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Seulement trois élus libéraux se sont présentés à la Chambre des communes, jeudi matin, pour écouter tous les arguments du chef de l’opposition officielle, qui plaide pour l’abandon du projet de fonds dit souverain doté de 25 milliards de fonds publics.
Le chef conservateur, Pierre Poilievre, s’est présenté à l’heure au Parlement, jeudi, pour lancer le débat sur sa motion qui ne demande rien de moins que de laisser tomber l’idée de créer un Fonds pour un Canada fort, annoncé en grande pompe par le premier ministre Mark Carney lundi.
On ne peut pas en dire autant de l’écrasante majorité des députés libéraux, qui ont plutôt saisi cette occasion pour faire autre chose. C’est le feutre vert de leur siège vide qui a vibré au son des mots « patente à gosse coûteuse » ou encore « 25 milliards sur la carte de crédit nationale »
Le gouvernement libéral n’a pas à craindre l’adoption de son énoncé économique du printemps, déposé mardi, qui officialise la création de ce fonds voué à offrir un produit d’investissement garanti pour le grand public dans les grands projets canadiens. Il est officiellement devenu majoritaire lundi, au moment de la certification des nouvelles élues Tatiana Auguste, Danielle Martin et Doly Begum.
Les quelques élus libéraux présents se sont stratégiquement assis sur leurs banquettes pour être visible dans le cadre de la caméra qui rediffuse les débats. Les règles de la Chambre des communes interdisent de capter autre chose que la personne en train de parler.
Le chef Pierre Poilievre et pratiquement tous les élus conservateurs présents, sauf sept, ont ramassé leurs affaires et ont quitté la salle au moment du discours de réplique du député libéral Ryan Turnbull, éloignant encore davantage l’ambiance de celle du Centre Bell lors des séries éliminatoires de hockey.
Pas comme la Norvège
Le député du Bloc québécois de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, a félicité le chef conservateur pour son emploi de l’expression « patente à gosse ». « J’essaie chaque jour d’apprendre un peu plus de la langue française. Un peu de poésie, ça donne du bonheur », lui a renvoyé Pierre Poilievre.
Ces deux partis d’opposition ont souligné à grands traits que le fonds dit souverain que veut mettre en place Ottawa n’a rien en commun avec celui de la Norvège, auquel il est explicitement comparé. Dans le cas canadien, on n’y place pas les surplus budgétaires, mais plutôt des capitaux empruntés.
Mark Carney, un ancien banquier élu en 2025 à la tête du Canada, a comparé ce fonds à un compte d’épargne du pays et des citoyens qui souhaiteraient y contribuer. « De nombreux pays dotés de ressources naturelles, comme la Norvège, en possèdent un. Le Canada n’en avait pas, jusqu’à présent. »
Contrairement à la promesse du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, pratiquement aucun détail du Fonds pour un Canada fort n’étaient inclus dans l’énoncé économique du printemps de mardi. Le ministre s’est contenté de dire que « les meilleurs experts du monde » seront consultés pour la suite.
Un seul élu libéral, le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre Kevin Lamoureux, est resté assez longtemps pour écouter les discours des députés du Bloc québécois, un peu plus d’une heure après le lancement du débat. Le caucus libéral compte 174 élus.


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