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MILAN – Le Canada et les États-Unis ont pris des chemins différents pour se rendre jusqu’au match de la médaille d’or, mais en arrivent quand même à un face-à-face. Les deux superpuissances régleront la question dimanche dans la confrontation que tout le monde attendait.
Les Américains ont continué leur parcours avec les deux mains dans les poches, rossant Juraj Slafkovsky et les Slovaques 6-2, avec bravade et rigolade. Si ce n’est d’une brève frousse en fin de match face à la Suède en quarts – une équipe qui n’arrivait pas à générer quoi que ce soit sur le plan offensif – ils ont atteint la finale au terme d’un tournoi assez facile pour eux.
C’est à se demander si les États-Unis se seront habitués au fil des matchs à trimer dur au moment d’affronter le Canada.
J’ai vu leurs matchs, ils sont testés et éprouvés, et ils seront prêts. Si tu veux gagner, tu dois battre les meilleurs. Ils sont probablement considérés comme la meilleure nation de hockey après avoir remporté la Confrontation des 4 nations. Pour nous, c’est une occasion d’essayer de les battre.
Testés et éprouvés, c’est le cas de le dire.
Le Canada a encore dû puiser dans ses réserves pour vaincre un adversaire coriace. Pour un deuxième match de suite, le Canada a été forcé d’orchestrer une remontée tardive avant de prendre la mesure de la Finlande 3-2 avec seulement 36 secondes à écouler en troisième période.
D’abord contre la Tchéquie, et maintenant contre la Finlande, le Canada s’est buté à des adversaires dont l’étanchéité et l’acharnement ont compliqué les choses.
Les Finlandais étaient coriaces et excellaient à limiter l’espace en zone neutre. Ils ont aussi remporté plusieurs batailles le long des bandes. Leur entraîneur l’a admis à demi-mot après le match, c’est peut-être le fait d’avoir cherché à protéger leur avance de 2-0 de façon un peu trop conservatrice qui a fini par les couler.
Mais pour en arriver là, Jon Cooper a dû réunir plus tôt que prévu, et plus souvent que prévu, ce que certains surnomment désormais la combinaison Mach 3.
Le trio est appelé ainsi à cause de la consonance de leurs noms, bien sûr, mais aussi parce que cela évoque la vitesse.
Ça pourrait être la vitesse avec laquelle Connor McDavid patine. Ou la vitesse avec laquelle Macklin Celebrini s’est imposé au milieu de la fine élite. Ou encore la vitesse avec laquelle Nathan MacKinnon dégaine des lancers, comme celui qui a donné la victoire au Canada avec 36 secondes à faire à la troisième période et à la toute fin d’une supériorité numérique.
McDavid est allé récolter sa deuxième mention d’aide du match, lui qui, plus tôt dans la rencontre, avait déjà effacé le record que partageaient Teemu Selanne et Saku Koivu, depuis 2006, pour le plus grand nombre de points dans un même tournoi masculin de hockey olympique (11).
Le capitaine intérimaire du Canada, en l’absence de Sidney Crosby, totalise 13 points sur la glace italienne.

L'attaquant canadien Macklin Celebrini est installé devant le gardien finlandais Juuse Saros en première période.
Photo : Getty Images / Elsa
Impressionnant Celebrini
À sa façon, Celebrini réussit des performances aussi impressionnantes que celles de McDavid.
Il n’a que 19 ans, il est de loin le plus jeune joueur de l’équipe canadienne, et dans une rencontre sous haute tension donnant accès au match de la médaille d’or, c’est Celebrini qui a été le joueur le plus utilisé par l’équipe canadienne (25 min 53 s).
Pas juste parmi les attaquants; au sein de toute l’équipe.
C’est aussi lui qui a récolté le plus de tirs au but, cadran 8 des 39 lancers de son équipe. Il en a récolté deux fois plus que n’importe quel autre joueur.
Les regarder jouer et jouer avec eux sont deux choses différentes à cause de la vitesse avec laquelle ils jouent et de la façon dont ils pensent le jeu, a expliqué Celebrini à propos de McDavid et MacKinnon. J’essaie juste d’être un facilitateur pour eux et travailler à partir de ce qu’ils font.
MacKinnon, lui, connaît des hauts et des bas dans ce tournoi. Il est assurément dangereux en formation Mach 3, mais il n’a pas été en mesure de développer de chimie avec aucun ailier lorsqu’il a piloté son propre trio.
Le fait qu’il semble être ennuyé par une blessure n’aide rien.
MacKinnon s’est tout de même réjoui que le Canada, deux jours après avoir été poussé dans ses derniers retranchements par la Tchéquie, ait mieux géré la pression de devoir combler un déficit.
Oui, ça a mieux été ce soir, a-t-il indiqué. Ce sont des montagnes russes. Bien sûr, on ne veut pas perdre, mais j’ai trouvé toute l’équipe bien plus calme ce soir. Le match précédent était notre premier test devant l’adversité après qu’on ait traversé nos trois premiers matchs facilement.
On était en retard par deux buts, mais tout le monde est resté calme et personne n’a paniqué, a enchaîné MacKinnon.
Le trio des mauvais garçons
Au début du tournoi, le fait d’avoir McDavid, MacKinnon et Crosby au centre de trois trios différents devait offrir au Canada une profondeur inégalée en attaque. L’adversaire était assuré d’en avoir plein les bras.
Or, la blessure de Crosby et les ennuis relatifs de MacKinnon n’ont pas concrétisé les plans originaux.
Le Canada a survécu face à la Finlande à cette profondeur plus fragile, mais ça risque d’être un autre genre de défi face contre les États-Unis.
L’équipe canadienne laisse miroiter la possibilité que Crosby soit de retour pour disputer le match de la médaille d’or. Mais en son absence, l’inconvénient à faire Mach 3 est que le Canada n’est pas assuré d’obtenir de la production des autres trios.
Cela dit, Nick Suzuki et Mitch Marner ont répondu à l’appel, mercredi, face à la Tchéquie. Et contre la Finlande, c’est le trio de Sam Bennett qui s’est illustré.
Le match a bien mal commencé pour Bennett, dont la mauvaise gestion de rondelle a été à l’origine d’une punition du Canada pour avoir eu trop d’hommes sur la patinoire.
Puis, Bennett lui-même a été puni pour être entré en contact avec le gardien Juuse Saros. Les Finlandais ont pris les commandes dès le début de la supériorité numérique.
Bennett s’est efforcé de mettre ces fâcheux événements de côté et d’aider du mieux qu’il le pouvait. Il s’est retrouvé à disputer la quasi-totalité du match aux côtés de Brad Marchand et de Tom Wilson, une unité bouillante qui a aidé le Canada à graduellement ramener le momentum en sa faveur.
Leur trio a bien exécuté un jeu dessiné d’avance pour préparer le défenseur Shea Theodore à décocher un boulet de canon qui a égalisé la marque 2-2.
Si ces trois-là devaient demeurer ensemble lors du match de la médaille d’or, ils pourraient se transformer en poudrière sur glace s’ils sont confrontés aux frères Tkachuk. Ça promet.
En ce sens, encore plus que le cheminement des deux pays vers la finale, c'est la façon dont les joueurs parviendront à gérer leurs émotions qui risque de jouer un rôle important dans l’issue du match.
Et c’est là où le fait d’avoir été acculé au pied du mur lors de ses deux derniers matchs que les hockeyeurs canadiens pourraient être favorisés.
Ils ont le cœur, ils ont les mains, ils ont la tête. Mais ils ont également des nerfs d’acier.


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