la chanson composée pour l’occasion : «Nous pouvons tous être des héros.»

Ce spectacle est la pièce maîtresse de l’offre de divertissement accompagnant l’extension inédite que Disneyland Paris s’apprête à inaugurer le 29 mars dans son second parc d’attractions. Renommé Disney Adventure World, il accueillera notamment une zone dédiée à la Reine des Neiges, mais aussi un lac de trois hectares qui sera le théâtre de cette nouvelle représentation nocturne, Disney Cascade of Lights, bientôt jouée tous les soirs à la fermeture du parc. «Un spectacle unique», selon son producteur Ben Spalding, qui aura nécessité près de huit ans de travail. Le Figaro a pu se glisser dans les coulisses de l’une des dernières répétitions.

La spécificité de Disney Cascade of Lights est la proximité des drones avec le public, situé à seulement quelques dizaines de mètres des figures. Thibaut Déléaz / Le Figaro

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Conducteurs de cargos

Le ballet de Cascade of Lights débute en réalité deux heures et demi avant le coup d’envoi, dans la marina technique située derrière le parc, invisible des visiteurs. A la tombée de la nuit, «les techniciens vont installer cinq barges sur le lac, explique Ben Spalding. Elles supportent tous les équipements, les fontaines, la pyrotechnie et la plateforme d’où décollent les drones.» Pour manoeuvrer ces imposants objets flottants (168 tonnes au total) dans la marina exigüe, «les techniciens ont été formés par des conducteurs de cargos !»

Deux heures et demi avant le spectacle, les techniciens doivent acheminer et installer les cinq barges qui supportent les équipements. Thibaut Déléaz / Le Figaro

Tractées par des bateaux électriques, les barges sont discrètement et silencieusement acheminées «sur scène», sur le lac. «Quand elles sont toutes attachées, on peut brancher l’électricité et les câbles qui les relient à la régie» depuis une arrivée prévue au centre du point d’eau, détaille le producteur. Au tour ensuite des artificiers d’inspecter la pyrotechnie pour s’assurer que tout est installé en sécurité.

Drones aquatiques

Pendant ce temps-là, dans la marina, d’étranges boîtes noires surmontées d’une boule blanche ont été alignées sur le quai. «Ce sont nos “ducks” [canards, NDLR]», sourit Ben Spalding. En réalité, une centaine de drones aquatiques développés pour ce spectacle par l’entreprise bordelaise Dronisos, partenaire de Disneyland Paris depuis 2022 pour ses représentations avec des drones. Ces points lumineux se déplaceront à la surface de l’eau en suivant leur propre chorégraphie, «certains embarquant même de la pyrotechnie».

Les drones aquatiques sont allumés un par un avant leur mise à l’eau. Thibaut Déléaz / Le Figaro

Soudain, deux techniciens surgissent et allument à la chaîne la centaine de drones, dont la boule blanche s’illumine en bleu. Les machines sont ensuite mises à l’eau par groupe de dix depuis une embarcadère, slalomant sur les flots pour rejoindre une position d’attente au fond de la marina. «Regardez, on dirait de petits canards poussés dans l’eau, s’amuse Ben Spalding. Vous comprenez d’où vient leur surnom !»

Pour éviter les interférences, ils sont connectés à un réseau wifi dédié, comme les 279 drones volants. Eux sont déjà en veille sur la barge centrale amarrée sur le lac. Contrairement à ceux utilisés lors du spectacle nocturne du Parc Disneyland voisin, adaptés de drones récréatifs, «ils ont été spécialement conçus pour faire du spectacle», détaille le producteur.

Mis à l’eau par les techniciens environ une heure avant le spectacle, les drones aquatiques rejoignent ensuite une position d’attente dans la marina (au fond de l’image). Thibaut Déléaz / Le Figaro

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Lutter contre le vent

«Notre plus gros handicap avec ces machines, c’est la pluie et le vent, abonde Ben Spalding. Nous avons donc beaucoup travaillé pour les rendre moins sensibles à la météo.» Les engins de Cascade of Lights sont plus légers et peuvent voler dans un environnement hostile, à proximité des fontaines et de la pyrotechnie. Ils ne s’élèveront d’ailleurs qu’à 45 mètres de haut, contre 120 mètres pour le spectacle joué sur le château du parc historique (qui ne présentera d’ailleurs plus de drones à partir du 1er avril). «Ils seront vraiment très proches des visiteurs, on aura presque l’impression de pouvoir les toucher», s’enthousiasme Ben Spalding.

Les berges du lac nouvellement construit ont été spécialement aménagées pour permettre à un maximum de monde de profiter des spectacles qui y seront joués. «C’était notre plus gros défi lors de la création, reconnaît le producteur. Il a fallu penser quelque chose de visible à 360 degrés, pour que chacun des visiteurs ait la même histoire où qu’il soit autour du lac.»

Les drones de ce spectacle ne volent qu’à 45 mètres d’altitude, contre 120 mètres dans les spectacles de drones traditionnels joués dans le Parc Disneyland voisin. Thibaut Déléaz / Le Figaro

La conception de Cascade of Lights a d’ailleurs débuté en 2018, quand le projet d’extension du parc a été annoncé par le patron de Disney, Bob Iger, à l’Elysée. Huit ans avant la première, les équipes spectacles ont dû anticiper leurs besoins et réfléchir à la façon dont seraient agencés les bords du lac, au positionnement des enceintes et des lumières… «On a testé des choses qui ne marchaient pas, changé des lumières ou encore ajouté de l’audio qui vient de l’intérieur du lac», énumère Ben Spalding.

Le processus créatif a commencé bien plus tard, avec l’écriture du fil conducteur tournant autour de ces héros inspirants. Outre «We can be Heroes», une chanson en français et en anglais composée pour le spectacle, les musiques cultes des dessins animés Disney ont été réorchestrées et enregistrés avec 90 musiciens dans les studios d’Abbey Road à Londres. Les images des personnages projetées sur les écrans d’eau, elles, «ont été dessinées pour l’occasion», précise le producteur.

Les personnages Disney héros du spectacle sont projetés sur des écrans d’eau de plusieurs dizaines de mètres de haut. Thibaut Déléaz / Le Figaro

Pendant tout le mois de mars, Disney Cascade of Lights va enchaîner les répétitions générales lors d’avant-premières pour les salariés et leurs proches, puis pour les détenteurs de passes annuels. «L’occasion de faire encore quelques ajustements» avant la grande première, le 29 mars prochain.

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