C'est un phénomène qui prend de plus en plus d'ampleur sur les réseaux sociaux : les campagnes de désinformation générées et amplifiées par l'intelligence artificielle. Sur X, Elon Musk prône une liberté d'expression totale depuis son rachat de la plateforme en 2022. Mais en Europe, un nouveau réseau social veut lutter contre ce phénomène : W Social.
Les réseaux sociaux se sont, au fur et à mesure, installés dans nos vies. Désormais, ces plateformes sont devenues la première source d'information dans le monde, devant les médias traditionnels. Une donnée qui a son importance quand on sait que certaines de ces plateformes ne font pas grand-chose pour lutter contre les campagnes de désinformation qui pullulent, comme sur X.
En Europe, un nouveau réseau social a décidé de prendre le contrepied de cela, c'est W Social. Cette nouvelle plateforme, annoncée au Forum de Davos en janvier dernier, a lancé sa première bêta ouverte au public le 17 juin dernier.
"Le premier outil, c'est évidemment la vérification de l'identité des utilisateurs"
Une plateforme basée en Europe, dont les données sont stockées sur le sol européen et qui souhaite créer un espace d'échange libéré des faux comptes alimentés par l'intelligence artificielle qui propagent des campagnes de désinformation. Tout cela est possible grâce à quelques outils et pratiques mis en place.
"Le premier outil, c'est évidemment la vérification de l'identité des utilisateurs", explique Anna Zeiter, CEO de W Social. "Nous pensons qu'en filtrant, dès le départ, les faux comptes, les fermes de bots et les comptes automatisés par l'IA, nous éliminons déjà une partie importante du problème. C'est une première étape essentielle".
La plateforme contrôle également les éléments publiés et "identifie les publications qui enfreignent la loi, qu'il s'agisse de discours de haine, de contenus trompeurs, illégaux ou de pornographie", déclare Anna Zeiter. Les utilisateurs eux-mêmes peuvent signaler des contenus qu'ils jugent problématiques.
"Nous avons été très surpris par la quantité de fausses informations qui a circulé après notre lancement à Davos"
Des campagnes de désinformation qui ont déjà touché W avant même le lancement de la bêta publique, le 17 juin. Sur les réseaux sociaux, certains affirmaient que les équipes avaient bénéficié d'un financement public de l'Union européenne d'une valeur de 500 millions d'euros, ou que W était un projet en réalité mené par des dirigeants européens.
Des affirmations totalement démenties par Anna Zeiter : "C'est totalement faux. Nous avons été très surpris par la quantité de fausses informations qui a circulé après notre lancement à Davos. Au fond, nous y avons vu une sorte de démonstration de la nécessité d'une plateforme comme la nôtre, capable de limiter les faux comptes, les bots et la désinformation".
Et paradoxalement, cette campagne de désinformation a mis en lumière la plateforme W : "Paradoxalement, cette vague de fausses informations nous a aussi apporté une forte visibilité. Elle nous a donné l'occasion d'expliquer, publiquement, notre démarche et de parler précisément de ces problèmes. Nous avons essayé de transformer cette situation négative en quelque chose de positif", conclut Anna Zeiter.
Après le lancement de la bêta publique, W continue de se construire au fur et à mesure. La version finale de ce nouveau réseau social 100% européen devrait être présentée au début de l'année 2027, au Forum de Davos.


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