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Didier Deschamps a surpris tout le monde avec sa question après l'élimination de la France: avait-il raison de la poser ?

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Didier Deschamps maîtrise suffisamment sa communication pour savoir le poids précis que ses mots peuvent avoir. Ceux prononcés dans la foulée de l'élimination de l'équipe de France ont surpris. Mais ils peuvent aussi s'expliquer. Et se comprendre.

Qu'a dit exactement Didier Deschamps ?

Visage marqué comme rarement, le Français s'est présenté au micro du diffuseur les traits tirés. Avec d'abord un préambule : "il faut être logique et reconnaître qu'aujourd'hui, on a été un ton en dessous sur le plan technique face à une équipe qui a bien maîtrisé son sujet. C'est d'abord de notre faute." Plus loin dans son interview, le sélectionneur a répété, avec d'autres mots, que l'Espagne avait été supérieur. Mais il a aussi taclé le corps arbitral. Une première fois.

"Après, je pose une question et je ne vais pas y répondre : est-ce que l'arbitre a le niveau pour arbitrer une demi-finale de Coupe du monde ? Et ce n'est pas parce qu'on a perdu aujourd'hui que je dis ça mais il y a eu certaines situations, souvent en notre défaveur aussi." Puis une deuxième fois : "Je ne vais pas insister car sinon je vais passer pour une pleureuse. Est-ce que l'arbitre a le niveau pour une demie de Coupe du monde ? C'est à vous de la donner. J'ai eu un quatrième et cinquième arbitre à côté de moi qui étaient au niveau. C'est pas que le penalty, c'est un ensemble de choses. On a pu avoir des situations plus ou moins compliquées sur d'autres matchs. Je n'ai rien contre l'arbitre de ce soir mais posez-vous la question."

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Peut-il se plaindre de l'arbitrage sur ce match ?

Non. La première mi-temps a été marquée par plusieurs scènes. Celle qui a vu Ivan Barton chercher en vain son spray pour matérialiser l'endroit d'où devait être tiré un coup-franc aux abords de la surface française a pu faire sourire.

Si la décision d'accorder un penalty à l'Espagne peut paraître sévère aux yeux de certains, à aucun moment Lamine Yamal n'a augmenté sa surface corporelle, son bras étant resté collé le long de son corps. Et les Bleus qui ont terminé le premier acte avec un seul avertissement auraient tout aussi pu regagner les vestiaires en étant plus sanctionné : Michael Olise, auteur d'un tacle d'attaquant sur Rodri, aurait dû voir jaune. Et Rabiot, déjà averti, n'est pas passé loin de l'exclusion juste avant la pause et son remplacement. Comme nous l'a précisé notre consultant arbitrage Jasmin Sabotic : "on n'a pas pu voir des décisions litigieuses où l'arbitre a commis une erreur."

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Peut-il se plaindre des désignations arbitrales sur le tournoi ?

La réponse à cette question est plus nuancée. Et peut s'entendre. Se comprendre même. À 35 ans, le vécu au plus haut niveau d'Ivan Barton est assez limité. Sa Coupe du monde au Qatar s'était arrêtée après trois matchs dès les huitièmes de finale alors qu'à la différence d'arbitre anglais, espagnol ou français, la présence de sa sélection n'est pas un problème pour lui.

Cette année, il avait officié lors de Turquie – Paraguay, Japon – Suède et Suisse – Colombie, lui qui n'est pas forcément habitué au plus haut niveau au Salvador ou dans la confédération Concacaf, au contraire par exemple du quatrième arbitre de cette demi-finale, le Suédois Glenn Nyberg qui compte plus d'une cinquantaine de matchs de Coupe d'Europe et que Deschamps a mis en avant.

La sortie de DD s'inscrit aussi dans le contexte d'une Coupe du monde marquée par l'arbitrage très permissif de l'Ouzbèke Ilgiz Tantashev contre le Paraguay. "Et je comprends assez bien sa remarque, note Jasmin Sabotic. Sa phrase est formulée de manière prudente. Il ne dit pas explicitement que l'arbitre était mauvais ni qu'il est responsable de la défaite, mais il laisse entendre qu'il doute de sa capacité à gérer un match d'une telle importance. Il met surtout en cause son expérience et sa maîtrise de la rencontre. L'expérience ne suffit pas toujours. Arbitrer une demi-finale de Coupe du monde représente un défi très particulier, c'est à dire que l'intensité est énorme, les joueurs contestent davantage, la pression médiatique est considérable et la gestion psychologique du match devient presque aussi importante que les décisions techniques. Je pense d'ailleurs que c'est probablement ce que visait Deschamps. Son commentaire semble moins porter sur une action précise que sur un ressenti général." Le tout mâtiné de déception.

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