NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
En janvier, lors d’un long entretien avec Donald Trump accordé à une équipe du New York Times, un journaliste lui demande s’il voit des freins à son influence sur la scène internationale.
Réponse : « Il n’y a qu’une chose : ma propre morale, ma propre conscience. C’est la seule chose qui puisse m’arrêter. » Un autre journaliste le relance sur le droit international : « Je n’ai pas besoin du droit international. Je ne cherche pas à blesser qui que ce soit. Je ne cherche pas à tuer qui que ce soit. »
Sept semaines plus tard, Trump ayant été aiguillonné par un Nétanyahou pressé d’en découdre après 30 ans à ronger son frein, les États-Unis et Israël attaquent unilatéralement l’Iran. Trump avance une série de prétextes fantaisistes : l’Iran a l’arme nucléaire, l’Iran s’apprête à avoir des missiles intercontinentaux, l’Iran est sur le point d’attaquer, etc.
Avec des objectifs confus : « éradiquer » les installations nucléaires (mais ne l’avait-on pas déjà fait en juin 2025 ?), changer de régime, non, ne pas changer de régime (il pourrait y avoir à la place un système religieux, autoritaire… mais juste gentil, cette fois).
Avec, dixit Trump, une « grande surprise » (« the biggest one ») : la réplique iranienne qui a ciblé les pays environnants du Golfe. Comment, ils ont répliqué ? Nouvelle démonstration d’ignorance crasse et de « découplage » cognitif face à la réalité. Un enfant devant un jeu vidéo de guerre.
Huit jours de bombardements ont déjà tué au moins 1300 personnes, dont le chef Khamenei et plusieurs hauts dirigeants, mais aussi près de 200 femmes et enfants dans une école pour fillettes. Et on ne parle pas du Liban martyr et de ses 300 morts en une semaine, une nouvelle fois trahi par un Hezbollah aux ordres de Téhéran.
Et que dire de l’autre, le secrétaire à la Défense ? Lors d’une conférence de presse le 4 mars, Pete Hegseth promet « mort et destruction venues du ciel. […] Ce n’est pas censé être un combat équitable, et ce n’est pas un combat équitable. Nous les frappons alors qu’ils sont à terre : c’est exactement comme ça que ça doit être. » Belliqueux, amoral, une brute de dessin animé jouissant de sa propre force.
Voilà pour la « conscience », la « morale », ou l’attitude derrière cette attaque israélo-américaine.
***
Samedi après-midi, boulevard René-Lévesque, à Montréal, plusieurs milliers de personnes défilent pour appuyer cette nouvelle campagne de feu. Une nuée de drapeaux de l’Iran d’avant 1979 (lion et soleil au centre), un grand nombre de drapeaux israéliens et américains, beaucoup de drapeaux canadiens, peut-être deux ou trois drapeaux québécois, noyés.
Presque tout se passe en anglais, avec un peu de persan, trois affiches en français. Des slogans, écrits et scandés (nous traduisons) : « À bas le régime des ayatollahs ! », « C’est la bataille finale ! », « Le roi Reza Pahlavi », « La révolution du lion et du soleil », « Merci Nétanyahou, merci Trump, merci Rubio ! », « Make Iran Great Again ! ».
Cet enthousiasme pour les bombes « libératrices », dans la diaspora comme en Iran même… valide-t-il en soi l’opération ? Sur le plan moral — ce qui est déjà une bonne question —, mais aussi, et surtout, sur les plans de l’efficacité et de l’issue objective du processus… c’en est une autre.
Des années à voir des manifestations réprimées, de plus en plus férocement, et des semi-réformes toujours avortées, ont rendu les Iraniens sceptiques sur les capacités d’évolution d’un régime dont le caractère meurtrier et dictatorial n’a fait que s’accentuer avec le temps. Il n’est donc pas surprenant de voir aujourd’hui beaucoup d’entre eux se jeter, par désespoir, dans les bras d’une supposée libération venue de l’étranger.
Alors même que des bombes s’abattent sur des installations liées au régime, certains exilés veulent y croire. Drapeaux, discours, manifestations… Les victimes civiles ? Tragique, mais inévitable. Le prix à payer, mais après ça, oui, oui, promis, on sera libres…
***
Pour autant, les Iraniens ont dans leur histoire (et peuvent en trouver dans celle de leurs voisins — l’Irak de 2003) des raisons de se méfier des interventions étrangères, de leur caractère moralement douteux… et aussi bourré d’effets pervers imprévus. Ils savent, ou devraient savoir que ce genre d’équipée hasardeuse se traduit rarement par termes de libération.
En 1953, les mêmes États-Unis, pourtant dirigés à l’époque par un président sain d’esprit, sont intervenus pour faire tomber un gouvernement élu à Téhéran, celui de Mohammad Mossadegh.
En 1979, le chah d’Iran, sa brutale monarchie et sa sinistre Savak (créature de la CIA et du Mossad), ont été chassés du pouvoir lors d’une révolution menée par un exilé célèbre. Des foules ahurissantes (peut-être les plus grandes de l’histoire moderne) se jettent dans les bras d’un deus ex machina arrivé de Paris, l’intégriste islamique Ruhollah Khomeiny. Aveuglement populaire…
Le mot de la fin à l’écrivain en exil Reza Aslan qui, minoritaire dans la diaspora de Los Angeles, croit aux ressources internes de la société iranienne et se méfie des « libérations » imposées manu militari de l’étranger. Il écrit le 6 mars dans le New York Times :
« La meilleure façon de soutenir les Iraniens qui luttent contre le régime autoritaire n’est ni l’isolement ni la confrontation militaire, mais le dialogue, la diplomatie, les échanges culturels et les liens économiques qui ouvrent le pays au monde. […] C’est une erreur récurrente dans la vie politique iranienne contemporaine, une erreur apprise à la dure après 1979. Nous confondons la force capable de renverser un dirigeant avec celle qui peut bâtir une société libre. »
Pour joindre l’auteur : [email protected]


4 month_ago
48



























.jpg)






French (CA)