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Les deux soldats de la Minuss ont été tués dans une « embuscade tendue par des individus armés non identifiés » dans l’Etat de Jonglei, où les combats entre forces gouvernementales et milices d’opposition se sont intensifiés ces derniers mois.
Des casques bleus indiens de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) patrouillent près d’une piste d’atterrissage à Akobo, dans l’Etat de Jonglei, le 12 février 2026. Deux casques bleus éthiopiens de la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (Minuss) ont été tués, lundi 24 août, dans une « embuscade » tendue à une patrouille dans le Jonglei, un Etat du centre du pays, ont annoncé la Minuss et le secrétaire général de l’ONU, sans identifier les responsables.
Dans un communiqué reçu à Nairobi, la Minuss « condamne fermement l’embuscade tendue, aujourd’hui, par des individus armés non identifiés, à une de ses patrouilles se déplaçant vers Pajut dans l’Etat du Jonglei ». « Deux casques bleus ont été tués (…) et plusieurs personnes blessées, dont trois casques bleus, deux membres de la police du Soudan du Sud et deux employés civils » de l’ONU, ajoute la Minuss, rappelant que les attaques contre les casques bleus sont susceptibles de constituer des crimes de guerre.
« Une telle violence meurtrière visant le personnel de la Minuss, dont le rôle est de favoriser la paix au Soudan du Sud, est inacceptable », s’insurge Anita Kiki Gbeho, cheffe de la Minuss dans le communiqué.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a également « condamné fermement » l’attaque. « Les deux casques bleus tués étaient de nationalité éthiopienne », a précisé Stéphane Dujarric, son porte-parole.
Indépendance et guerre civile
Depuis plusieurs mois, les combats ont repris au Soudan du Sud entre les forces gouvernementales fidèles au président sud-soudanais Salva Kiir, et des milices d’opposition loyales à son rival Riek Machar, vice-président déchu placé en résidence surveillée. Les violences sont particulièrement intenses dans le Jonglei.
Selon les derniers chiffres disponibles de l’ONU, plus de 160 membres de la Minuss ont péri depuis sa mise sur pied, le 8 juillet 2011, à la veille de l’indépendance du Soudan du Sud lorsqu’il s’est séparé du Soudan après des décennies de conflits entre rebelles du Sud et pouvoir de Khartoum au Nord.
Le plus jeune pays du monde avait rapidement sombré en 2013 dans la guerre civile sur fond de lutte pour le pouvoir entre partisans de MM. Kiir et Machar, anciens frères ennemis de la lutte pour l’indépendance. En 2018, un accord de partage du pouvoir entre les deux rivaux avait mis fin à la guerre qui a fait 400 000 morts. Mais les affrontements ont repris depuis à travers le pays entre forces des deux camps, après l’arrestation en 2025 de M. Machar, placé depuis en résidence surveillée à Juba.
Le Soudan du Sud figure en dernière place de l’indice de développement humain (IDH). Il est également considéré comme le plus corrompu au monde dans le classement établi par l’ONG Transparency International.
Le Monde avec AFP


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