Le déploiement d’une troisième armada américaine vers le détroit d’Ormuz relance la crainte d’une intervention militaire directe contre l’Iran. Face aux menaces sur les pétroliers, Washington pourrait être contraint d’engager des troupes au sol pour rouvrir cet axe stratégique.
Le Pentagone a déployé une troisième armada vers le Moyen-Orient. Elle devrait arriver dans une dizaine de jours dans le Golfe, avec des forces navales et environ 2.500 soldats désormais en route vers le détroit d’Ormuz.
L’objectif est clair : libérer ce que certains qualifient de "pompe à essence de la planète" et permettre aux pétroliers de traverser à nouveau cet axe stratégique actuellement fermé par les Iraniens.
Mais atteindre cet objectif uniquement par la présence navale apparaît de plus en plus difficile. Un scénario impliquant des troupes au sol semble, de jour en jour, de plus en plus probable.
Deux issues se dessinent. Soit le détroit rouvre par la négociation, une hypothèse jugée peu probable à ce stade. Soit la force militaire s’impose. Dans ce cas, l’envoi de soldats américains sur le terrain deviendrait nécessaire.
La façade maritime du pays s’étend sur près de 2.000 kilomètres
Il est en effet impossible de placer une frégate derrière chaque pétrolier pour assurer sa protection. Les États-Unis devraient neutraliser les sites depuis lesquels sont tirés missiles et drones. Les forces américaines seraient également exposées aux attaques de petites embarcations rapides, chargées d’explosifs, lancées depuis les côtes iraniennes.
Une telle stratégie supposerait de poser un pied sur le territoire iranien, probablement avec des unités spéciales. Or la façade maritime du pays s’étend sur près de 2.000 kilomètres, soit un front difficile à conquérir, à tenir puis à surveiller, avec un risque de coût humain élevé.
Pour éviter un affrontement direct sur cette zone particulièrement sensible, Washington pourrait privilégier une première étape : la prise d’une île stratégique. L’île de Kharg, située à quelques dizaines de kilomètres des côtes iraniennes, constitue le principal terminal pétrolier du pays.
Si les Marines s’en emparaient, Téhéran serait privé d’une part essentielle de ses revenus pétroliers. Une pression économique accrue sur le régime des mollahs qui pourrait, espère Washington, le contraindre à revenir à la table des négociations.


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